dimanche 2 septembre 2012

Chroniques estivales


Chroniques Islandiques, Berlinoises et Québécoises!

Lune bleue


Dimanche pluvieux de septembre. Journée parfaite pour terminer et publier mes chroniques de l’été… Une nouvelle machine à café, un internet upgradé (je peux enfin écouter mon espace musique) et un brin de nostalgie.

Islande
Islande, 24 juin, 23h50. Atterrissage en douceur sur le tarmac de l'aéroport de Keflavik. Heeeuuuu? Nous n'atterrissons pas à Reykjavik??? Oups, nous sommes à 50km de la capitale... et de notre auberge de jeunesse. Et la voiture? Bien sûr nous l'avons réservée à côté de l'aéroport... de Reykjavik... Bahh qu'on se dit, il doit bien y avoir une navette qui relie les deux villes... Allons plutôt chercher les bagages. En général, quand on dit : "je vais chercher ceci ou cela", on ne le cherche pas vraiment... On récupère plutôt quelqu'un ou quelque chose... On ne le cherche pas comme dans perdu ou pas là n'est-ce pas? Eh bien à notre arrivée, Sophie a bien récupéré son bagage et moi... j'ai cherché le mien... comme dans perdu et pas là. 
Pour faire une histoire courte, nous avons quitté l'aéroport sans mon sac, mais avec une voiture de location parce qu'après avoir cherché le sac pendant environ une heure, on n'avait plus envie de chercher (comme dans je sais pas quoi) l'autobus pour Reykjavik. De ce côté, le transfert de location s'est très bien passé et nous avons pu prendre la route assez rapidement pour notre auberge. 
2h - 2h15... Arrivée à l'entrée de la plus grosse ville d'Islande. Jusque-là, notre chemin a été plutôt facile à trouver : suivre Reykjavik sur les panneaux. Une fois dans la ville par contre... ce ne fut pas aussi simple, mais Ô combien bidonnant (comme dans rire aux éclats). Heureusement, le charmant jeune homme de chez Hertz nous a donné une carte de la ville afin de nous "aider" à trouver (comme dans chercher quelque chose) notre chemin. 
3h : arrivée enfin à l'auberge... 

Lundi 25 juin. Heureusement qu'une dame de l'auberge nous a réveillées par erreur, car je crois que nous aurions dormi jusqu'à très tard... Soleil sur Reykjavik, je descends au comptoir pour appeler l'aéroport. En même temps que j'arrive en bas, un jeune homme (moins charmant que celui de Hertz) entre dans l'auberge avec un sac à dos... qui n'est pas le mien :( La déception ne dure cependant que quelques minutes et mon fameux sac orange-rouge je ne me rappelle plus trop quelle marque fait son apparition. 

 Mes chroniques de l'Islande seront finalement plutôt photographiques. Comme deux vieilles matantes pelates, ma soeur et moi n'avons enregistré aucune mésaventure à notre périple. Mis à part quelques fous rires fortuits issus de nos nombreuses tentatives de lecture des noms de rues, villages ou régions, il n'y a rien à signaler. Des vacances de matantes pépères. Paysage, route, montagnes, glaciers, moutons, bain thermal... Tout ça pourra sembler banal, mais c'est pourtant magnifique et relaxant (comme si j'avais un trop-plein de stress et de fatigue de ma grosse vie active du Nord). 
Donc, que dire après une semaine en Islande? Les moutons sont rois, les glaciers sont gigantesques, les sources d'eau chaude sont chaudes et il y a parfois des vieux messieurs tout nus dans les hot pot secrets cachés aux fins fonds des champs entre les collines anonymes... 

Berlin
Hummmm... Jeudi début de soirée. J'en suis maintenant à ma presque deuxième journée à Berlin. J'ai retrouvé Nora et Matthias seulement hier et la complicité Indienne s'est mise en place très rapidement. Pour ceux qui n'auraient pas lu toutes les chroniques... franchement (!!!) ... Nora et Matthias sont les deux personnes qu'Alex et moi avons rencontrées à McLaod Ganj l'été dernier. Nous avions alors passé presque trois semaines avec nos amis voyageurs. 
Bien que la ville de Berlin soit remplie de raison pour venir la visiter, mes amis Berlinois sont au fond la raison première de ma venue ici. Et en plus, ça fait un peu chic il me semble de dire que je visite mes amis à Berlin :-). 
Maintenant ici depuis 2 jours, je peux cependant déjà affirmer que la ville est plus que charmante. Matthias a un appartement pas très loin du centre, dans un quartier très sympathique. Pour l'instant mes deux amis se font guides, mais dans quelques jours ils me quitteront pour une semaine, me laissant appart et vélo pour explorer la ville par moi même. Est-ce que je l'ai déjà dit que je suis plus que chanceuse??? 

Coin animé de Prenzlauer Plaza, quartier de Matthias et de Nora. Un espresso et un sandwich bien mérités après trois heures et demie de marche. Seule dans Berlin pour les jours à venir, j'apprivoise et découvre tranquillement les environs. 
Petite journée relaxe, juste comme je les aime, qui a débuté par un café sur le balcon de la chambre de Nora. Je pense, ou plutôt je décide, que tous les jours d'ici mon départ ressembleront à un dimanche! Lever à pas d'heure, manger quand on a faim, boire des cafés (et non pas de la bière) dans des petits cafés tant que l'on veut et peut-être oui boire parfois de la bière sous le soleil chaud de l'après-midi. 
Pour les réflexions de la journée, celles-ci se sont plutôt dirigées vers le concept de tourisme... encore une fois... mais cette fois l'idée ne vient pas de moi... Un ami du Nord voyage en ce moment en Asie. Il tient un blogue depuis son départ dans lequel il partage ses expériences et ses réflexions. Dans une de ses publications, il a soulevé celle-ci : est-ce que le tourisme est bon?

Il pleut sur Berlin cet après-midi. Cachée sous le toit d'un musée, je regarde la vie touristique défiler devant et derrière moi. Je suis sur l'île des musées. Il y a donc beaucoup de musées... et de touristes dans les environs. 
Je suis à Berlin depuis 7 jours maintenant. Assise à regarder la vie se dérouler devant moi en attendant que la pluie cesse, je me demande quelle sorte de touriste je suis?! En regardant tous les groupes qui s'arrêtent un peu partout accompagnés de guides, je me dis que je suis une drôle de touriste peut-être un peu inculte... Bien sûr, je m'intéresse à l'histoire qui entoure cette partie du monde, mais pas plus que les différents profs que j'ai eus au secondaire, les guides et groupes touristiques n'arrivent à susciter mon intérêt. 
À force de réfléchir, je réalise que je suis peut-être une touriste opportuniste (oh quel méchant mot). Opportuniste parce qu'au fond, la raison véritable de ma venue à Berlin n'est peut-être pas Berlin finalement... Finalement, je suis une touriste amicale, voilà! Amicale que je vous entends répéter avec de la curiosité dans la voix? Mais qu'est-ce qu'elle raconte donc là? 
Bien simple que tout cela. Je suis venue à Berlin pour visiter des amis (d'où le tourisme amical)! Donc oui je me promène dans Berlin d'un point touristique à l'autre, mais les mémoires que je rapporterai de la ville ne résideront pas dans ces multiples monuments figés, bien que souvent impressionnants, que je croise. 

Mémoires de Berlin que je rapporterai avec moi. 

J'arrive à l'aéroport de Tegel et j'attends fébrilement Matthias et Nora qui doivent venir me chercher. Matthias passe à côté de moi sans me voir cachée que je suis derrière mon gros sac à dos. Il est aussi grand que dans mon souvenir et quand je lui pose la main sur l'épaule je retrouve le sourire et le rire qu'il transportait avec lui en Inde. 

Alors, des mémoires que je rapporterai il y aura aussi cette balade avec Nora le long des limites du mur de Berlin. Entre l'Est et l'Ouest Nora m'a présenté sa ville, qu'elle a toujours connue sans séparation.  Dans mes mémoires, j'emporterai les questionnements de cette adolescente-adulte qui regarde le mur et qui se demande comment tout ça a pu exister. Adulte-adolescente très peu politisée que je suis, je réalise que tout ça est très difficile à comprendre pour moi aussi. 1961 : un mur commence à être construit dans la ville de Berlin. D'un côté les communistes et de l'autre... les autres... Des familles, des amis, des amours séparés. Un régime de peur installé. Du côté Est, une sorte de tranchée minée a été érigée le long du mur. Les fenêtres des maisons longeant les limites ont été barricadées question d'éviter les tentatives de fuites. Sous mes pieds, des tunnels ont été creusés. 
Du haut de mes 38 ans, je ne comprends pas plus que Nora. 
Je ne peux m'empêcher de faire l'analogie. Bâtir un mur autour de soi... Par crainte? Par faiblesse? Par protection? Pour contrôler? Pour se sentir en sécurité? Même s'il m'arrive encore parfois de le faire (bâtir un mur autour de moi), je pense qu'aucune de ces raisons n'est valable et encore moins lorsqu'elle est imposée à d'autres personnes.  
1990... 1990 tout de même!!! Le mur est détruit. 
Autre moment mémorable. Anke (la copine de Matthias), passe un peu de temps avec moi. Anke est née à Berlin Est, a grandi à Berlin Est et du 11e étage de l'hôpital où elle travaille, elle me fait faire le tour de SA ville. Elle a connu le mur, elle a connu la chute, elle connait la vie d'aujourd'hui. Je dirais qu'elle n'a pas plus de 42 ans. Elle me dit que la transition s'est faite tranquillement. Je sens son attachement à la ville. Je sens aussi une certaine gêne lorsqu'elle me présente les différents quartiers. Matthias dirait que là c'est le mauvais côté ... 

Exploration sous la pluie !
Je pensais qu'il pleuvait sur Berlin depuis mon arrivée... Je m'étais un peu trompée. Aujourd'hui, il PLEUT vraiment sur la ville. Installée dans le lit de Nora, j'entends la pluie tomber sur le balcon. Il fait sombre dans la chambre et je n'ai aucune envie de me lever... alors je ne me lève pas!!! Quand arrive 10h30 cependant je me dis qu'il serait temps de m'activer un peu. 
Je me lève, me prépare un café et un bol de yaourt et je m'installe devant le blogue de mon ami Bobby. Et je lis, et je lis, et je lis jusqu'à passé midi!!!! 
Quand je vois le 13h apparaître à l'ordi, je me jette sous la douche question de me mettre en route! 
Toute propre et ayant la ferme intention de visiter le musée fabuleux d'histoire naturelle de Berlin (avec le squelette de dinosaure le plus grand au monde), je sors de la maison et il est passé 14h. À 14h30 je suis finalement installée dans le métro (u-banh). Itinéraire en tête, je sais exactement à quelle station arrêter pour faire mon transfert. ... ... Transfert effectué, mais service interrompu cause travaux majeurs dans la rue, je me vois dans l'obligation de marcher une station. J'étais déjà un peu juste avec seulement mes deux heures avant la fermeture du musée et... quand je me rends compte que je m'étais trompée de direction en marchant entre les stations ... je comprends que l'idée musée est remise au prochain jour de pluie!  
Donc, marche sous la pluie dans Berlin avec la visite de quelques magasins. Je décide de revenir vers MON quartier chic et branché (au dire de mon Lonely Planet, qui n'a pas tout à fait tors). Assise dans ce petit resto d'une rue dont je n'arrive pas même à lire le nom, j'écris ces quelques lignes en me disant que c'et sans doute ma lecture du matin qui m'a amenée à manger vietnamien!  

(Une parenthèse s'impose ici et vous en feriez autant si vous étiez à ma place... Devant mes yeux vient de passer une invention que je me surprends de ne pas avoir moi-même imaginée : une brasserie sur roues. Plus précisément, la chose s'appelle le bierbike. J'espère revoir le bolide pour pouvoir en voler une image, mais en attendant laissez-moi vous décrire le mirage (au fait peut-être que j'ai effectivement imaginé ce truc bizarre et ce pourrait être ici le début d'un nouveau projet fou). Deux rangées de 4 bancs de vélo et de pédales se font face. Devant eux se dresse un comptoir de bar. Entre les deux, quelqu'un se déplace servant la bière à qui le demande (bon, ça je ne l'ai pas vu mais je l'imagine en me disant qu'il n'y a pas d'autre raison pour appeler ça un bierbike si on ne sert pas de bière à même l'engin). Finalement, le plus important de l'invention, un chauffeur sobre contrôle la situation en prenant le volant à l'extrémité de cette belle chose!!! Je pense réellement qu'il faudrait exporter l'invention pour mon prochain rallye. Fin de la parenthèse. )


Retour à un moment mémorable de ma visite à Berlin. 
 Première visite d'un biergarten avec Matthias... et première expérience de vélo dans Berlin. Cette visite  a eu lieu au bout de ma première journée à Berlin. Après une nuit sans sommeil dans l'avion et une longue journée de tour guidé avec mes deux amis, je mentionne la drôle d'idée d'aller prendre une bière. Nora trop fatiguée se désiste, mais Matthias bien motivé appuie ma drôle d'idée! 
Prater Biergarten, tel sera ma première destination jardin. Je ris tout au long de la balade en vélo, tentant de comprendre les règles de base. À Berlin, les vélos sont rois je crois. Du moins, ils ont priorité sur les piétons et peuvent rouler sur les trottoirs sans se faire réprimander (les conducteurs pas les vélos bien sûr!!). À chaque feu de circulation, il y a une version miniature pour les cyclistes. Bref, je suis bien impressionnée de me promener en vélo parmi tous ces gens et toutes ces voitures! En peu de temps, nous nous retrouvons assis à une table, bière à la main évidemment. D'emblée, j'avertis Matthias que je ne peux prendre le vélo pour le retour si je bois plus de trois bières (petite règle que je m'impose à moi-même depuis l'incident du pont!!!). Il me regarde, un point d'interrogation au visage et je lui pointe ma cicatrice au menton. Ses yeux s'illuminent et je comprends que je lui ai raconté mes péripéties alcooliques d'il y a quelques années. 
Alors, tout naturellement, nous reprenons où nous avions laissé l'été dernier, c'est-à-dire, dans nos petits quotidiens comme-ci nous étions de vieux amis!   Comme Matthias le souligne, il n'est pas doué pour le "small talk", alors nous parlons surtout de tout et très peu de rien. 
Après deux bières je suis déjà bien étourdie (serait-ce que la Hefe est une bière forte (j'en doute un peu) ou bien est-ce le manque de sommeil et d'habitude qui se font sentir? En tout cas, c'est à ce moment que je réalise cependant que moi je m'assagis en "vieillissant" (mot générique pour dire que l'on avance dans les années, mais ne vous y trompez pas... je fais toujours partie de ceux qui ne seront jamais vieux!!!). Lorsque Matthias propose une troisième bière, je réfléchis un peu (oui, oui) et je mets toutes les variables ensembles : 2 bières + fatigue + vélo + ville que je ne connais pas = danger. Je me dis donc que : 3 bières + fatigue + vélo + ville que je ne connais pas = mauvaise idée. 
Quand même un peu fière d'être capable de flairer le danger (phénomène plutôt inusité chez moi), je refuse la dernière consommation en exposant mes conclusions à Matthias. Un petit sourire aux lèvres, il revient avec une pinte de plus, en me disant de gouter le mélange moitié moitié de bière et 7 up! Problème réglé, nous serons bons pour deux bières et demie avant de reprendre la route. 
Soirée mémorable, remplie de toute sorte de discussions et enfin (oui oui), enfin un soleil qui se couche! Quel bonheur de voir enfin la noirceur et de se coucher après le soleil!!! 
Le retour en vélo s'est très bien passé et j'ai enfin dormi presque 12 heures d'affilée. 

Exploration sous le soleil trop chaleureux !
Voilà la canicule arrivée sur Berlin... Soleil plombant, pas de gros nuages gris et au moins 24 degrés au thermomètre. La journée parfaite pour retrouver le havre de paix découvert par hasard hier dans Kreusberg. Me voilà donc installée à la table d'un café, à l'abri de la rue mouvementée, devant ce qui ressemble à un lac artificiel. En venant ici, j'ai croisé mes premiers Québécois dans Berlin! Ça m'a presque fait du bien d'entendre notre accent. Hahaha... N'importe quoi! 
Donc, le café, la terrasse remplie, les voix de toutes sortes de pays. Hihihi... N'importe quoi quoi! 
Réflexion sur la langue... Pourquoi pas. À Berlin, je suis une touriste anonyme. Seulement à mon physique, on ne peut dire que je ne viens pas du coin. Je deviens donc souvent embarrassée lorsque je dois faire répéter les gens qui m'abordent. Mais l'allemand ciel! Ça ne ressemble en rien à ce que je connais!!! On dit parfois que ça ressemble à l'anglais... mais à l'oral, le rapprochement est difficile à faire. 
Seule dans Berlin depuis quelques jours, je réalise à quel point je suis contente de pouvoir m'exprimer en anglais. Il y a à peine 2 ans, j'aurais été bien embêtée de devoir compter sur cette langue pour me faire comprendre. Après presque 2 ans de complète immersion, je peux enfin m'exprimer dans une deuxième langue sans trop de gêne. Je sens que cette nouvelle faculté me donne plus de liberté, de confiance et de facilité dans la vie... Ça me rappelle un peu le moment où j'ai finalement eu mon permis de conduire... Hahaha... N'importe quoi encore une fois... Mais tout de même. Je me retrouve maintenant avec l'envie d'apprendre une troisième langue (Il y a bien l'Inuktitut, mais Ann-Nath, je pense aussi sérieusement à l'espagnol!!!). 


Et d'un moment mémorable de plus à Berlin... 
En ce dimanche, après avoir retrouvé mon charmant petit café (où je n'ai bu qu'un café finalement parce que la serveuse était trop occupée pour m'amener un menu même après deux demandes claires et un peu plus d'une heure d'attente), j'ai finalement demandé l'addition et je suis partie à la recherche d'un autre petit coin sympa. Passer de café en café... tiens ça me rappelle mes vacances à La Havane!!! Je marche en me disant qu'un moment donné je tomberai bien sur La Spree ou la tour de télévision! 
Heureusement (car la tour de télévision est vraiment franchement moche excusez-moi pour ma franchise mes amis Berlinois) je tombe sur La Spree (rivière aménagée qui trouve son chemin d'un bord à l'autre de Berlin) en premier. 
Je vous écris donc du toit d'un bateau accosté, transformé en pub-café-restaurant. Une Hefe commandée, je m'installe à la table explorant le menu... en allemand seulement! Hehehe... On finit par s'habituer à être une sorte d'illettrée! 
Le moment mémorable arrive enfin ne vous impatientez pas. Donc, pour commander la bière ça va, car je me suis pratiquée avec Matthias, Anke et Nora. Puis je ne sais pas pourquoi, mais j'ai comme une sorte de facilité à mémoriser tout ce qui a trait à la bière. Pour la nourriture, je dirige donc mon attention sur la seule section que je peux décoder partiellement : fish and chip. Je me dis que pour un repas sur un bateau c'est plutôt de circonstance. Le blème cependant c'est qu'il y a au moins 8 choix sous la section! Lorsque la serveuse arrive, je n'ai d'autre choix que d'affirmer "I need help" d'un sourire gêné. D'un regard grave, la jeune fille s'assoit devant moi et... sourit. Je lui pointe la section, elle m'explique du mieux qu'elle peut et à l'aide des voisins de table, je choisis le plat qui vient d'arriver devant moi. 
Bon appétit!

Après deux semaines, les choses que j'ai remarquées, que je remarque encore ou qui me font sourire...
v Tous les édifices à appartement sont tellement hauts (minimum 5 étages!!!). 
v Tout le monde (petits, grands, âgés, moins âgés) se promène en vélo. 
v Les cyclistes roulent sur les trottoirs lorsqu'il n'y  a pas de piste cyclable. 
v Le rez-de-chaussée de presque chaque édifice (j'exagère à peine), est occupé par une boulangerie, un bistro, un café ou un commerce quelconque. 
v Les lumières piétonnes rendraient Sophie complètement dingue! 
v Il y a beaucoup d'arbres et de parcs dans la ville. 
v Les chiens peuvent prendre les transports en commun. 
v Lorsque l'on boit une bière dans un parc, la règle non dite dicte de laisser les bouteilles vides sur place (pour les collecteurs: personnes qui ramassent les bouteilles pour aller les revendre). 
v Tout le monde (j'exagère à peine) parle ou texte sur un IPhone. 
v Les vélos pèsent 4 tonnes et sont la plupart du temps munis d'immenses paniers de transport. 
v Il y a des métros (autobus et tramway) à presque tous les coins de rue. 
v Malgré tous les vélos et métros, il y a beaucoup de voitures en mouvement et stationnées partout!  
v Il est bien difficile de se perdre dans cette ville très organisée. 
v Le courrier est livré à vélo et même le samedi. 
v Il pleut presque tous les jours à Berlin (mais ça je dirais que c'est une coïncidence ou bien que c'est la faute des Canadiens comme dirait Matthias). 
v Dans Prenzlauer Berg (le quartier de Matthias et Nora), il y a aussi des bébés à plus que tous les coins de rue! 
v Les poussettes ici sont gigantesques. 
v Les Berlinois sont chics!
    
Moments mémorables à Berlin... Suite et fin!
À trois jours du départ. Retour de Nora (temporaire) et de Matthias. Fête de Nora et Anke. Nora est passée en coup de vent hier et est déjà repartie en vacances dans le nord de l'Allemagne. Matthias et moi avons passé une partie de la journée à préparer quelques petits trucs pour l'annif de Anke. Fleurs, gâteau et petits cadeaux. Il fait trop chaud sur Berlin maintenant :-) Après presque deux semaines de pluie, le soleil a maintenant pris possession des lieux en chassant les nuages et le vent. Je pense qu'il doit faire plus de 30 degrés! Ça c'est vraiment beaucoup de degrés pour moi qui, il y a à peine 2 semaines, portais encore un manteau et parfois même une tuque! Mais bon, trêve de pleurnicheries, nous partons dans quelques instants pour la "plage". Ce sera mon premier bain Berlinois, plongée que je serai dans l'univers social et familial de Anke!  




Voilà pour les chroniques étrangères de l’été. Je terminerai ces nombreuses lignes en faisant un clin d’œil à mes trois semaines en terre québécoise du sud ! Trois semaines à me balader entre Charlevoix, Québec, Saint-Michel-des-Saints et Montréal. La fête de 18 ans de Gabriel avec ma famille. Le BBQ avec les boys. Les Grands Jardins avec Josée, Annie, Mauricio et les enfants. Les pieds dans la vase du fleuve St-Laurent. Le rhum que je n’ai pas bu. La bière, que dis-je, les bières à la Barberie avec Janie, Jolène, Alexandra et leurs amis. Le déjeuner avec Lissia et Liane. Le resto chic avec Isabelle. La peinture avec Livia et Mamché (les filles vous avez toute mon admiration). Le vélo avec Mirko !
Je suis contente de vous avoir tous vu, même si je n’ai su accorder le temps voulu à chacun, vous avez une place particulière dans mes pensées et vous me manquez déjà. La vie dans le sud passe à un rythme effréné qu’il m’est de plus en plus difficile à suivre!
Essayez de ne pas oublier que le secret du bonheur c’est la lenteur (M.Ibrahim)

Mon retour au nord se passe bien. Mon petit train train reprend son rythme lent ! 

À bientôt, bonne rentrée, allez voter et ralentissez un peu… tout d’un coup que M. Ibrahim aurait raison ;-)

Vikie xxx





Pour les photos de l’Islande et Berlin, voir les publications du mois d’août.

jeudi 21 juin 2012

Ce qu'on ne voit pas à la télé...


8 h 54. Un peu comme un dimanche, je suis installée à mon ordi (mais pas dans mon fauteuil préféré, car mon sans fil a décidé de me lâcher il y a quelques jours), je bois un café, j’écoute Espace Musique et j’écris. Aujourd’hui c’est jeudi pourtant… mais L’ÉCOLE EST FINIE!!!!!! Plusieurs de mes collègues ont pris l’avion hier. Moi j’ai décidé de rester quelques jours de plus afin de relaxer dans mes petites affaires avant de partir à l’aventure pour l’été.

Hier soir, je regardais mes photos des derniers jours et j’ai eu envie de vous montrer une belle réalité. Celle de mon village, celle des certains élèves, celles de certains adultes. J’ai eu envie de vous montrer une réalité qu’on ne montre pas à la télé. Une réalité que j’ai eu la chance d’observer et de partager un peu.

Lundi, nous avons eu une sortie scolaire avec les élèves du secondaire. Ici, quand on fait une sortie, on ne va pas au cinéma, à la Ronde ou à Ottawa. Ici quand on fait une sortie on part littéralement en excursion. Donc, lundi dernier, nous sommes partis à 6 bateaux. Quand je dis bateau, je parle de canots de 24 pieds de long avec des moteurs gigantesques. Nourriture pour la journée, canne à pêche, carabines et réserves d’essence pour aller vers l’infini et même plus loin encore!

Petite parenthèse… parce qu’un message sans parenthèse ne serait pas un « vrai » message…

(Conversation avant départ avec la mère d’une élève:
-       Your are the only teacher who’s going with them? 
-       No, No… Lucassie and Eva are there.
-       I mean… (hésitation) teacher like you…
-       Like me? Oh! You mean non-Inuit teacher?
-       Yes
-       Well… I guess so…
-       Where are the others?
-       Hummm… in school working on the report cards.
-       Blablabla
-       Blablabla

J’ai trouvé cette petite conversation bien sympathique. J’ai surtout bien aimé ne pas me faire appeler Qalunat.)

Donc, lundi l’infini a été pour nous les îles au sud du village. J’appréhendais un peu cette journée complète avec les élèves… à tort. Quelle magnifique journée nous avons passée ensemble! Que de découvertes j’ai faites, que de rires heureux j’ai entendus, que d’initiatives j’ai vues chez ces élèves, qui parfois me semblent inanimés. Je les ai vus dans leur environnement, dans leur élément. Je les ai vus m’intégrer, m’aider, me dire quoi faire. Je les ai vus remplis de fierté.  Je les ai beaucoup observés, mais je sais qu’ils en ont fait tout autant. Des élèves à qui je n’avais jamais parlé m’ont adressé la parole.

Umiujaq c’est aussi ça et je voulais le partager, car c’est important de parler de ce qui est beau aussi.







 




samedi 16 juin 2012

Les uns et les autres...



Coucher de soleil... il doit être 23h00...




Commencer par une parenthèse c’est un peu étrange, mais qui a dit que je ne l’étais pas? Vendredi quelqu’un a justement affirmé que pour venir travailler au Nord, il fallait être un peu « fêlé »… Moi, je préfère le mot « différent ». Puis au fond, venir travailler au Nord n’a rien de si spécial. C’est d’y rester qui fait la différence… Pensez-y…


Donc ouverture de parenthèse…
(Plusieurs fois on m’a demandé si la vie ici est aussi pire que ce que l’on voit dans les médias… à cette question, je ne sais jamais quoi répondre… En réalité, je ne sais pas ce que l’on voit dans les médias… Des fois j’ai envie de dire que c’est pire… ben pas vraiment envie de le dire, mais parfois je pense que c’est pire que ce que l’on montre. Abus, viols, alcoolisme, violence… On parle beaucoup de logement et c’est vrai que c’est terrible de se retrouver à 10 dans une maison avec 3 chambres à coucher. Parents, grands-parents, oncles, enfants… Je pense même qu’elle est là la source de plusieurs problèmes sociaux… mais ça, on ne le dit pas… Alors, peut-être que la vie ici est pire que ce qui est montré dans les médias, mais c’est la vie quand même… Et il y a aussi tout ce qui n'est pas montré dans les médias... Me voilà presque arrivée à la fin de cette deuxième année d’enseignement au Nunavik et  je suis déjà en train de me préparer pour une troisième année. Je me dis que je devrais pouvoir me faire une idée…  Mais je n’y arrive pas encore. Je vous ai déjà dit que je suis une personne qui évolue lentement? Ben en voilà la preuve!
Fermeture de parenthèse…)


Petites histoires du quotidien…

J’ai commencé à boire du café à l’âge de 24 ans… Un employé du Fotoclik Rockland (wow quel retour dans le temps!!!) m’amenait des cafés à tous les jours et trop gênée pour lui dire que je ne buvais pas de café… j’ai commencé à boire ceux-ci… Résultat : aujourd’hui, je suis accro au café… mais chacun d’entre eux me procure un immense plaisir ;-)
Brouillard sur le village
Analogie Nordique qui a un lien, mais peut-être pas tant que ça après tout, mais tout de même…
Mon collègue Paul a une famille que j’adore. 5 ou 6 enfants (je m’y perds parfois je l’avoue). Je travaille avec un des garçons depuis l’année dernière et c’est chaque fois un réel plaisir de passer 45 minutes avec lui. Je joue au hockey avec LA fille de la famille. Il y a aussi A. Maintenant en première année, un regard magnifiquement pétillant, toujours prêt à me sauter dans les bras quand je passe à côté de sa classe, courant vers moi bras ouverts chaque fois que je le croise dans le village. Il est à croquer.
Alors une histoire avec A. Organisant quelques trucs pour la venue des Français, Sandra et moi sommes passées chez Paul pour régler quelques détails. Accueillies chaleureusement, A. , comme à son habitude,  accourt à ma rencontre. Bol de chips en main et morve au nez, il m’offre une croustille que (trop gênée pour refuser… vous comprendrez ici le lien) je n’ai su refuser… Et moi qui n’aime même pas les chips! En mangeant la croustille, mes yeux ont focussé sur le nez dégoulinant de mon petit ami…
Bon, rien ne prouve que ce qui s’est produit par la suite soit directement relié à cette chip, mais je vous dirais tout de même de ne jamais accepter une chip offerte par un petit morveux (compris les neveux???) RTF. Pourquoi? Résultat : deux semaines de rhume intense!!! Je croyais avoir développé tous les anticorps! Ben pas celui-là faut croire! En fait, c’est peut-être le mixte avec la chip qui a créé un virus si puissant!
Épilogue… Il y a deux jours, je suis repassée chez mon collègue Paul à qui j’avais emprunté son 4 roues. En entrant dans la maison, A. court vers moi fidèle à son habitude. Heureusement, il n’a pas de chip à m’offrir! Alors, comme il le fait si souvent à l’école, il se jette dans mes bras. Dans un élan d’affection extrême, il passe ses bras autour de mon cou et… et… me place un gros bec mouillé sur la joue!!!!! HAAAAAAAAAAA! Maintenant, il ne me reste plus qu’à croiser les doigts et à espérer avoir développé les anticorps la dernière fois! Je l’adore ce petit!

Histoires d’école…

Une partie (seulement) de ma réalité…

Le mois de mai est un mois difficile à l’école. Difficile pour les élèves et les enseignants qui sont de plus en plus fatigués. Le soleil se couche de plus en plus tard et les jeunes aussi. Mon corps à moi refuse d’aller dormir tant qu’il y a de la clarté accrochée dans le ciel. J’essaye évidemment de berner mon « sensor » interne en fermant les rideaux et en bloquant la lumière avec des boîtes…  Quand je suis dans mon lit, je peux entendre les jeunes dans la cour d’école. La plupart du temps je m’endors avant leur départ…

Le mois de mai est un mois difficile à l’école… J’ai eu droit à mes premières menaces verbales… Parce que je lui demandais de ne pas parler pendant un minitest, un élève s’est mis en colère… Habituellement, je m’arrange assez bien avec la colère des élèves. Mais étant moi-même fatiguée, je me suis dit qu’il était préférable de demander de l’aide… J’ai donc appuyé sur le bouton de l’intercom pour appeler du renfort… La colère de l’élève s’est alors décuplée… Tout s’est passé plutôt rapidement : Inuktitut, Anglais, quelques coups sur le bureau… et juste au moment où j’entends « I will kill you… I will fight you… » la technicienne en comportement arrive dans le cadre de la porte… Étrangement calme, j’ai demandé à Dora de quitter avec l’élève en question. En passant le cadre de la porte, celui-ci a ajouté… comme si ce n’était pas assez… « Something bad is going to happen to you ». J’ai fermé la porte, les élèves sont restés silencieux et se sont mis à leur mini-test. Ironie du sort, quelques minutes plus tard, une élève me demande ce que veut dire le mot « menace »… Le minitest portait sur les territoires agricoles à risques…

Cet événement s’est produit vers 9h45 le matin. Après la période, j’ai sorti un rapport d’incident en me disant que je le remplirais plus tard dans la journée. Ma matinée étant remplie, je n’y ai ensuite pas vraiment repensé avant le début de l’après-midi…jusqu’à ce qu’un autre élève « m’agresse » verbalement… Cours de photographie, nous sommes dans le lab informatique, je demande à I. de choisir un ordinateur pour travailler et… venant de nulle part, j’ai droit à un colérique… « Fucking stupid teacher ». En deux secondes, l’image de l’épisode du matin me revient et ma limite est aussitôt atteinte. Cette fois je n’envisage même pas le bouton de l’intercom (en fait je ne suis même pas certaine qu’il y en ai un dans le lab info…). Je me dirige vers la porte de la classe, prête à aller chercher un collègue et je tombe sur le directeur. Je rapporte l’événement qui vient de se produire et je glisse un mot sur celui du matin. Je ne sais pas ce que Nicolas a vu dans mon regard, mais il a aussitôt pris l’élève en charge. Ils ont quitté le local et sont revenus quelques minutes plus tard. I. s’est excusé, je n’ai pas su quoi répondre, j’ai regardé Nicolas, il m’a rassuré en me disant qu’il repartait avec l’élève. J’imagine qu’il a compris que ma limite d’agressivité était atteinte pour la journée… 


Même si je ne me suis pas réellement sentie en danger suite aux menaces de mort (n’ayons pas peur des mots) du matin, j’ai réalisé après coup que ça m’avait ébranlé… Déjà, les mots sont assez puissants en eux-mêmes, mais… comment dire… j’aurais aimé que ce soit un autre élève que B. qui profane de telles menaces. Égoïstement, c’est un peu comme si je m’étais sentie trahi par ce jeune que je soutiens depuis l’année dernière. B. pour qui j’ai tellement travaillé pour le passeport. B. que nous avons encouragé à rester dans le projet France. B qui est parti en ambulance à Montréal. B. qui a passé une nuit chez ma mère. B. qui nous a passé un sac plein d’alcool sous le nez à la danse de l’école. Et maintenant… B. qui me lance des menaces en pleine classe. Égoïstement, j’aurais aimé qu’il comprenne que je suis une alliée pour lui… 
B. est venu s’excuser à la fin de cette journée. Je l’ai écouté, je lui ai dit que la prochaine fois qu’il était en colère, il pouvait le dire tout simplement plutôt que de me menacer… Est-ce que j’aurais dû porter plainte à la police? Est-ce que B. aurait dû être suspendu? Est-ce que l’une ou l’autre de ces mesures aurait eu un effet positif sur B? Je ne sais pas trop… Mais je pense que des mesures auraient dû être prises…
Aujourd’hui, B. ne se présente plus vraiment à mes cours de géographie et je le vois très rarement à l’école… Je signale chacune de ses absences… 


Ciel orageux

Histoires d’école…

Une autre partie (heureusement) de ma réalité …

Depuis la venue des Français à Umiujaq, lorsque je passe devant la classe de maternelle, certains petits bouts de choux me lancent des « Bonjours! Comment ça va? ». Lorsque je réponds et que je retourne la question en français, j’ai chaque fois droit à des éclats de rire incroyables aux pouvoirs guérisseurs. Vous vous rappelez, lors de mes coups de cafard de l’an passé? Je n’avais qu’à passer dans le couloir de maternelle pour les estomper. Cette année, tout ça n’a pas changé. Les quelques rares fois où je finis ma journée d’école avec un doute, je me dépêche d’aller dire au revoir à ces tout-petits… et mon doute disparaît chaque fois.

Les élèves de photographie
Les élèves de Shannon… Shannon enseigne aux 5e et 6e année au secteur anglophone. Elle a été absente une partie de l’année. Les élèves se sont retrouvés sans enseignant pour quelques semaines avant que des collègues prennent la relève. Pas d’enseignant = pas d’école pour les enfants. Shannon a un gros groupe (plus de 15 élèves si je ne me trompe). Je travaille en orthopédagogie avec 8 de ces élèves. Pendant les semaines de « congé » forcé, presque tous ces élèves sont venus faire leurs périodes avec moi! J. (le fils de Paul), A. , C. (ma plus fidèle élève qui choisit même de venir avec moi plutôt que d’aller jouer au soccer à la dernière période du vendredi…), J. (qui a toujours plein d’histoires à me raconter) et ma dyade préférée (parce que peu importe ce que l’on dira… il y aura toujours des élèves avec qui ça cliquera plus qu’avec d’autres)… D et J.
D et J ont accumulé de grosses difficultés scolaires. En 5e année l’an passé (et encore cette année), aucun des deux ne pouvait lire… Cette année, à force de persévérance et de volonté de leur part… ils peuvent maintenant lire et écrire. Ils sont tellement fiers d’eux… et je lui suis! Nous formons un trio d’enfer! Cette année, l’image de ces deux incroyables élèves que j’amènerai avec moi en vacance, c’est les deux périodes que nous avons passées à travailler sur le parvis avant de l’école. Croyez-le ou non, il y a eu une canicule à Umi la semaine dernière. Plus de 23 degrés au thermomètre… pas de fenêtre dans ma petite classe et une chaleur « accablante ». En moins de deux minutes, J. me fait remarquer qu’il n’y a pas de fenêtre dans notre classe… D. ajoute qu’il a chaud. Je vois la sueur perler sur le front de mes petits élèves… Silence, regards complices… et je suggère une classe à l’extérieur! Sourires aux lèvres et yeux pétillants, D et J se lèvent prêt à partir! Je décide de les calmer avec notre habituelle séance de yoga express (30 secondes de respirations profondes… rien de plus, mais ça fonctionne à chaque fois lorsque l’excitation devient trop intense!). « L’attention » est de retour et je donne mes consignes.  J’aurais aimé pouvoir nous voir… tous trois assis devant la porte de l’école, papier et crayon en main.






Retour dans le temps, histoires de printemps, de Richmond Gulf et nouveau sens au mot  workout!!!!

Parce qu’il est plus que temps de le voir et de le vivre enfin!!!! Mais ciel qu’il se fait attendre, surtout avec cette neige qui est tombée il y a quelques jours sous la forme d’un presque blizzard!!! Il est difficile de garder le sourire après le réveil lorsque je passe la tête derrière les rideaux (et les boîtes de carton) pour apercevoir de la neige au sol par un 26 mai!!! Mais bon, on en profite comme on peut… en allant camper, même s’il y a apparence  et prédiction de pluie, même s’il fait sous zéro la nuit.
Nous en profitons aussi en partant vers le Richmond Gulf en Honda…
Le printemps à Umiujaq c’est vraiment un entre deux saisons. La Baie est encore gelée et les motoneiges s’aventurent encore sur la glace pendant que les Honda envahissent les rues du village. L’accès au Richmond Gulf est difficile : impossible d’y aller en skidoo… difficile (mais pas impossible selon Lucassie et Darlene… si vous êtes prêts à vous mouiller et à pousser les machines pour traverser les congères de neige) d’y aller en Honda… 


C’était un dimanche, après un pique-nique communautaire. Temps incroyable (13 degrés) et soleil. Nous sommes partis à 2 Honda. Sentiment de liberté et cheveux au vent jusqu’à Umiujaluk… La température passe du chaud au froid, dépendamment d’où vient le vent. Il y a encore beaucoup de neige autour de nous… et parfois devant nous! Lucassie est heureux comme un petit enfant lorsque pour la première fois Darlene et lui reste pris dans un passage enneigé.  Mise en marche arrière, prise de distance face à la surface enneigée à dépasser, quelques coups de gaz, signal de départ de Darlene et Lucassie part à toute vitesse vers la neige! À la moitié du passage et après quelques dérapages, Lucassie et son Honda s’arrêtent finalement… Ô quelle surprise… bloqués par la neige molle et épaisse. Bobby, Darlene et moi courrons vers lui et en moins de quelques secondes de poussage voilà Lucassie et son Honda de l’autre côté du passage enneigé. Bobby et moi on ne veut pas rester derrière évidemment et… Ô quelle surprise… l’à peu près exact même scénario se produit… et se reproduit… et se reproduit… et se reproduit… jusqu’à ce que finalement le passage enneigé ait raison de nous et nous décide à faire demi-tour. C’est rempli de fierté et de muscles endoloris d’avoir « ouvert » la route si loin en Honda, que nous revenons finalement au village.


Pour ajouter un peu à notre entrainement… et sûrement parce que nous sommes sans doute un peu orgueilleux… et aussi parce qu’il faut bien s’amuser comme on peut… nous avons eu la drôle d’idée de répéter notre expérience de défricheurs des neiges… mais cette fois avec un gros camion 4x4… Gros camion comme dans très pesant genre F150 avec une boîte. Saviez-vous qu’un Honda c’est très très très facile à pousser dans la neige molle et épaisse? Comparer à un gros camion 4x4 en tout cas ce l’est vraiment!  Le poussage s’est heureusement fait (difficilement je vous laisse imaginer)  en marche arrière, mais ça nous a permis de confirmer Darlene. Bobby, Angela et moi que nous avons une persévérance d’enfer face à l’adversité… et la pression des ours qui se réveillent…


LE camion 4 x 4









Puis finalement, quand la neige fond elle laisse de grandes mares d’eau… Quoi que mare n’est peut-être pas le mot juste… Laissez-moi vous raconter ma dernière virée sur la route du Richmond Gulf.
Apprendre par l’expérience est pour moi la meilleure des manières… Du moins, jusqu’à tout dernièrement, c’est ce que je croyais fermement…  Maintenant… je pense qu’il y a peut-être quelques circonstances qui ne se prêtent pas à cette croyance… Comme quand on est à 11 km du village, seuls (2 sur un Honda), qu’il est passé 21h et que les ours sont définitivement réveillés… Et même si ce n’est pas du tout ma devise, Je pense maintenant aussi qu’il faut TOUJOURS suivre le sentier qui semble le plus fréquenté (en Honda maintenant ce le sera)!
20h : Bobby m’appelle. Angela ne veut pas aller faire un tour de Honda et Bobby m’offre de l’accompagner pour un café à Umiujaluk question de sortir du village.
20h15 : Bobby me ramasse devant chez moi.
20h25 : Nous croisons Darlene et Shannon sur la route du Richmond Gulf. Darlene nous conseille d’aller jusqu’au Gulf car nous risquons d’y voir des bélugas. Elles sont en camion et ne peuvent se rendre jusqu’en bas…
20h27 : Bobby et moi décidons de nous rendre jusqu’en bas (même s’il fait un peu froid et qu’il est un peu tard pour aller jusque-là).
20h32 : Bobby ralenti à côté de Umiujaluk pour confirmer notre décision. Nous continuons.
20h47 : Nous arrivons au bord du golfe… Nous prenons un café en attendant les bélugas… La lumière est magnifique, je prends quelques photos.
21h02: Pas de bélugas, plus de café et le soleil qui se rapproche du sommet des petites montagnes qui nous entourent. Nous remontons sur le Honda et amorçons le retour. Juste avant de partir, Bobby dit en souriant qu’il espère que nous nous rendrons au village sans trop de problèmes… C’est la première fois que nous partons sans escorte…
21h05 : Bobby arrête devant un Y. Nous sommes arrivés par la voie de gauche… Bobby suggère d’essayer le sentier de droite. Je souligne timidement que le sentier de gauche a fonctionné à l’aller, mais moi aussi j’ai envie d’essayer un nouveau sentier…
21h06 : on arrive devant une mare d’eau… qui ne semble pas si imposante que ça parce que pas très large… Pause de quelques secondes… Quelques questionnements… On amorce le passage et je dis en riant à Bobby que si on reste pris je débarque pour pousser comme d’habitude…
21h07 : Assis sur le Honda… nous avons de l’eau jusqu’aux genoux… et nous nous arrêtons…
Vikie : je pense que c’est le temps que je débarque pour pousser… hihihi (vous savez que je ris tout le temps quand ce n’est pas le temps).
Bobby : oui
21h07 : De l’eau presque jusqu’à la taille… je pousse avec Bobby et nous sortons le Honda de la marre…
21h07 : silence… faite que le Honda redémarre… Bobby et moi savons que nous sommes à 11 km du village, nous l’avons calculé à l’aller…
21h08 : le Honda redémarre… pendant que je cherche le meilleur passage pour regagner la piste de gauche, je balaye notre environnement du regard à la recherche d’ours. Je trouve un passage (parce que pas question de repasser par la marre) et je ne vois pas d’ours.
21h11 : nous revoilà sur la bonne voie… Le Honda tourne toujours… mais n’avance pas vraiment si on s’assoit dessus… Le moteur étouffe s’il force trop ou si nous tentons de prendre de la « vitesse ».
21h12 : Bobby et moi débarquons de Honda. Je sais maintenant que je peux marcher à une vitesse de 7km heure et qu’après ça, je commence à trottiner et qu’à 9 km heure je dois définitivement courir!!! Pousse pousse pousse le Honda!!!
21h15 : Je réalise que je ne suis vraiment pas en forme…
21h19 : J’aperçois ce qui me semble être des traces des pas d’ours sur le côté de la route… Je ne le dis pas à Bobby.
21h19 : Petit regain d’énergie (je ne sais pas pourquoi?).
21h20 : … et moi qui ne peux m’empêcher de rire… Je regarde la grosse côte qu’il y a devant nous et je sais que la montée sera pénible si nous devons pousser le Honda. Lorsque je vais en vélo au Richmond Gulf au printemps, je n’arrive pas à remonter la côte en pédalant. Je dois pousser mon vélo jusqu’en haut et je trouve ça difficile…  Je me rassure en me disant que Darlene et Lucassie (notre Power Ranger) doivent être à la veille de venir nous secourir…
21h29 : je ne cours plus assez vite pour suivre le Honda et Bobby qui vont à 10km/heure… Bobby ralentit et me fait monter.
21h30 : Bobby pousse le Honda en courant, moi assise dessus je change les vitesses avec mon pied. Un flash de l’Inde me vient à l’esprit. Alex et moi sommes assises à l’arrière d’un vélo rickshaw et nous nous sentons si mal pour l’homme âgé qui nous tire…
À la recherche des bélugas
21h33 : Nous allons de plus en plus vite, une petite descente approche juste avant la grande côte à monter, Bobby saute sur Honda, je cesse de rire, nous ne parlons pas, mais nous croisons les doigts.
21h35 : nous amorçons la pente…
21h41: La pente est passée!!!! Nous sommes sauvés et à portée raisonnable de marche du village le cas échéant…
21h58 : je mets finalement le pied (bouetteux et mouillé) chez moi.
Au final… vous le savez bien que j’ai eu un plaisir fou dans toute cette histoire qu’il me tardait de vous raconter… Tout s’est bien terminé, le Honda fonctionne bien de nouveau et Bobby et moi avons pris une bonne leçon…



Et cette année scolaire qui tire définitivement à sa fin. Il ne reste plus que trois jours d’activités à l’école. La « Prom Night » est passée. Les jeunes étaient beaux à voir. 8 gradués cette année! Une de mes élèves de photo est sur le podium. Elle est belle et j’espère qu’elle est fière… Moi je suis fière d’elle en tout cas. Bravo Dora!

Je vais quitter mon village un peu inquiète. J’espère revenir dans un environnement pas trop bouleversé pour ma troisième année.

Je vous souhaite à tous un bon été. Soyez prudent et profitez de la vie, mais n’oubliez pas aussi que « le secret du bonheur c’est la lenteur ». Regardez autour de vous, observez les détails et ayez des projets fous.

Je vous reviens inévitablement en août, avec des images de l’Islande et de Berlin!

En attendant voici quelques images en vrac
Sortie scolaire
Pas facile de marcher dans la toudra!
Mes voisins d'en haut!
Un autre ami qui part!