lundi 27 février 2012

Il me semble...


Images en vrac dac?

Hummmm.... -35 degrés
Moment de détente sur la rivière
L'équipe des Butterfly
Tout le monde est sur la glace... sauf moi ;-(



Qu'est-ce qu'on ferait sans lui hein Bob?






Image 1

Samedi matin et j’ai l’impression que c’est mon premier samedi à Umiujaq depuis le mois de septembre! Je n’entends plus le résonnement de mon remords pendant que je lis ma BD. Je regarde l’heure sans trop de souci. Avez-vous déjà remarqué comment le temps passe lentement quand on a rien de précis à faire? Mais en fait, ce n’est pas vrai que je n’ai rien de précis à faire en ce samedi de pur congé… Une petite rando raquettes-photo est prévue pour le début de l’après-midi et je compte bien inviter quelques amis pour une soirée poker ;-) Le soleil est là, il me réchauffe les orteils et me sourit indéniablement. Je lui souris en retour sans éprouver ce sentiment de frustration qui m’a habité pendant les derniers mois! Donc, rayons de soleil et en plus, température parfaite. Il ne fait que -15. Un café, quelques pages de BD. Un café, quelques minutes de socialisation virtuelle. Un café et il est déjà temps de me préparer. Je commence à m’activer tranquillement en appréciant une fois de plus le fait de vivre dans un si petit endroit. Le rendez-vous est à midi, devant chez Angela. Je peux donc partir d’ici à 11h58 et je serai pile à l’heure! Toutes ces minutes de vie que j’ai du gagner depuis que je suis ici!!!!  11h45, je m’active un peu plus vite tout de même, car j’ai vraiment hâte de marcher sur la neige avec mes nouvelles raquettes jaune moutarde.
Est-ce que je vous ai déjà expliqué de quelle manière est disposé mon appart? Hummm… il faudrait bien que je prenne quelques photos ;-) En attendant, je vous laisse imaginer un carré. Facile non? Alors, un carré, au milieu duquel il y a comme un ilot. Pas plus compliqué. Alors peut-être que vous pouvez imaginer que dans ce carré, il est facile de tourner en rond… Hahaha! Mais c’est vrai… je tourne souvent autour de cet ilot central qui relie salle de bain, salon, chambres. Alors je m’active donc plus rapidement et je passe de ma chambre (sous vêtements), à mon autre chambre (vêtements de sport), à la salle de bain(…),  à la cuisine (bière), au salon (prépa du sac à dos… ne pas oublier les vêtements supplémentaires au cas…tu vois Sophie je ne change pas…)
pour revenir à la salle de bain (m’habiller).
Disons que le dernier voyage du salon à la salle de bain s’est fait avec un peu moins d’entrain… un peu pliée en deux avec presque les larmes aux yeux! Il faut croire que mon chandail supplémentaire en polaire était vraiment de trop… Je le sentais bien que mon dos était fragile, mais LÀ!!!! Un simple lancer de chandail!!! Ce que j’ai senti dans le bas de mon dos je suis certaine que ça ressemblait à une surcharge acuponturale. Ou à une séance d’acuponcture avec des aiguilles à tricoter!
Sans trop y penser, je me suis habillée… les larmes aux yeux et la colère remplaçant doucement le bonheur dans mon coeur! Ma première journée de vrai congé depuis le mois de septembre…  Au diable les maux de dos! Bottes, manteau et sac au dos, je me suis dirigée, un peu pliée, lentement mais sûrement, jusqu’à chez Angela! Et… nous sommes allées raquetter sur la rivière! Outch, Ouille, F$#%, C#$%@#, hihi! Après quelques pas, la douleur bien engourdie, j’ai pu enfin (et Angela aussi), apprécier le plaisir de la promenade. Nous sommes parties sur les traces des renards, des corbeaux (oui oui, ils laissent des traces dans la neige), des souris et des glaçons impressionnants. Le soleil parfait! La température parfaite! Les raquettes parfaites! La neige parfaite! La bière parfaite! La journée parfaite quoi! Quelques photos plus tard, nous sommes revenues en ville le sourire aux lèvres et le mal au dos (pour moi). Au revoir et à plus tard… pour la soirée de poker!
Houlala qu’ils ont bien ri de moi mes amis en me voyant pliée en deux! Ma pauvre condition n’aura malheureusement pas suffi à attirer leur clémence et c’est plus pauvre de 4$ que j’ai terminé ma soirée. Mais au change, j’ai gagné le prêt d’un sac magique (vraiment magique… merci Ann-Nathalie!). Je vous laisse maintenant imaginer mon dimanche. Installée au salon à dresser des itinéraires mentaux entre mon fauteuil bleu, la cuisine et la salle de bain… Comment faire pour optimiser les pas? Faire couler le café et prendre mon petit toast en même temps, accrocher un mouchoir au passage et le bol de yaourt. Boire le café lentement… pour éviter les déplacements à la cafetière… Boire moins de café pour éviter les déplacements à la salle de bain! Et surtout, surtout, ne pas oublier les DVD de WEED dans la bibliothèque et le fil de recharge de mon ordi dans le fauteuil d’en face (qui me semble à des km).

Interlude sonore
Citation Umiujaqienne
« You’re not old… you’re new! » Voilà ce que dit une de mes élèves de 3e année! Merci A.

Image 2

Ou je devrais dire imageS d’eux! Rachel, Moyo et le cirque qui débarquent en ville pour deux semaines. C’est la troisième fois que je vois Rachel depuis que je vis à Umiujaq. Les liens se créent rapidement ici, car en fait c’est les gens qui deviennent intéressants dans toute cette « tranquillité » nordique. J’adore le concept des gens qui passent… et repassent… À Umiujaq, il y a toujours quelqu’un de passage. Bien sûr, chaque départ laisse une sorte de vide, mais chaque arrivée amène aussi sa nouveauté. J’adore le concept des gens qui passent… et repassent. J’ai l’impression que je me construis de chacune de ces brèves, mais Ô combien enrichissantes rencontres. Rachel, Geneviève, Denis, Moyo, Catherine et … Sandra et mes amis Français bientôt! Ici, on voyage en faisant du surplace! Bon… ça n’empêche pas de rêver d’ailleurs, mais ça fait tout de même patienter jusqu’aux prochaines aventures lointaines.
Parce que des aventures locales, il y en a inévitablement lorsque le cirque est en ville! Laissez-moi vous raconter…

14 février… Un mardi je crois. Clouée à la maison à cause de mon histoire de dos douloureux, je me coule une petite soirée très tranquille à je ne sais plus trop faire quoi. 21h00, 22h00, 22h15… je me dirige vers mon lit afin d’attaquer la lecture de mon roman policier islandais (bordel que c’est pas facile de retenir les noms des personnages de ce roman nordique!!!). Épuisée rapidement par mes tentatives de décodages islandais, j’abandonne ma lecture pour me laisser sombrer dans le sommeil. Habituellement, lorsque je ferme mon livre, moins de deux minutes suffisent à me guider vers les bras de Morphée. 2 minutes plus tard, je suis toujours éveillée… 10 minutes plus tard, je ne dors toujours pas. Ces 8 minutes me semblent d’une atroce longueur… Et les questions existentielles commencent à fuser dans ma tête : à quelle heure j’ai pris mon dernier café? 15h. Est-ce que je suis stressée? Je me réponds que si je me pose la question c’est que je ne dois pas l’être. Est-ce que je suis prête pour ma journée de demain? Bien oui je suis prête et en plus demain il n’y a pas de géographie (youppi)! Les 8 minutes se transforment en 12, puis en 15. Vers 23h00, je me sens enfin tranquillement glisser vers cet état convoité de sommeil.
TOCTOCTOCTOC!
J’ouvre un œil et une oreille… Quoi? On cogne à ma porte? Étais-je déjà en train de rêver? Ciel, c’est vraiment terminé le café en milieu d’après-midi. Mon cœur bas trop vite, j’ai de la difficulté à m’endormir et là, j’entends frapper à ma porte… ce qui est impossible, car ma porte d’entrée est beaucoup trop loin de ma chambre pour que je l’entende. De plus, il y a deux portes qui nous séparent…
Je referme donc œil et oreille.
TOCTOCTOCTOC!
J’ouvre maintenant les deux yeux et les deux oreilles. Il n’y a plus de question possible. On cogne définitivement à ma porte. Je n’aime pas trop ça et le stress s’empare de moi en une seule seconde : si j’entends cogner à ma porte c’est que ce sont les voisins d’en haut qui ont un problème et qui cognent dans la porte du couloir commun. Et si personne n’entre c’est que ce sont sûrement les enfants qui cognent… En deux secondes je suis à la porte et je l’ouvre. La lumière aveuglante du couloir finit de me réveiller. Un peu soulagée, je constate qu’il n’y a personne. Et là, dans un dernier élan de stress montant, je me rappelle que j’ai oublié de barrer ma porte avant. Bordel, quelqu’un dehors a des problèmes et est venu cogner chez moi… J’allume toutes les lumières de mon appart et je me dirige vers la fenêtre avant. En m’approchant, j’entends des voix et des sifflements. Ça y est, c’est le chao au village. Je regarde dehors et je vois des gens dans la rue. Je me dirige donc vers ma porte en me disant que peut-être quelqu’un a besoin d’aide… Devant ma porte il y a L., une élève anglophone du secondaire que je ne connais pas vraiment. Avec ce qui doit ressembler à une gueule de déterrée, j’ouvre la porte et je salue L. avec le plus de clame possible. Elle me sourit (ouf) et me dit « Rachel want you to show her how to take pictures of Northern Lights! ». Je plisse les yeux et j’aperçois Rachel dans la rue qui se dirige vers moi en riant. Les cris étaient pour me réveiller, je crois et les sifflements pour appeler les aurores boréales… Les deux appels ont fonctionné! Sous les regards amusés de L., Rachel et Moyo, j’ai enfilé mes habits de neige par dessus mon pyjama, j’ai attrapé ma caméra et mon trépied et nous sommes partis à la course vers la Baie!


Une heure de prise de vue et de contemplation plus tard, Moyo et Rachel complètement frigorifiés, nous sommes revenus chez moi pour prendre un petit thé. À 1h30, mes invités m’ont quittée et la tête encore remplie de ces moments inattendus, je suis restée assise au salon à regarder et à publier mes photos sur facebook. Vers 1h40, sens trop savoir pourquoi, je me suis levée et je suis allée débarrer ma porte (que j’avais barrée derrière mes deux clowns préférés). À 2h, toujours assise au salon, j’ai entendu ma porte s’ouvrir de nouveau… Rachel revenait l’air penaud… « Je suis embarrée dehors »… « Puis-je dormir chez toi? »… Évidemment, je ris et je dis oui! La veille, sans trop savoir pourquoi, j’avais lavé les draps et refais le lit de la chambre d’amis!
Je me rappellerai sans doute de cette Saint-Valentin pendant longtemps! Merci L., Rachel et Moyo! Merci Vikie d’avoir oublié de barrer ta porte avant d’aller dormir! Merci aurores boréales majestueuses!


Puis des cours de salsa à Umiujaq donnés par un authentique Mexicain ça se peut! Merci Moyo, je ferai fureur à La Havane grâce à toi!





Image 3




Prendre un nouveau chemin à Umiujaq est un luxe… ou un phénomène rare lorsqu’on n’a pas de Honda ou de skidoo. Au mois de février, j’ai tout de même eu la chance d’explorer de nouveaux paysages deux fois plutôt qu’une! Merci Darlene pour cette rando de motoneige entre les 2 Lacs. Moment de pur bonheur, installée dans le qamutik avec Moyo et Rachel. Je me suis remplie de nouvelles images! Merci Angela de m’avoir accompagnée dans mon désir persistant de marcher jusqu’aux îles en face! Je crois que nous avons douté toutes les deux au long de ces 4 km de raquette. Mais à quelques mètres de notre but, je crois ne pas me tromper en affirmant que les doutes se sont estompés pour laisser place à une sorte de frénésie. Chocolat et petit thé à l’abri du vent, exploration trop courte de l’île (avec maintenant la vive intention de revenir pour une vraie expédition sur cette partie du monde sans doute peu visitée) et retour à la maison. 4 heures de marche aller-retour. Vent de face à l’aller, vent de dos au retour… Dans mon sac à dos, à côté de mon thermos de thé et de mon « polar au cas », j’ai glissé mon kite en me disant que peut-être… C’est comme ça que pendant le retour, les bras tendus vers le ciel et le sourire accroché aux lèvres, j’ai parcouru les 4 km jusqu’au village. Vous aurez bientôt des histoires de kite je crois! Rassurez-vous, j’ai un casque et je le porterai lorsque je mettrai les skis!



 





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Les soupers virtuels de François et Vikie! On se donne rendez-vous à l’avance, on essaye de manger la même chose et on s’appelle… sur skype! C’est vraiment vraiment vraiment chouette!




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Nouvelle ancienne passion… je sors de l’école à 16h40 et j’arrive chez moi à 18h00… je vous rappelle que j’habite à 5 minutes de l’école…  Rougeurs aux joues, au front, au menton, bouts de doigts gelés et morve au nez! Mais surtout sourire aux lèvres! Aujourd’hui le prétexte était le vent et la poudrerie sur fond de coucher de soleil.


Hommage 6

Aujourd’hui lundi… Il n’y a pas d’école, elle est fermée, car une dame du village est décédée hier soir. La dame est la mère d’un de mes élèves, un de ceux qui sont venus en France en septembre. B. est à Kuujjuarapik. Il y est depuis jeudi pour un tournoi de hockey. Il revient aujourd’hui. Ça s’annonce difficile pour les jours à venir au village. Il me semble qu’il y a beaucoup de gens qui meurent ici… Le jeune qui s’est enlevé la vie en juin dernier était le cousin de B. Puis A. qui est décédé en août suite à un accident était proche des jeunes qui jouent au hockey comme B. Maintenant… la mère de B. Il semble qu’elle était malade… Je me demande si les gens meurent plus ici quand ils sont malades. Je veux dire, est-ce que la mère de B. serait décédée si elle avait vécu à Montréal et reçu les soins appropriés au moment approprié?


Au revoir Alacie Tooktoo



lundi 30 janvier 2012

Finalement...



21h57… dimanche. Un sentiment de liberté m’habite depuis 2 ou 3 heures… Voilà, ça y est, me voilà de nouveau empreinte de liberté! Terminés… Ils sont T_E_R_M_I_N_É_S. Finis les travaux d’université… pour le moment du moins! Il y a 2 ou 3 heures, je me suis dit que c’en était bel et bien terminé de cette innocente folie estudiantine… mais me voilà déjà à essayer de m’imaginer avec un (un seul) nouveau cours à suivre pour les prochains 4 mois. La voix de la raison ou la raison de la voix… Il y a définitivement une voix qui résonne dans ma tête et c’est peut-être pour me dire que je suis justement en train de la perdre cette raison. Serais-je de nouveau atteinte du mal de l’altitude? Ou peut-être que c’est  plutôt le mal de la latitude? Mais que dis-je, c’est probablement un mal de l’attitude qui m’habite!

24h plus tard… La petite voix a disparu. Le certificat attendra à… plus tard! J’entends maintenant l’appel de la neige, de la glace, de la crazy carpet, du kite, de la photo, du blog, de la BD, du hockey… et du rien accompagné de café.

Quelques images en attendant les prochaines péripéties…

Images sonores… J’ai un ami qui dit aimer le son de la neige qui craque sous les pas. Éric D, j’ai plusieurs fois pensé à toi depuis que la neige et le froid sont arrivés sur mon parallèle. À moins 50 degrés Celsius , j’ai remarqué que le son sous mes pas devient vraiment… tranchant, un peu comme de la glace qui fend…

Les sons…. Le son des vagues se brisant sur la plage par un jour de vent intense. Les sons de la nuit avec les rires et les cris des enfants qui jouent dans le parc derrière chez moi. Le son du silence qui m’accompagne quand je camoufle mes oreilles sous une tuque et deux capuchons. Le son précieux de cette douce musique du film Out of Africa que j’ai finalement réussi à douwnloader. Les sons sont partout… ou presque… Sophie, te rappelles-tu les sons du désert de Death Valley? Probablement que non, car des sons… il n’y en avait aucun. La seule véritable fois où je l’ai entendu le silence, le vide, le rien. Dommage que je n’aie pas tenu de journal de voyage pour cette virée dans l’Ouest Américain car il en est arrivé quelques histoires mémorables… Le jour où j’ai failli mourir dans les dunes. L’effet cuisant des coups de vent sur la peau rappelant le courant d’air brûlant émanant d’un four. Les routes vertigineuses et les ravins épeurants. Les fontaines d’eau insolentes de Las Vegas. Ce jeune homme de l’auberge nous présentant une carte touristique de la ville en précisant que nous ne trouvions pas à l’endroit représenté par l’étoile (you see the star on the map saying you are there… well you are not there…). Je me suis découvert une nouvelle passion pour les sons… Sonographe est-ce que ça existe? Enregistrer l’empreinte sonore d’un lieu… un peu comme une photo en enregistre l’empreinte visuelle.
 
Image visuelle… En sortant de l’école après une soirée pédago : il est 21h, il fait noir et il fait froid. J’aperçois C, une de mes élèves, qui accourent vers moi dans la nuit. Je remarque qu’elle n’a pas de mitaines. Toute souriante elle me lance en riant: we are having so much fun! Ce qu’ils font, elle et cinq autres enfants (de 4 à 12 ans) : ils font de la luge dans la rue à côté de chez moi! La pente est douce. La neige de la route a bien durci. Les enfants me dépassent sur leurs petits qamutik (petite luge en bois pour une personne) et j’entends leur rire s’éloigner et s’estomper en même temps que leur image disparaît de ma vue.


Images burlesques… Cette année, la vie sauvage se rapproche du village. Renards, loups, ours polaire. Je crois même qu’il y a eu un moment où la population de renard était plus élevée que celle de chien dans le village. Je dois avouer qu’à quelques reprises, je me suis baladée avec un bâton après la tombée du jour lors de mes déplacements…  Il m’est arrivé de penser que j’exagérais peut-être un peu avec mon bâton, mais cette idée s’est dissipée lorsque j’ai aperçu le camion ambulance pourchasser un renard blanc en face de chez moi!

Questionnement à propos de l’ours polaire… Un ours polaire s’est approché du village pendant les vacances de Noël. Il est venu assez proche (peut-être 3km) pour qu’on décide de l’abattre. Le questionnement est le suivant : qu’est-ce qu’on fait avec la viande et la fourrure de cet animal en voie d’extinction?

MrmbV2

Ceci expliquant cela et juste comme ça, car je ne peux pas écrire une chronique sans faire allusion au moins un peu à l’une de mes grandes passions. Cherchant de l’information sur le web pour une dissertation, je suis tombée… presque par hasard… sur un site affirmant ceci : c’est un roi du Brabant (région de la Belgique) qui aurait inventé la bière… Un de mes ancêtres peut-être. Suggestion BD en passant : Les maîtres de l’orge. BD à saveur historique et houblonnée.

Voilà pour mon petit train train. Les dernières semaines ont ressemblé à travaux, boulot, dodo… À part les marches extrêmes à l’aéroport avec Angela, les coups de pédales pour aller nulle part dans mon salon, une sortie de crazy carpet (crazy carpet 1 : Vikie 0… parfois les arbustes sont plus gros que ce que l’on croit…) rien de vraiment palpitant à signaler.


Mais vous ne perdez rien pour attendre. Ceci n’était qu’une accalmie! Maintenant empreinte de ma totale liberté… J’ai envie de dire : Sky is the limit! … en espérant que je ne me prendrai pas au mot tout de même.




J’espère que vous allez tous bien et je vous dis
 à très très bientôt!



 Souvenirs de vacances 


De ma fenêtre... ou plutôt de la fenêtre de Sophie




Un BBQ? Pourquoi pas?



En faisant la touriste



vendredi 9 décembre 2011

Histoires de rien!



Mon prochain blogue avec une classe de 5-6 et des élèves de Montréal


Vendredi 11 novembre 2011
11-11-11…
À 11h00 il y  aura 1 minute de silence sur la plage d’Umiujaq pour se souvenir.
1… l’unité, l’individu… 11… l’unité, l’individu…mais à 2? 11-11-11… Vivre individuellement, mais en groupe? Et pourquoi ne pas essayer 11 minutes de silence? Autre question : si on se parle dans sa tête… est-ce que ça compte quand même comme du silence?
Ben non voyons! Je ne suis ni sous l’effet de la drogue, ni sous l’effet de l’alcool! Peut-être sous l’effet euphorique du congé ou du premier mini blizzard d’hier.
Mais pour revenir au silence… quand j’écris…? Certains penseront peut-être que je ne réfléchis pas, mais je vous assure que c’est le cas! Et se rend-on toujours compte de nos réflexions? Je veux dire, est-ce que nous utilisons toujours des mots pour organiser nos pensés? Et puisque nous en sommes aux questions… Est-ce que quelqu’un peut me dire en quelle langue elles pensent les personnes sourdes? Et les personnes aveugles tant qui y être, elles voient quoi dans leurs rêves (à ce sujet, j’ai rêvé qu’une araignée me chatouillait le fond de la gorge… lorsque j’ouvrais la bouche pour la laisser sortir, elle tissait une magnifique toile pour se laisser glisser dehors… elle était belle, avec des couleurs éclatantes, de superbes pattes poilues… peut-être que c’est le sevrage de bière qui fait ça!!!)?
Mais pour revenir au silence… que dire de la loi du silence? Je crois que dans le nord, cette loi existe implicitement… Le silence de l’individu pour préserver l’unité de la communauté… Et c’est ici que ça devient trop sérieux pour mon vendredidimanche matin. Mais j’y reviendrai un jour à ce silence obligé de ma communauté d’accueil. J’y reviendrai quand je le comprendrai assez pour ne pas le juger avec mes yeux d’qalunat.

(Parlant de jugement et d’qalunat… Comment je dirais bien ça… Là, je ne sais pas si j’emploierai le mot juste… mais je crois bien avoir quelques fois été la cible de racisme depuis mon retour au nord. Quand dans une rencontre de travail en petit comité, une personne dit : « You qalunat you think…»… ça me fait un peu drôle. Ben pas vraiment drôle en fait, parce que ça me donne l’impression de me faire catégoriser dans un groupe auquel on attache des comportements et des pensées qui ne sont pas les miennes… Ben pas vraiment drôle en fait, car ça m’enlève une partie de ma propre personnalité pour la substituer par une autre qui n’est pas la mienne. Ben pas vraiment drôle, parce qu’un peu blessant et voir même un peu choquant de se faire attribuer de mauvaises intentions par une collègue de travail… parce que ce qui a suivi ce fameux « You allunat you think… » n’avait rien de très positif intégrant des mots comme dominants et dominés…
Racisme ou stéréotype… Jugement… Je ne saurais trop dire, mais reste que je me suis beaucoup questionnée (et je me questionne encore) sur mes comportements d’qalunat après ce que j’ai malheureusement perçu comme des accusations. Je sais bien que je suis naïve et que ces discours courent probablement depuis bien avant mon arrivée… Mais cette année, ils m’ont finalement rattrapée! Une source de questionnement de plus moi!)

En face de chez moi le matin


Donc… Un vendredi comme un dimanche pour moi. J’adore les congés du vendredi.
Je vous laisse deviner… Trop facile… Installée dans mon fauteuil bleu préféré, une BD pas loin, le kfé d’une main et le clavier de l’autre. La bande sonore du film Out of Africa sonne de cette rare perfection à mes oreilles. Je n’imagine rien de mieux que cette musique instrumentale pour côtoyer mes pensées à ce moment présent.

Puis là, parce qu’on peut faire des bons dans le temps sous le simple clic d’un « enter » de clavier d’ordinateur… on se retrouve peut-être trois semaines après les dernières lignes que vous venez de lire.


Vendredi le 9 décembre, 8h39. Normalement, je commence l’école à 8h50, mais aujourd’hui c’est un peu différent. Je vous raconte ma routine habituelle du matin. En général, je me réveille entre 6h30 et 6h40 (sans alarme, juste pour rien et là je n’ai pas voulu écrire entre 6h36 et 6h38 car vous m’auriez dit que j’exagère, mais en réalité c’est vraiment vrai je me réveille presque toujours entre 6h36 et 6h38 (les trois minutes confondues là)…) Ce matin, étrangement, je me suis réveillée un peu plus tard… 6h47… Tiqilik teo4 (est-ce que je vous ai dit que je suis des cours d’inuktitut depuis quelques semaines? Eh oui… en plus de mes devoirs d’anglais, j’ai toute une liste de devoirs d’inuktitut à faire chaque jour!!! Et en puis, je dois pratiquer quotidiennement, car je croise ma prof tous les jours et elle me parle la plupart du temps en Inuktitut ce qui fait de beaux dialogues de sourds, car je ne suis pas très douée pour apprendre les langues et même un peu pas mal lente, mais bon c’est tout de même plaisant d’impressionner mes élèves de géographie en écrivant en inuktitut au tableau pour commencer mes cours!). Donc, pour en revenir à mes moutons (car vous le comprendrez bientôt, le thème aujourd’hui est le blanc (comme la laine des moutons blancs pour ceux qui n’auraient pas fait le lien)),  aujourd’hui, journée pas comme les autres, je me suis réveillée un peu en retard et j’ai tout de suite su qu’il y aurait quelque chose de différent. J’ai décidé de rester au lit pour commencer mon nouveau roman. Les romans je les lis dans mon lit et les BD dans mon fauteuil préféré, voilà pour les détails inutiles. 7h36, je regarde l’heure et je me dis qu’il est temps de passer aux choses sérieuses, entendre ici le café et la douche. Pour ceux qui n’aiment pas les détails inutiles, je vous suggère de sauter les prochaines lignes, car là, vous connaîtrez bientôt tout de moi (enfin presque tout). Donc, lorsque je m’extirpe de mon lit ça se déroule comme suit : j’attrape mon IPOD touch (ben oui j’en ai acheté un nouveau après m’être fait voler l’an dernier, mais rassurez-vous celui-là je ne l’amène pas à l’école), je mets l’alarme à off (alarme que je n’ai pas entendue sonner depuis des semaines, car elle est fixée à 8h02), je passe dans le couloir de la cuisine où, à tâtons dans le noir, j’appuie sur le bouton ON de la cafetière (merci encore Isabelle pour cette machine espresso) et je continue ma route jusqu’à la station d’écoute sur laquelle je branche mon IPOD. La musique se met en route instantanément pendant que j’ouvre les stores laids verticaux de mon salon. Je me dirige ensuite jusqu’à la salle de bain. Douche toujours rapide parce que depuis que je suis dans le nord, j’essaye d’économiser au maximum, car on ne sait jamais quand le camion d’eau va briser… puis retour à la cuisine pour faire couler mon premier café de la journée. Pendant que la tasse se remplit, je jette systématiquement un coup d’œil à mon chaudron d’eau (car je la fais bouillir depuis mon retour de l’Inde… mon système n’ayant pu se réadapter à notre bonne eau propre du Nunavik, mais là je vous épargnerai les détails, parce que franchement pas ragoutants et encore moins intéressants) et je m’en fais bouillir un peu s’il le faut, car… on ne sait jamais quand le camion d’eau va briser. Quand le café est prêt, je m’installe finalement à ma table de cuisine et j’utilise généralement cette petite heure tranquille du matin afin de faire un peu de devoirs d’anglais ou d’inuktitut.
Mais ce matin… comme la routine ne s’est pas enclenchée comme à son habitude, je suis restée au lit une petite heure en me disant au diable renards nordiques, loup et ours polaires! Tant pis les devoirs, je commence ce nouveau roman sans le moindre cas de conscience!
En face de chez moi le matin quand
il y a une éclaircie dans le blizzard
7h36, je me lève, me dirige vers la cafetière. Malgré l’heure tardive, la lueur de la clarté ne transperce toujours pas à travers mes stores laids verticaux. C’est donc à tâtons que je tourne la machine à ON. Zut! J’ai oublié mon IPOD dans ma chambre! Je continue cependant ma route vers la grande fenêtre et pensant à toutes ces secondes musicales que je suis en train de perdre, j’ouvre les stores sans vraiment regarder à l’extérieur. Même si je remarque vaguement quelques plaques de neige accrochées à mes vitres, je prends la route de la douche comme un automate. Vous connaissez la suite de la routine, sauf qu’au moment de couler le café, au lieu de m’intéresser au chaudron d’eau, mon regard prend le chemin opposé et c’est la fenêtre finalement recouverte de neige qui attire mon attention. Je laisse donc le café à lui-même et m’approche de ma grande baie window (pas vraiment baie window, mais tout de même, je me dis qu’une window qui fait face à la baie peut sans doute porter ce nom et peut-être encore plus que les fenêtres des maisons des villes qui n’ont jamais vu la mer!). Bon je trouve un petit coin dégagé et plante mon œil droit dedans… et je n’y vois que du blanc (comme la laine d’un mouton blanc pour faire un lien avec le thème du jour)! Sophie, tu te rappelles cet immense rideau blanc du parc du BIC? Eh bien ce grand écran blanc est maintenant devant chez moi à Umiujaq. Espérant un vrai blizzard depuis maintenant 2 semaines, je regarde ce « mauvais » temps en n’y croyant guère et je continue à me préparer pour aller travailler. M’étant laissée rattraper par l’ombre de mes remords, je m’installe café à la main à la table de la cuisine pour avancer un peu mes devoirs d’Inuktitut. Je me dis que 20 minutes valent mieux que rien surtout que je fais piètre figure comparée à mon collègue qui assiste également aux cours avec moi et qui est franchement trop brillant (non, mais ils ne sont pas chiants un peu ces gens surdoués qui retiennent et comprennent tout sans montrer le moindre signe d’efforts!!!)! Je suis donc totalement concentrée dans mes ta ti tu ra ri ru nga ngi ngu quand on frappe à ma porte!?!!? Je lance un oui? Pas de réponses. Je me rappelle donc que la porte avant est barrée et je m’y dirige donc avec curiosité. Personne. Je me dirige alors vers la porte de derrière, donnant accès au corridor qui connecte mon appart à celui des voisins d’en haut (vous savez la voisine qui vient parfois aux toilettes chez moi). Ben oui, c’est Alain qui est là avec un sourire pour me dire qu’il n’y a pas d’école ce matin et que, joie ultime, nous n’avons même pas à nous rendre au travail! Mes remords s’envolent d’un coup, une poussée d’énergie me submerge et je vois les prochaines 5 heures comme un cadeau incroyable. On dit que le temps c’est de l’argent, mais aujourd’hui, je serais tentée de dire que le temps, ça n’a pas de prix!

Ma matinée blizardesque s’est transformée en journée complète de congé forcé. Izabelle qui travaille aux services sociaux a eu la brillante idée de m’appeler vers 9h30 pour prendre des nouvelles. Comme un seul homme, elle a bravé la tempête matinale et a sans doute été la seule à déambuler dans les rues du village pour se rendre au travail. Réalisant qu’elle serait la seule à travailler aujourd’hui, elle n’a fait ni un ni deux et a transféré du boulot à chez moi. C’est drôle, quand Izabelle m’appelle du travail, on peut s’envoyer la main par la fenêtre pendant qu’on se parle, mais aujourd’hui impossible de voir quoi que ce soit venant de la maison des services sociaux. J’ai laissé tomber l’inuktitut pour des cafés avec Iza et quand elle est partie, je me suis attaquée à Aya! Afin de faire durer le plaisir de cette BD, j’ai pris quelques pauses de lectures que j’ai occupées à avancer mon dernier travail d’anglais, à tricoter un nouveau foulard et à écrire quelques lignes. Maintenant, il est passé 17h00. Mes fenêtres sont recouvertes de neige. Je pense que ma maison ressemble à un igloo!


Tiqilik : teo4 : just kidding, c’est juste une blague (wow!!! Trilingue!!!)

À la cueillette des poissons avec Lucassie



Quelques clichés en vrac

Les braves élèves!
Mes cours de photos avec les élèves d’IPL sont la plupart du temps très intéressant. Peu importe ce que je leur propose, ils sont toujours partants, en autant que j’aie l’air enthousiaste. Ma dernière idée en liste avec eux a été de les faire sortir sur la plage par un jour de mini « tempête ». Je manque de photos hivernales nordiques. Bien sûr, j’ai toute une panoplie de paysages enneigés, mais la plupart du temps quand je sors, il fait « beau ». Je n’ai que peu d’amis prêts à sortir par mauvais temps… alors… je me suis dit que les élèves d’IPL… n’auraient pas le choix de suivre leur enseignante!!! Il ne faisait pas beau, il faisait froid, il y avait beaucoup de vent. Une fois dehors, une des élèves a quitté le groupe, se disant sans doute que j’étais un peu fêlée pour les faire sortir par un temps pareil!!! J’avoue que je me suis trouvée pas mal drôle lorsque nous nous sommes retrouvés sur la plage, essayant de ne pas geler sur place. C’était la première fois que I était avec nous. Il vient tout juste d’être transféré du secteur régulier vers ce cheminement particulier. L’année dernière, j’étais supposée de suivre cet élève en orthopédagogie, mais il a toujours refusé d’assister aux rencontres. Je me suis dit… ça passe ou ça casse! I a pris des photos, il m’a même posé des questions et… et… il est revenu au cours suivant, et au suivant, et au suivant!!! D a fait de belles photos, P n’avait pas de gants alors il n’a pris que peu d’images, S a suivi et a fait de son mieux tout en rouspétant, M qui est retournée chez-elle est sûrement allée se fumer un pétard en se disant que nous n’avions pas de bon sang!!!

Le fameux F-150

Mais je ne les torture pas toujours ces jeunes photographes très doués en passant. Il y a quelques semaines, j’ai emprunté le camion de l’école et nous sommes partis faire un tour au Richmond Gulf. Nous avons pris l’après-midi… et nous avons failli prendre plus… En bonne conductrice de la ville, à mi-parcours, je nous ai royalement enlisés dans le sable… Assise au volant de ce F-150, je ne pouvais pas croire que nous faisions du sur place! Trois élèves dans la boîte du camion et un à mes côtés pas du tout confiants ayant bouclé sa ceinture de sécurité. J’ai aperçu et entendu les sourires s’accrocher aux visages de mes jeunes acolytes! M est descendue de la boîte et s’est installée à côté de moi en me demandant si j’avais mon permis de conduire… P habituellement pas très expressif a laissé échapper quelques rires francs. Quand j’ai finalement débarqué du véhicule pour aller constater l’ampleur des dégâts, j’ai tout de suite compris que nous ne serions pas en mesure de nous en sortir seuls…  Quel ne fut pas mon soulagement lorsque j’ai vu apparaître au loin le loader. Lorsqu’il est arrivé à notre hauteur, j’ai fait un signe de la main au conducteur qui, le sourire aux lèvres m’a retourné la politesse… sans s’arrêter!!!! Je me suis donc mise à courir après notre sauveur qui à ce moment ne savait pas encore qu’il le serait! Gêné, je lui expliqué la situation. Il m’a regardé, l’air vraiment étonné et il a stationné son mastodonte à côté de notre petit F-150… Il s’est installé au volant et deux secondes plus tard. Il était sur la terre fermer, les quatre roues AU-DESSUS du sol! Ben oui, c’est vraiment plus facile quand on met le 4x4…
M est venu me demander si je n’étais pas un peu embarrassée par cette aventure et je lui ai répondu que oui, mais que je l’étais sans doute moins que si j’avais dû abandonner le camion et rentrer à pied jusqu’au village avec eux!

Nous y voilà déjà à ce premier stretch de complété pour cette deuxième année dans le nord! Noël est inévitablement une étape importante dans cet exil de 10 mois. Une semaine exactement me sépare de ma date… prévue de départ vers le sud. Déjà 4 mois de passés… Est-ce que c’est juste moi? Ciel que le temps passe rapidement. Même si je me suis ennuyée de vous au cours de ces premiers 4 mois, je n’en reviens pas encore d’être déjà arrivée au mois de décembre. Je vous dis donc à très bientôt. La bière sera bonne, mais sûrement pas autant que les histoires et les nouvelles que vous aurez à me raconter!

Passez un bon temps des fêtes. Si la tempête peut se clamer, je verrai peut-être le Père Noël et ses reines s’entraîner dans le ciel d’Umiujaq ;-)

Joyeux Noël et Bonne année!





samedi 5 novembre 2011

Questionnements et sport extrême!



Samedi le 5 novembre 2011… Pourquoi j’ai cette bizarre impression que je viens tout de reprendre le rythme au travail? Quel départ lent cette année, même si en réalité, les semaines passent toujours aussi vite. Et heureusement qu’elles passent  rapidement les semaines, car là je m’ennuie. Je m’ennuie de ma famille, de mes amis… de mes microbrasseries (Parlant de microbrasseries… une catastrophe se dessine pour moi à l’horizon de mon Nord… Je vous épargnerai les détails bureaucratiques, mais je vous laisse imaginer le pire… Coupe drastique (genre de moitié) dans le nombre de kilos cargo (ça veut dire par avion) bouffe qui nous est alloué. Un peu flou tout ça pour vous, mais je vais vous présenter une image concrète de la situation. Mon cargo bouffe c’est ce que je commande par internet chez IGA (vous savez, mon activité préférée du dimanche…).  Dans ces commandes internet, je commande de la bouffe… mais aussi de la BIÈRE. Vous comprenez maintenant la catastrophe qui se dessine à l’horizon de mon Nord!! Moitié moins de kilo… ça veut dire… que je dois maintenant faire un choix! Bière – Bouffe – Bière – Bouffe – Bière –Bouffe – Bière - Pas facile! Dans ma réflexion je me dis que la bière quelque part ça nourrit non? Ben non voyons! Vous savez bien que mon dilemme n’est pas si grand et que je suis une fille raisonnable! Au diable la bouffe et vive la bière quoi (Et là je suis ironique pour ceux qui ne l’auraient pas compris)! Pourquoi le dessin de la catastrophe n’est pas encore tout à fait terminé? Il y a 4 semaines environ, avant que j’apprenne cette terrible nouvelle réalité, j’ai fait une méga épicerie incluant une méga commande de bières! Alors mon but maintenant c’est de rouler sur cette commande jusqu’à Noël (Puis là, je réalise qu’il me reste tout de même 6 semaines avant d’arriver à Mtl et je me trouve un peu ambitieuse dans mon objectif)! Tout va bien aller, je suis bonne, j’suis belle, chus capabe! Fin de la parenthèse!).


Samedi le 5 novembre 2011 et me voilà à faire du camping dans l’appartement d’un collègue pour encore quelques jours. La mère de ce dernier est en « ville » et son appart (mon ancien appart) est un peu petit (une seule chambre) pour deux. Même si j’ai un peu hâte de retrouver le confort de mon chez-moi (en fait spécialement de ma petite cuisine), c’est trop cool de passer quelques jours dans cet appart que j’adore. Je retrouve ma fenêtre et son trou (ben oui, le trou est toujours là, même après un an), mon fauteuil brun et mon deuxième étage. En plus, aujourd’hui le vent est parfait! Il vente, il vente, il vente et je crois que la maison tout entière va s’envoler! Ce matin, j’ai du passer une dizaine de minutes juste à regarder la Baie déchainée! Le point de vue est magnifique, les murs bougent et moi j’ai le sourire aux lèvres! Merci Mark d’avoir accepté ma suggestion d’échange!

 
Samedi le 5 novembre 2011 et je procrastine plus que jamais! Qu’est-ce que ça fait du bien, mais qu’est-ce que ça va me causer du stress d’ici la fin de la journée. La seule manière de procrastiner sans ressentir trop de remords est de m’installer pour vous écrire. Procrastiner : remettre quelque chose au lendemain. L’avantage théorique (entendre ici ma théorie personnelle) avec le lendemain, c’est que techniquement ça n’arrive jamais (demain, le lendemain va devenir aujourd’hui donc il n’existera pas réellement… ben quoi on se donne bien les définitions qu’on peut)… Le désavantage pratique avec le lendemain, c’est que malgré toutes les théories que je peux essayer de m’inventer… le temps lui il continue d’avancer et mes dates de remises de travaux, elles, sont bien fixées dans le calendrier ! Est-ce que je vous l’ai déjà dit ? Si jamais l’idée vous prend de vous inscrire à deux cours universitaires par correspondance pendant que vous travaillez à temps plein… de grâce… NE LE FAITES PAS ! Hahahaha ! Un cours à la rigueur aurait pu aller, mais là, deux c’est trop pour mon petit cerveau ! Et ciel que je ne suis pas une bonne élève. Mes travaux sont douteux… Je viens de recevoir mes premiers résultats… Je pense que la correctrice m’a donné la note de passage seulement parce que j’ai mis du temps dans les travaux ! Anglais langue seconde… Ben c’est difficile ! À force de faire des lectures, des exercices et des travaux, c’est rendu que je suis de plus en plus gênée de parler avec mes amis anglophones, car je réalise toutes les erreurs que je fais et je suis toute perdue dans les bons modèles à utiliser maintenant!!!! Sandra, c’est de ta faute si j’ai pris 2 cours !!! Je me suis dit que comme tu ne serais plus là, j’aurais plein de temps ! Par peur de m’ennuyer, je me suis donc inscrite à ces deux cours ! Bon… je ne t’en veux pas, mais parfois je me dis que je devrais partager les travaux avec toi ;-)
Montée de lait terminée et je dois absolument vous remercier de me permettre de procrastiner !

Allons-y de quelques images en vrac…

Retour au Village.
Si je me rappelle bien, mes chroniques de la France se sont terminées en France n’est-ce pas avec la promesse de parler du retour dans ma prochaine chronique. Et bien nous y voilà dans cette prochaine chronique… Mais en y pensant bien… Prochaine et lendemain… ça pourrait bien avoir la même sorte de d’avantage théorique (entendre ma théorie) non ? Mais là, mon monde de contradictions se mettrait en branle et je deviendrais encore plus confuse que je ne le suis déjà, car je n’aurais plus d’excuse pour soutenir ma procrastination, car je ne pourrais plus remettre mes travaux à demain sous prétexte d’écrire mes chroniques… Ah là là !

On recommence…
Si je me rappelle bien, mes chroniques de la France se sont terminées en France n’est-ce pas avec la promesse de parler du retour dans ma prochaine chronique. Les retours à Umiujaq sont parfois difficiles, vous le savez. Pas difficile dans le sens que ce n’est pas plaisant de revenir ici là. Difficiles dans le sens qu’ils ne se déroulent pas toujours comme prévu. Habituellement, l’imprévu est réellement quelque chose que j’adore… En septembre dernier, j’ai appris quelque chose… les habitudes ont des limites elles aussi ! Rappelez-vous mes histoires d’avion Nunavikiennes et choisissez la pire. Maintenant, multipliez-là par 13… parce que c’est le nombre que nous étions dans le groupe au retour (Sandra ayant décidée de prolonger de quelques semaines sont séjours en Europe… la chanceuse…) .
Bon, je vous aide un peu. 19 septembre - le voyage Paris-Mtl : rien à dire. Tout s’est bien passé. 19 au 20 septembre - une nuit à Mtl : tout s’est bien passé… du moins en apparence (vous comprendrez plus loin ne vous inquiétez pas…). 20 septembre - le voyage Mtl-Umiujaq : il ne s’est jamais produit ce jour-là ! Vous commencez sans doute à comprendre. Départ de Montréal à 8h00 am le 20 septembre… retour à Mtl le 20 septembre… à 9h00 pm. Qu’aurais-je pu dire à un élève fatigué, brulé, crotté, affamé (car imaginez-vous donc qu’Air Inuit n’a jamais de backup de bouffe pour les passagers qui n’arrivent pas à atterrir là où ils le devraient… comme c’était quelque chose qui arrivait rarement…) pressé d’arriver chez lui qui me balance à la figure : What a waist of day ! 13 heures dans l’avion pour revenir à notre point de départ ! Seule j’aurais été ravie de revenir à Mtl… Avec 12 autres personnes… pas vraiment ravie je vous dirais. Je les aime sincèrement ces jeunes, mais après deux semaines… Nous avions tous besoin d’une pause les uns des autres, je crois. Bref, une fois le problème de l’hôtel résolu, après avoir nourri mes affamés, je me suis mise en mode méditation (genre stand-by). Minuit et demi, je me suis installée au lit en me disant que dans quelques heures tout reviendrait dans l’ordre. Que nous serions installés dans un nouvel avion qui nous amènerait directement à destination. L’âme pas tranquille du tout, je me suis tout de même endormie (voir plutôt assoupie) jusqu’à… 2 heures et demie je crois… Et là, j’ai vécu les 10 plus longues minutes de ma vie.
D’abord, se faire réveiller en Inuktitut… c’est étrange et ça sonne tout de suite comme quelque chose qui ne va pas… Même si je ne pouvais pas comprendre ce que se disaient Nellie et M , le ton de voix ne ment pas. Déjà debout avant même qu’on ne me dise en Français (ou peut-être en anglais) que Bi n’allait pas bien, Nellie et moi nous sommes précipitées dans la chambre des garçons. Bi allongé sur son lit, ayant de la difficulté à respirer, rouge et pas vraiment conscient… Inuktitut, Français, Anglais… toutes les langues s’entrecroisent. On essaye de le « réveiller ». Rien à faire. Nellie et moi on se consulte du regard et nos pensées rencontrent rapidement dans le mot ambulance qui s’inscrit sur nos lèvres. Avez-vous déjà essayé d’appeler une ambulance à partir d’un téléphone de chambre d’un hôtel ??? Moi c’était la première fois. Ben au Travel Lodge… c’est impossible d’appeler soi-même le 9-1-1 ! 911 directement sur la ligne : ça ne marche pas. 9 plus 911 : ça ne marche pas. 0 pour rejoindre la réception : ça ne marche pas toujours !  Re - 0 pour rejoindre la réception : ça marche parfois…
Pour faire ça court… Le Nord a rattrapé le Sud lors de ce re-passage obligé à Mtl. Bi, la veille, a réussi à se faire acheter de l’alcool (Smirnof Ice) par un Inuit qui était à l’hôtel en même temps que nous. La journée dans l’avion lui a donné soif il faut croire… 15 bouteilles plus tard… Nellie est partie avec lui à l’hôpital. Selon les médecins, Bi a failli mourir ce soir-là. Je vous rassure tout de suite, Bi va « bien » aujourd’hui. Il a passé une journée de plus à Mtl (en fait Longueuil MERCI MERCI Françoise et Richard !!!) Le reste du groupe en a été bon pour une bonne frousse.

Vous vous rappelez peut-être mieux que moi ce que j’ai écrit dans ma première chronique de l’année… Le regard… Mon inquiétude s’est matérialisée lors de ma dernière nuit à Mtl… Bi m’a ramené rapidement à ma réalité Nordique, soit observer sans pouvoir réellement faire quelque chose de concret et de durable. Après une expérience incroyable de deux semaines, Bi m’a remise brutalement à ma place… Nous avons pu sortir ces enfants du Nord pour quelques semaines… mais le Nord, dans tous ses aspects, est resté bien présent à l’intérieur d’eux-mêmes. Les Inuit ont une culture fantastique que je découvre un plus chaque jour. Loin de moi le désire de voir disparaître celle-ci. J’ai été fière des élèves tout au long de notre séjour en France, car ils ont su partager cette richesse qu’ils possèdent bien solidement ancrée en eux. Mais juste à côté de cette richesse, je commence à penser qu’une autre sorte de culture se développe, la culture acquise par la mise en contact avec des non inuits est en train de mener un combat à la première…  Quel sera le dénouement de ce combat ? Laquelle des deux cultures dominera ? Le statu quo est-il possible ? Est-ce que quelque chose de nouveau peut naître de cette confrontation ? Une trêve pourrait-elle survenir avant que l’une des deux cultures ne meure ? Quelque chose de nouveau doit nécessairement émerger de tout ça, car le retour en arrière est maintenant impossible pour ce peuple. J’aime penser que quelque chose émergera, mais je me demande combien de jeunes devront payer le prix de cette guerre interne ?

Dans un tout autre ordre d’idée…
Et pour vous faire sourire un peu… D’abord, connaissez-vous le cerf-volant de traction? Pour ceux qui ne connaissent pas, imaginez un très gros cerf-volant de forme rectangulaire à l’allure d’un parachute. Ajoutez quelques (en fait… plusieurs) mètres de corde  à votre image, une barre latérale pour faire bouger celle-ci et « contrôler la toile », une courroie attachée à un bras question de ne pas perdre l’engin en cas de bourrasque.
Ensuite, imaginez une plage de 10 mètres de large, un vent de 30km/h et… moi tenant cette barre latérale au bout de laquelle, dans les airs, flottent un rectangle de deux mètres rouge, orange et noir! J’espère que vous souriez déjà un peu là  et que vous avez une bonne image de ma dernière idée d’activité hivernale Nordique ! Car détrompez-vous, ma saison de sport extrême n’est pas encore officiellement commencée.  Je suis au stade de l’entraînement, car la glace n’est pas encore arrivée. Pourquoi parler de glace me direz-vous ? Et bien, préparez-vous à sourire davantage en ajoutant à votre image un accessoire supplémentaire qui vous assurera sans doute des récits délectables dans quelques mois : une paire de skis alpins (ou « pire » une planche à neige !!!).

Je récapitule donc. Un cerf-volant très grand, avec un bon vent, des skis et de la glace ! Ne vous inquiétez pas, je porterai un casque !!! Et peut-être aussi mon équipement de hockey ! Tegheli ! Lorsque j’aurai les instruments de glisse, le cerf-volant sera attaché à moi à l’aide d’un harnais. Je crois que j’ai de bonnes chances d’apprendre à voler dans les mois qui viennent. Allez mes jaloux, je vous raconterai comment on se sent, ne vous inquiétez pas !
Toujours est-il qu’en attendant, je me pratique sans les skis, sans le harnais et sans la glace… ce qui ne m’empêche pas de faire des tentatives de vol… Je vous rassure une fois de plus, je ne pars jamais seule faire de telles expériences. Mon collègue Denis est tout aussi… fou que moi… Je veux dire fou du vent bien entendu ! C’est vraiment amusant comme sport. Je ris beaucoup… de moi je veux dire. Je suis devenue experte dans l’art de faire du body sand surf sans planche ! Parce que voyez-vous, j’ai découvert que je suis un peu orgueilleuse. En fait, même si le cerf-volant est attaché à mon bras et qu’il est impossible de le perdre… il est hors de question que je lâche ma barre, il est hors de question que je laisse le vent avoir le dessus ! Ça, ça veut dire que si je me fais ramasser par une bourrasque, il y a toutes les chances que je me fasse tirer sur quelques dizaines de mètres, bedaine première, tête devant, bras tendus, cherchant à planter mes pieds dans le sable afin de stopper ma course ! Saviez-vous que le sable peut s’infiltrer vraiment partout ? Moi je le sais maintenant ! En plus d’avoir un plaisir de fou, je m’assure chaque fois une petite séance d’exfoliation totale !
Mais plus sérieusement, j’ai vraiment hâte d’essayer ça avec les skis ou la planche. Je prévois vraiment des protections (tête, genoux, coudes) et aussi, « talkie walkie »… au cas où je me retrouve incapable de revenir à destination.  De belles aventures en perspectives ! Mon deuxième objectif sera de me rendre aux îles en face… Mon premier sera de ne pas me blesser !

C’est ça qui est ça…
Voilà pour cette petite chronique. La vie suit son cours à Umiujaq. Malgré tous mes questionnements, je suis toujours aussi heureuse d’être ici. Le travail va bien même s’il n’est pas parfait (de toute manière juste dans le mot travail, il y a quelque chose d’imparfait!!!), les amis sont gentils, la nature est magnifique, la vie est simple (même si je trouve que je me la complique un peu avec mes deux cours…. Grrrrr…). La saison de hockey va bientôt commencer et cette année nous aurons une vraie équipe!!! Financement à l’horizon pour de nouveaux Jerseys (je serai le numéro 7) et de l’équipement de gardien de but. Un nouveau projet de fou commence à germer dans ma tête. Cirque social, Inuit et communautés autochtones de l’Amérique Latine… Il faut bien rêver un peu quoi! La vie est faite de ces rencontres qui amènent ce genre d’idée. Gen et Rachel merci de me faire rêver et j’espère qu’on se retrouvera dans ce nouveau projet. Mais avant tout engagement du genre, il me tarde d’accueillir nos amis Français à Umiujaq. Cette semaine, j’ai eu une vision du possible! Oui Oui les filles! Je nous ai toutes vues sur le Richmond Gulf, installées dans un hamutiq, avec ce même regard hagard que nous avions Sandra et moi en France en nous disant nous y sommes! J’ai retrouvé mon innocence salvatrice! C’est reparti mes kikis!

Vous n’y croirez peut-être pas, mais il est 15h40… J’ai passé une bonne partie de la journée à écrire. Quel bon moyen d’évasion! Merci à vous tous de me donner le prétexte d’écrire! J’aime tellement ça!!!! Est-ce que je pourrais être payé pour faire ça????? Imaginez le travail parfait pour moi : voyager autour du monde, rester quelques mois à un endroit, faire du bénévolat, prendre des photos, écrire mes récits de voyage et en tirer assez d’argent pour continuer à voyager, rester quelques mois à un endroit, faire du bénévolat, prendre des photos, écrire mes récits de voyage et en tirer assez d’argent pour continuer à voyager, rester quelques mois à un endroit, faire du bénévolat, prendre des photos, écrire mes récits de voyage et en tirer assez d’argent pour continuer à voyager, rester quelques mois… Une roue sans fin quoi! Je vous l’ai dit… Il faut bien rêver un peu!


Sur cette idée farfelue de ce que pourrait être le travail parfait pour moi, je vous dis à la prochaine. Merci encore de me permettre cette porte de sortie pour échapper à mes obligations d’étudiante. J’aurais dû m’inscrire à un certificat en création littéraire!
Dernière question : qui lit le blogue de la Russie???? Et du Chili?

On se voit bientôt!
Vikie XXX