dimanche 21 août 2011

Juin 2010 Dernière chronique 2010-2011


Petites images en vrac…
Un appel inattendu!

Connaissez-vous la chanteuse Reana? Moi je ne la connais pas… mais je connais la petite fille de 4 ans d’Umiujaq qui porte le même nom! Quelques-uns d’entre vous ont rencontré Nellie lors de mon passage au sud. Ma nouvelle amie de 4 ans est la nièce de ma première amie Inuk. Sans trop que je ne sache comment, Reana et moi avons développé un lien d’amitié très fort. Nous nous sommes rencontré un soir de janvier, à l’école, lors d’une activité de volley-ball où j’étais assignée à la vente de pizza (sacré financement pour la France!). Comme son père était du tournoi, donc occupé, la petite s’amusait à passer du gym à l’entrée de l’école. Elle, parlant à peine anglais… Moi, ne parlant pas Inutitut… Nous avons réussi à nous présenter l’une à l’autre et c’est là que tout a commencé! Pendant les quelques heures qu’a duré l’événement, Reana s’est occupé davantage de moi que moi d’elle!

Depuis ce fameux soir,  je crois que nous nous sommes mutuellement révélées l’une à l’autre! Lorsque par bonheur nous nous croisons dans le village, plus rien n’existe autour de nous… Vous devriez entendre la petite voix de cette fillette quand elle crie mon nom lorsqu’elle me reconnaît au loin! Nous nous voyons très peu souvent étant donné qu’elle ne fréquente pas encore l’école (je ne peux attendre à l’année prochaine), mais chaque fois notre lien se renforcit.

Le printemps qui arrive lentement.

La journée même de mon retour à Umiujaq, contente d’être chez moi, confortablement installée dans mon salon à écouter de la musique, la sonnerie du téléphone est venue briser le charme de mon arrivée. Certains d’entre vous connaissent ma fâcheuse manie de ne pas répondre au téléphone… En regardant l’appareil, j’ai hésité quelques secondes pur finalement répondre… Vikie? Vikie? … … Oui, c’est moi. Qui parle? … … Reana??? C’est toi??? … Hihihihi…. Pizza! Pizza! … Comment voulez-vous ne pas craquer pour ça!!!! Mon premier appel de mon amie de 4 ans! Trop mignon!!! Nous avons ri… puis elle a passé le combiné à Nellie (toute la famille habite ensemble) puis celle-ci m’a expliqué que la petite lui avait demandé mon numéro de téléphone! Je peux maintenant dire que j’ai deux amies Inuk!!! 

Comme partout ailleurs, avec l’arrivée du printemps, la neige fond tranquillement à Umiujaq. Comme partout ailleurs, cette fonte des neiges est une occasion rêvée pour refaire sa provision de mitaines, tuques et foulards. Maintenant je comprends pourquoi la plupart des enfants ne portaient pas de tuques cet hiver!



En plus de ces accessoires hivernaux cependant, la fonte des neiges à Umiujaq apporte quelques surprises parfois très surprenantes et aussi un peu tristes… Surprises surprenantes : trois pad de gardien de but et peau de phoque. Surprises tristes : les corps de trois chiens morts gelés… Je me rappelle avoir vu ces trois pauvres bêtes, enfermées dans un enclos exposé au vent de la Baie il y a quelques mois. Sans doute morts depuis longtemps, la neige les a rapidement recouverts et je ne les ai pas revus vivant depuis janvier. Je croyais innocemment que leur propriétaire les avait mis à l’abri…

Faire des choses en cachette à Umiujaq!!!

Difficile de faire des trucs sans être vu par quelqu’un dans une communauté de 350 personnes (je viens d’apprendre que nous n’étions pas 420!!!) Alors là je vais me confesser à vous tous de quelque chose « d’illégal » que j’ai fait par un jeudi matin de mai… Je crois que c’était la semaine après mon retour de Mtl… Vous vous souvenez comment je vous ai dit que les « vacances » dans le sud ne sont pas synonymes de repos pour moi… Et bien, la semaine suivant mon retour, le jeudi vers 8h15, je reçois un appel de Sandra (qui de toutes mes aventures Nordiques… ou presque).
-          Vikie, je le fais ce matin!
-          Tu es certaine Sandra? Ça me tente moi aussi…
-          Imagine tout ce qu’on pourrait faire!
-          Oui, mais… ça ne paraitra pas un peu bizarre?
-          Peut-être… mais ça pourrait être possible!
-          Hummm… je vais y penser jusqu’à 8h40 et je te rappelle!
8h39… Je prends le téléphone et je compose le numéro de l’école… Willie le concierge répond et je lui dis que je vais prendre une journée de maladie! Ben quoi… c’est vrai que je me sens pas en pleine forme. 3 ou 4 profs sont déjà malades depuis quelques jours… Notre absence simultanée à Sandra et à moi devrait passer inaperçue…
8h40… J’appelle Sandra, la conscience tranquille et elle répond en me disant qu’elle a des remords!!!
-          Ben là tu ne peux pas revenir sur ta décision!!! Je viens d’appeler à l’école!
-          OK! Alors??? Comment on s’arrange??
C’est alors que nous commençons à élaborer notre plan : je dois aller la rejoindre chez elle et nous allons cuisiner des tartes et des gâteaux à la citrouille toute la journée pour vendre afin de financer notre échange en France!
Sandra reste à environ 200m de chez moi… mais pour me rendre, je dois presque passer devant l’école…  Je ne dois absolument pas partir durant la récré (je dois éviter élèves et enseignants…), pas trop tôt pour éviter les retardataires, pas trop tard pour éviter la pause de X qui s’installe dans la salle des employés en contemplant et commentant tout ce qui se passe en plein dans la direction que je vais prendre!
Donc, départ à 10h00. Itinéraire : passer derrière la radio et longer les conteneurs (merci les gars de la construction), rejoindre la cour de la garderie, longer de nouveau les conteneurs, puis traverser la rue… en marchant très rapidement… sans regarder à gauche ou à droite!
10h02, me voilà prête à partir, sac à dos au dos! Je révise dans ma tête le chemin que j’emprunterai et je prépare une excuse bidon au cas où je croise quelqu’un… Dîner et souper, quelques bières pour la soirée… car tout le monde le sait… la bière est le meilleur remède au genre de mal qui m’habite!!! Je suis prête… j’ouvre ma porte, je prépare ma clé pour barrer et me voilà partie… le cœur bondissant dans ma poitrine! Il ne faut absolument pas que je croise qui que ce soit… car je suis plus que souriante… je crois que je ris réellement! Dans ma tête, j’entends une de ces chansons tirées tout droit d’un film de James Bond! J’oubliais… j’ai pris soin de mettre des vêtements de camouflage!
Tout c’est finalement bien passé, je n’ai croisé personne et heureusement, avant de partir j’avais pris soin d’appeler Sandra afin de lui demander de s’assurer que sa porte extérieure était bien débarrée!!! OUF! J’avoue que l’histoire aurait été meilleure si j’étais restée prise dehors, devant tout le monde, sans plan d’urgence, à cogner et à rire de la situation ou peut-être à lancer des roches dans la fenêtre… Mais non… je suis simplement entrée, nous avons déjeuné, cuisiné toute la journée, dîné, soupé, joué au toc… relaxé bref!!!! Ce fut une magnifique journée.
Le long weekend de la fête de Dollar = camping pour moi depuis quelques années. Trois jours pour profiter de la nature, trois jours pour s’évader, pour randonner, pour camper. Weekend de la fête de Dollar à Umiujaq : trois jours pour profiter de la nature, trois jours pour s’évader, pour randonner, pour camper… et pour rencontrer un ours!

Trois jours d’évasion à Umiujaq ça veut aussi dire 15 minutes de 4 roues et une seule nuit sous la tente… parce que très froid et un peu épeurant (voir ours plus haut).

Puis la méga bonne nouvelle…

… qui fait allumer une étoile de plus dans les yeux des élèves… roulement de tambour, re-roulement de tambour, re-re-roulement de tambour! Ça y est, le financement pour l’échange en France a été accordé! Ne reste plus que l’argent à rentrer! 10 mois de travail sur les passeports (seulement un en attente, merci Richard), plusieurs soirées et weekend d’activités de financement, plusieurs heures à remplir des dossiers (merci Sandra!).
Maintenant, quand je croise les élèves qui participeront au voyage, nous avons un sourire complice. Je sens que quelque chose s’est allumé chez ces 11 étudiants qui s’arrêtent maintenant plus souvent à la porte de mon bureau. En septembre prochain, nous prendrons la route pour Longueville sur Scie (Nord de la France)! En plus des étoiles, je commence à voir de la fierté dans le regard de certains. N que j’ai croisé hier dans la rue devant chez moi m’a présenté un de ses amis venant d’un autre village. L’ami en question lui a demandé si j ‘étais son enseignante, puis N a répondu fièrement que non, mais que nous allions en France ensemble l’année prochaine! Je vous laisse imaginer la petite étoile qui s’est allumée dans mes yeux…

Salluit!
10h15, mercredi matin. Je suis dans la classe de Anne-Nathalie. Nous venons de faire l’évaluation orale des élèves de 5e et 6e année français. Les élèves sont partis, mais une d’entre elles a refusé de faire la présentation orale. Elle a pourtant fait deux fois la pratique dans mon bureau les jours précédents. Il y a des journées comme ça pour J où tout va très mal et où rien ne sort de sa bouche… Ça tombe juste pas bien pour ce jour d’examen! Nous décidons donc de prendre la grille d’évaluation et je repasse en mémoire les deux périodes que j’ai passé à pratiquer avec les élèves de 6e année. Ça fera un point de départ pour Anne-Nathalie qui se réessayera dans l’après-midi avec J.
Nous sommes donc en pleine discussion lorsque la directrice cogne à la porte et demande à me parler. Elle excuse son interruption en me disant qu’elle a quelque chose de drôle à me demander… Un peu méfiante, je me dirige vers le corridor où elle m’attend avec l’enseignante de mes élèves de photographie (M et J). Elles échangent des sourires et finissent par me demander en combien de temps je peux faire mes bagages pour aller passer une semaine à Salluit??!!! Depuis le début de l’année, les élèves de Darlene ont travaillé sur ce projet d’aller visiter une autre classe de cette communauté. Le départ est prévu pour 12h30, le check-in à l’aéroport pour 11h00… Un accompagnateur a du annuler à la dernière minute… et me voilà dans le corridor de l’école à me demander en combien de temps je peux faire mes valises? 30 minutes est ma réponse (j’aurais sûrement pu aller plus vite, mais j’ai eu un problème de lacets!).
Chanceuse vous dites??? Mets-en je dirai! Deuxième voyage Nunavikien (rappelez-vous le tournoi de hockey) pour mois en un an! Salluit est un des villages les plus au nord, situé dans le détroit de l’Hudson. Il est entouré de montagne, le soleil ne s’y couche presque plus, il y a des voitures qui roulent sur la banquise, deux écoles et beaucoup trop de monde! Mais ce fut une belle semaine fatigante! La classe de Darlene (genre de cheminement particulier) compte habituellement 4 élèves, mais pour le voyage, ils ont invité 2 futurs étudiants pour l’an prochain… S et P ont fréquenté l’école jusqu’à Noël et ne se sont jamais représentés par la suite… Tous deux, ils faisaient partie de la classe de français, tous deux ils faisaient partie du projet pour la France. P est cet élève qui m’avait donné une petite frousse il y a quelques mois.
6 élèves. 5 fumeurs. 5 ados qui deviennent un peu désagréables s’ils sont en manque. Ces jeunes n’ont pas de boulot… je me demande comment ils font pour se procurer tout ça… Darlene m’explique que les parents subviennent généralement à ces « besoins » pas primaires du tout.
7 jours passés un peu sur la sellette, à me demander quand une catastrophe arrivera… 24 heures sur 24 avec ces élèves (nous avons tous habité la même maison)… qui finalement, malgré quelques mauvaises humeurs passagères dues au manque de nicotine, se sont bien comportés. P m’a particulièrement impressionné. J’ai découvert un petit garçon serviable et gentil derrière ce regard dilué. Me voilà avec 7 sourires complices de plus à échanger à l’école, à la coop, au pique-nique de fin d’année… Est-ce que je vous l’ai déjà dit que je suis trop chanceuse moi dans la vie?

Puis le dernier weekend à Umi…
Saviez-vous qu’un chien, ça peut tomber dans une crevasse? Halak lui le peut. Il suffit de lui montrer un écureuil (oui oui, il y a maintenant des écureuils au nord du 55e parallèle, sans doute arrivés par conteneurs avec le matériel de construction). Donc, un écureuil, un cap de roches, une crevasse de peut-être 3 pieds et une course folle! Sandra et moi on le regarde courir, on le perd de vue, Sandra s’inquiète, je la rassure en lui disant que s’il était tombé dans un trou Halak gémirait (mais qu’est-ce qu’elle connaît au chien cette Vikie vous direz-vous? En plus elle ne les aime même pas!!!), puis nous attendons quelques minutes. Halak ne revient pas… Je me décide à l’appeler… il se décide à gémir, nous nous décidons à courir. Un chien disparu, un cap de roche et une crevasse de peut-être 3 pieds… Ben non!!! Je ne suis pas tombée dans une crevasse voyons!!!! Mais Halak lui oui!!! Il n’a pas gémi parce qu’il a sans doute été trop surpris, coincé entre deux parois rocheuses, mais heureusement accessibles! Nous l’avons retrouvé, nous l’avons aidé à sortir et il s’est remis à courir! OUF! Je me serais sentie mal de ramener Halak blessé à Paul!


Samedi, pique-nique communautaire devant chez moi :O) Tout le village se retrouve sur la plage, des feux sont allumés un peu partout. Du thé, de la banik (sorte de pain inuit), des hot dog, du poisson, du caribou, des œufs de mouette, du phoque… cru et … sanglant! Reana me trouve dans la foule et m’amène autour du feu avec sa famille. Nellie (la troisième prof qui vient en France avec nous) m’amène ensuite vers ce bac bleu et me demande si je veux gouter? Premier coup d’œil à l’intérieur… Surprise. À travers la chair et le sang, j’aperçois un museau à la base duquel deux yeux ronds me regardent… Fuck! C’est un phoque! Et pas cuit du tout, je dirais même plutôt cru (la vérité toute crue comme dirait Fred). À l’aide de son uluk (couteau inuit réserver aux femmes), Nellie me tranche un morceau et me le tend! C’est dans ce genre de moment qu’il faut savoir faire abstraction de certaines choses (entendre les deux yeux bien ronds qui me regardent du fond de la caisse). Et d’une expérience Inuit de plus! Et d’un après-midi de plus passé à juste apprécier le moment en compagnie de tous ces gens que je côtoie depuis maintenant 10 mois.  

Et puis la (excusez les accents... je suis dans un café internet de l<Inde avec un clavier que je n'ai pas envie de trop explorer...), je terminerai cette dernière chronique 2010-2011 un peu abruptement... car avec la fin de l’année scolaire, le passage a Montréal et le départ pour le voyage en Inde... je n'ai pas pris le temps de mieux la terminer... 

Je vous souhaite donc un bon été, même si celui-ci est déjà bien entame! Pour me part, je suis présentement assise dans un café internet de Dalhousie (une petite ville au nord de l'Inde qui est fort sympathique!), car il pleut aujourd’hui! Il y a déjà des chroniques en construction pour ce voyage qui a débuté il y a à peine 10 jours! Je vous enverrai quelques images de l’Inde dès mon retour à Umiujaq :O) 

À bientôt, profitez de l’été et de la vie :O)


Mai 2011 Pot-Pourri avant d'arriver!


Du nord…

Mardi soir… mardi soir… coudonc… il me semble que d’habitude j’ai quelque chose à faire le mardi soir… Ha, voilà! Le mardi soir, depuis le mois de janvier, je vais jouer au hockey à l’aréna! Mais là… ce soir… la patinoire est fermée :O(  La saison de hockey est bel et bien terminée! Et là, je me sens plus que perdue! Tiens, je vais prendre une marche jusqu’à l’autre bout du village afin de m’assurer que ce n’est pas un des élèves qui m’a fait une mauvaise blague! Je marche pendant ces longues 9 minutes qui me séparent de mon but et le soleil me chauffe de ses rayons impertinents! Ciel qu’il fait chaud! C’est avec peu de conviction que je tente d’ouvrir la porte de l’aréna… qui est effectivement barrée! Voilà ça y est…la glace est en train de fondre à l’intérieur. Notre belle patinoire réfrigérée pas encore réfrigérée, car les gens qui ont rénové l’aréna ont oublié de vérifier la quantité de pouvoir nécessaire en électricité pour faire fonctionner le tout… Les installations d’Hydro-Québec ne pourraient pas supporter une telle demande… et là je me dis que je pourrais peut-être faire le tour du village pour demander à chaque habitant de passer quelques soirées sans électricité… Quoi, une soixantaine de maisons ça se fait bien!  Je commence donc ma tournée par Angela et Bobby, deux enseignants amateurs de hockey comme moi, qui pourraient m’aider avec la tournée du village. … … … Bon! Ils arrivent à me raisonner… Ils me promettent une partie de street hockey… Et Angela finit par m’inviter pour la soirée. 

Mardi soir… Ma soirée de hockey vient de se faire remplacer par une soirée de couture!!!

Une chance pour moi, il y a une partie à la télé! Je commence donc à coudre mes mitaines de cuir en bougonnant un peu et avec beaucoup de difficulté. Mon attention est inévitablement attirée par l’écran!!! C’est la première partie que j’écoute depuis que je joue moi-même au hockey! Au grand damne de Bobby et Martyn, je me transforme subitement en commentatrice! Et voilà! Quelle défense pourrie! Mais voyons donc, ils sont où les défenseurs? Comment ça qu’ils font des passes par le centre? Ça y’est, Price a abandonné! Il laisse tout passer! Mais qu’est-ce qu’ils attendent pour le remplacer le pauvre???

Outch!!!! Ouille!!!! Bordel! Ça fait mal une aiguille dans le doigt!  Ok. Je me concentre un peu! Non! Ce n’est pas vrai! Je dois défaire mes derniers points de couture. Trois points faits, deux points à défaire… Quatre points refaits, trois points à redéfaire! Finalement… ça va mal coudre en regardant la télé!!!!  Enfin, la deuxième période se termine. Je me calme un peu et finis par me concentrer sur mes doigts et mon aiguille. Bon! Voilà! Ça va mieux comme ça (heureusement que je n’ai plus de bière…). C’est parti, je suis sur la bonne voie! Mon rythme se fait plus régulier, j’arrête de défaire mes points et je ne me pique plus les doigts! Je commence même à aimer ça!!!!  Je délaisse un peu la télé, n’y porte que très peu d’intérêt lorsque la dernière période recommence et je termine finalement l’intérieur de ma mitaine gauche!  Le passage s’amorce. J’accepte tranquillement de troquer mes patins pour une aiguille…  Et tout en poursuivant ma couture… je m’imagine secrètement jouant au hockey sur la patinoire du centre Bell!!!!

Puis le printemps qui s’installe avec le soleil qui se couche de plus en plus tard, m’emportant dans la foulée!  À 20h00, il fait encore clair ici. Les lueurs restent accrochées dans le ciel jusqu’à au moins 21h00 (tu sais Sophie l’heure du ciel bleu). Les gens sortent des maisons, les rues sont pleines d’enfants, les vélos envahissent le village et les petits oiseaux annonciateurs du printemps sont arrivés.  Par un samedi après-midi, à défaut de bière (et aussi parce que même si on en avait on ne ferait pas ce genre de chose), nous nous installons sur un balcon, tasse de café légèrement aromatisé à la crème glacée et au Bailey’s en main et nous profitons du soleil. Quelques instants suffisent pour attirer 2 ou 3 enfants. Sans nous consulter, Sandra et moi nous mettons à chanter pour nous amuser… et aussi en espérant faire fuir D, D et A… qui insistent pour goûter à notre crème glacée!!! Quelques chansons plus tard, ce n’est plus quelques marmillons qui nous entourent, mais toute une marmaille qui s’accumule autour de nous! Notre répertoire terminé, Sandra et moi décidons d’aller magasiner du bois au Canadien Tire afin de faire un feu sur la plage pour griller quelques guimauves au soleil couchant!
… Belle journée de printemps!


Une journée de pêche sur le Richmond Gulf avec la communauté…
Samedi dernier, un concours de pêche est organisé à Umiujaq. Départ prévu à 7h00 AM et environ 1h30 de motoneige à faire avant d’arriver à destination. Très peu d’allunat (de blanc) participe à ces événements. Un coup de téléphone au bureau municipal et 5 permis de pêche d’une journée plus tard, Angela, Bobby, Sandra, Martyn et moi nous embarquons pour une folle virée en hamutik (boîte de bois pas faite pour le confort accrochée derrière les ski-doos servant essentiellement à transporter des choses et non des humains)!

Donc, rendez-vous à 7h00 chez Lucassie. Vêtements chauds (ultra chaud), cannes à pêche et nourriture. Nous nous retrouvons tous un peu endormis… mais nous sommes là! Nous tentons d’organiser nos boîtes de bois avec quelques peaux de caribous, des VFI et des couvertures question de rendre la promenade plus «confortable ».  Le village est animé pour un samedi matin! Des dizaines de ski-doos passent devant la maison.  Les gens se regroupent en face de la COOP. On dirait que le village va se vider pour la journée!
Fin prêt (presque une heure plus tard..), nous formons deux équipes de voyage : Martyn (notre conducteur qui a travaillé toute la nuit et qui est donc sans sommeil depuis 24 heures mais qui est le plus expérimenté) prend place sur notre bolide et Sandra et moi nous installons dans la boîte.  Lucassie et Darlene prennent place sur le deuxième ski-doo pendant qu’Angela et Bobby s’installent dans la boîte.  Nous sommes prêts!

Martyn, Sandra et moi échangeons quelques mots, Martyn démarre. 20 secondes… peut-être 45… Nous nous retournons et ne voyons plus Lucassie! Hein? Où est-il passé?? Heu… OK… Il a dû partir vers la Baie parce que trop compliqué de se retourner avec un long hamutik dans la rue. Martyn prend le chemin de la COOP… qui est à 50 mètres… Pas de Lucassie. Sandra et moi debout dans la boîte regardons de tous les côtés. Il ne reste plus personnes devant la COOP. Tout le village est parti (ok… presque tout le village)! Du coin de l’œil (parce que saviez-vous qu’il y avait un coin dans votre œil vous?), Martyn aperçoit la deuxième équipe au loin… bon bon bon… au loin me direz-vous? Dans un si petit village? Ici, le loin c’est l’autre bout du village (8 minutes de marche vous vous rappelez? Et peut-être 1 minute de ski-doo). Demi-tour et la chasse commence… Mais les forces sont inégales… Le temps d’aller rejoindre le loin… le loin a disparu! Aucune trace de Lucassie donc retour vers la COOP. 1 ou 2 ski-doos nous dépassent avec des passagers tous souriants. Je commence à franchement rire, car je m’imagine vous racontant que nous avons réussi ce tour de force… soit celui de perdre 4 personnes, un ski-doo et un hamutik… dans un village de… 5 rues!!!! Même à trois têtes… nous n’arrivons pas vraiment à aligner nos idées. Nous quittons donc le village, ayant une vague idée de la route à prendre. Rendu à la dump, croyant retrouver Lucassie nous attendant… nous ne trouvons rien si ce n’est qu’une horde de corbeaux mangeurs de vidanges.
Bon, il faut prendre une décision!!! Nous choisissons d’attendre sans bouger pendant 10 minutes… Peut-être que Lucassie nous chercher dans le village de 5 rues… Puis s’il a continué, d’ici 10 minutes… il devrait bien se rendre compte que nous ne sommes pas derrière… Donc, 10 minutes d’attente, voilà le temps fixé, sans montre ni sablier pour compter les minutes qui s’écoulent! S’ensuit toute une discussion autour de combien ça prend de temps pour dire cela et cela dit ça doit bien faire 3 minutes que nous attendons, mais le temps de répéter ce que nous avons dit et de calculer le nombre de minutes écoulées… nous sommes complètement perdus (c’est le cas de le dire). Je crois que nous avons attendu quelques minutes de plus… Puis finalement, comme une bande d’allunat pas débrouillard du tout, nous avons souri et surtout rougi à la vue de Lucassie qui revenait sur ses pas, après avoir décroché son hamutik pour aller plus vite. Sandra et moi nous aplatissons le plus possible dans la boîte, Martyn démarre en gardant un visuel sur notre escorte et c’est parti pour notre deuxième départ! (Une semaine plus tard, nous ne savons toujours pas ce qui s’est produit… comment nous avons pu réaliser cet exploit… nous avons choisi de faire comme si rien n’était arrivé parce que trop gêné!)

Faire une ride de ski-doo dans un hamutik… c’est drôle sur le coup… mais difficile sur le coup le lendemain! Rodeo ride je devrais dire. Parfois nous volons, parfois nous rebondissons, parfois nous nous cognons, mais inévitablement nous rions! La tempête de neige provoquée par notre bolide nous recouvre tranquillement : nous, nos sacs, nos lunettes de ski et mon appareil photo! Martyn fait un travail d’enfer, il s’excuse presque pour chaque bosse (ou il vérifie simplement que nous sommes toujours assises dans le ski-doo et que nous n’avons pas passé par dessus bord!).

Sur le chemin vers le Richmond, nous arrivons entre ces deux montagnes où les lagopèdes se tiennent… Pauvres petits oiseaux tout mignons, tout blancs, tout ronds… et aussi tout con!!! Lucassie s’arrête sur le côté, épaule sa carabine et prend son temps pour tuer notre dîner! 4 lagopèdes plus tard, nous reprenons la route. Maintenant je sais comment finir de tuer un oiseau qui vient d’être tiré, mais qui n’est pas tout à fait mort…

Vrrrrrmmmmmm…… Vrrrrrrrmmmmmm……. Vrrrrrmmmmm…… On roule on roule on roule… Nous arrivons enfin aux abords du Richmond Gulf et là je réalise… nous allons embarquer sur l’eau!!!!! Non!!!!!! Je me rappelle Mark qui est passé à travers la glace!!! Je commence donc à réviser mentalement les techniques de survie en eau glacée!!! … … … Mais non… J’exagère!!! Lucassie ne nous mettrait jamais dans une situation dangereuse, il est « Ranger » après tout (il s’occupe de secourir les gens  qui sont en difficulté). Puis je me laisse rapidement conquérir par toute la beauté de ce nouveau paysage. Je suis tout émue à la vue de ces montagnes qui se dressent autour de moi. Des arbres commencent à apparaître aussi! Je suis vraiment chanceuse d’être là et de voir tout ça!

Au détour d’une île, nous rejoignons un groupe qui prend une petite pause de mi-parcours. 5 ou 6 ski-doos, une quinzaine de personnes, tellement de sourires et des yeux moqueurs lorsque les gens nous reconnaissent (je rirais sûrement aussi de me voir débarquer d’un hamutik car je dois arborer un sourire trop niais et mes yeux doivent être trop brillants de bonheur!!! )! Ça devrait être ça la vraie vie!!!!!

Bon, retour aux choses sérieuses! Sandra et moi rembarquons avant tout le monde dans notre boîte… car nous ne voulons pas manquer le départ!!!! Le reste du voyage se passe doucement… entre les bosses et la neige qui nous enterre. Une fois de plus, Sandra et moi reconstruisons le monde (Sophie, tu te rappelles de ta philo McDo? Et bien Sandra et moi faisons de la philo hamutik!)… et qu’est-ce qu’il est beau et simple le monde que nous bâtissons!!!!

Nous atteignons enfin notre but, là où le Richmond se rétrécit un peu, à l’embouchure d’une rivière. Je croyais que la chose sérieuse était le tour en hamutik… mais je me trompais! C’est une fois débarqué de notre engin que les choses prennent forme pour nous… Pour pêcher sur la glace, vous ne serez pas surpris que je vous apprenne qu’il faut creuser un trou d’abord… He bien, imaginez-vous donc que je n’avais pas du tout pensé à ce détail moi… Bon, heureusement, Lucassie en vrai Inuk a pensé à amener une tige de métal dentée. Le travail commence donc! Lucassie donne quelques coups de tige et « pouf », on peut apercevoir l’eau arriver dans le trou. Il passe ensuite l’outil à Bobby, qui en quelques coups voit également l’eau remplir le trou qu’il commence à creuser. Vient finalement notre tour. Sandra, Martyn et moi sommes motivés à creuser trois trous, un pour chacun de nous! Comme nous sommes arrivés un peu en retard sur la rivière, nous sommes seuls. Tous les gens sont partis un peu à l’écart, sur la terre, pour avoir un gros déjeuner. On peut cependant voir ici et là qu’il y a quelques trous qui ont déjà été faits.

Donc, donc, donc. Martyn commence à creuser. Il creuse… Il creuse… Il creuse… et passe la tige à Sandra pour qu’elle continue… Puis… elle continue… Elle continue… Elle continue… et me passe la tige pour que je poursuive. Puis… je poursuis… Je poursuis… Je poursuis… Pour finalement repasser la tige à Martyn… Une heure plus tard… toujours pas d’eau dans notre trou!!! La tige doit bien faire 4 pieds… On est à la veille de la perdre au fond de l’immense crevasse que nous sommes en train de faire! Un peu découragés, nous sommes à deux doigts de laisser tomber pour aller rejoindre les gens du village au picnic. Mais finalement, le dernier coup du découragement fait monter l’eau dans notre… piscine! On est fou comme de la m…! On crie, on rit, puis on embarque  sur notre ski-doo.

Wow… il y a plein de monde rassemblé en petits groupes autour de feux. Nous sommes définitivement les derniers. L’image formée par ces gens est magnifique une fois de plus. Je les regarde de loin, gênée de m’immiscer dans ce tableau. Tranquillement, je reconnais quelques visages. Déjà, quelques équipes se redirigent vers la rivière. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un concours. J’entends au loin un Inuk lancer le coup d’envoi. Les motoneiges s’alignent pour quitter la scène.
Lorsque nous rejoignons à notre tour notre « camp » de base, nous avons déjà oublié tous les efforts qu’il nous a fallu pour creuser notre premier trou. Nous commençons donc le deuxième avec une sorte d’innocence! … Rapidement la mémoire nous revient… Nous avons vraiment choisi le mauvais endroit pour creuser je crois!!! 10 minutes… 20 minutes… 40 minutes… 1 heure… Pendant que nous nous passons la tige de métal… les gens autour de nous creusent DES trous avec une sorte de drill. Bizzzzttt et 15 secondes plus tard on voit les gens installer leur ligne à pêche! Je crois que nous avons donné un bon spectacle… Nous sommes effectivement dans les rares à travailler à la main!  Moi qui étais un peu inquiète de rester sur la glace toute la journée, je suis plus que rassurée avec les 4 pieds de trous que nous sommes en train de creuser! Deux trous, voilà ce que nous avons finalement creusé… pendant que tout le monde attrapait des poissons autour de nous… Maintenant, je peux dire avec beaucoup de conviction que la pêche est un sport!

De l’eau dans nos deux trous, les cannes à pêche installées, de la peau de poulet appâtée… Quelques minutes… quelques dizaines de minutes… Je commence à être sceptique… Je prends notre fameuse tige de métal et j’explore la paroi de glace de notre trou jusqu’au fond… Glace, glace, glace, glace, glace, sable!!!!! Heu… Voyons??? Il est où l’espace pour le poisson??? Bordel, je crois qu’on a creusé notre trou… nos deux trous… sur un haut fond!!!! Ceci expliquerait donc cela… Malgré les deux heures d’efforts partagés avec Sandra et Martyn, je décide de déserter notre « spot »! Bobby et Angela sont installés un peu plus loin et Bobby… « n’aime » pas le poisson (entendre qu’il ne veut pas pêcher car il a peur de toucher à la bête) donc il m’offre d’utiliser son espace. Vous vous rappelez peut-être de Bobby, l’ami qui avait dit à mon body marche qu’il n’avait pas besoin de courir vite s’il rencontrait un ours étant donné que l’ours m’attraperait en premier! J’accepte donc son offre et je m’assure de bien taquiner Bobby en même temps que le poisson!

Whoua! Hahaha! Whoua! Ça mord!!!!! Hihihi! Whoua! (Ajoutez à l’image sonore quelques pas de danse et le tableau sera presque complet!) Il est trop gros ce poisson! Ok Ok OK Qu’est-ce que je dois faire maintenant????? Ha oui! Retirer l’hameçon. Mais qu’est-ce qu’elle est grande la gueule de cette truite!!!! Hey, je n’ai même pas perdu la peau de poulet! Hein? Je crois que mon poisson a des dents!!!! Bon! Angela vient superviser mon déshameçonnage. Ha! C’est donc bien gluant… et glissant. Surtout, ne pas laisser ma truite retourner dans le trou! Voilà! Premier gigantesque poisson attrapé! Je ris, je ris, je ris… et là quelqu’un me dit qu’il faut la tuer maintenant ma belle grosse prise! Hein? Comment? Quoi? Un coup de bâton sur la tête? Ok Ok Ok Je peux le faire… Mais mon poisson me regarde droit dans les yeux… Je commence à balbutier des excuses… Une Inuk installée pas très loin me rassure en me disant que les poissons n’ont pas d’âme. Elle me convainc donc et j’assène un coup sur le crâne de l’énorme bestiole. J’entends une sorte de bruit de bois qui cogne contre le… bois. Toq! Bordel… Elle me regarde encore,  elle est bien vivante et elle se tortille! On me confirme qu’il faut frapper plus fort… Ok Ok Ok… je prends mon courage (et mon bâton) à deux mains, je ferme les yeux et je frappe avec plus de conviction… mais pas assez… Je cogne encore tout en m’excusant. Les yeux toujours fermés, j’entends les gens rire autour de moi… Bien décidée à faire cesser la souffrance de ma truite, je me lance dans une série de coups et je perds un peu le contact avec la réalité. Je veux être certaine de bien la tuer! Après quelques coups, Martyn me confirme que le travail est terminé! Ouf! Que je me sens mal… mais qu’est-ce que je ne sens fier de moi!!!! Et le repas du soir qui est attrapé! Wow, Ordralphabétix peut aller se rhabiller! Ça ce sera du poisson frais! Et là, les têtes se lèvent, les félicitations commencent, les exclamations se font entendre! 20 pouces de truite je crois que c’est gros!!!!
Puis la journée se continue doucement. Angela attrape trois poissons, Sandra un, Martyn zéro… Et moi… juste à 5 minutes du départ… Un autre mastodonte s’accroche à ma ligne! 19 pouces et demi!!! Et cette fois, la mise à mort se fait beaucoup plus rapidement.

Tranquillement, je vois les gens qui se préparent à partir. On remplit les hamutik, on emballe les poissons, on remet les vêtements chauds, les lunettes de ski. Nous sommes tous prêts, moins inquiets de suivre Lucassie car nous connaissons maintenant le chemin, mais tout de même soucieux de le garder à portée de vue. La route du retour est toujours aussi magnifique. La journée nous a tous remplis de fatigue, mais nous sommes heureux! La neige a fondu un peu partout. On peut commencer à apercevoir le lichen et la roche. Quelques flaques d’eau se sont formées à la surface de l’épaisse glace qui commence à fondre. Après mon deux heures de creusage, je ne m’inquiète plus pour la solidité de la glace!

Le retour est plus silencieux. Sandra et moi avons terminé de refaire le monde. Tout est maintenant parfait à nos yeux (et nous sommes un peu fatiguées!!!) ! J’aimerais que le retour s’étire. J’aimerais profiter davantage de la grandeur de ce paysage. Même si mon corps se meurtrit un peu plus à chaque mètre que nous parcourons, je voudrais figer le temps sur cet instant. Vrrrmmmm….. Vrrrmmmmm…. Vrrrmmmm….  Nous nous rapprochons des abords du Richmond Gulf. Juste au moment où je me remplis les yeux et l’âme de cet endroit que je vois rarement, notre ski-doo ralentit. Martyn est vraiment un excellent conducteur! Il a senti mon désir de m’accrocher à ce paysage! De ralenti, nous passons à complètement arrêtés… Martyn débarque du ski-doo et se met à faire des signes et à appeler Lucassie… Sandra et moi on se regarde, on débarque rapidement de notre boîte et on fait les mêmes signes que Martyn! Sans plus de mots, nous comprenons que nous n’avons plus de gaz… et nous voyons Lucassie partir au loin… Rires timides… C’est drôle, mais nous sommes tout de même arrêtés au milieu de nulle part! La glace semble solide sous nos pieds, nous avons du poisson cru à manger, il fait encore jour et surtout pas trop froid! On ne s’inquiète pas trop, car on se dit que Lucassie se rendra bien compte de notre absence à un moment ou à un autre.

En attendant son retour, nous préparons des balles de neige, car nous avons la ferme intention de bombarder notre guide pour avoir oublié de remplir le réservoir à essence. Après 5 minutes, nous avons un bon nombre de boules prêtes!!! Devant nous, Lucassie file toujours vers le village. Derrière nous, nous apercevons un ski-doo qui s’en vient… Les gens nous rejoignent rapidement et ils arrêtent. Après nos explications, nous leur demandons d’avertir Lucassie de venir nous retrouver. Pas  de problèmes! Ils repartent et nous sommes confiants. Quelques minutes plus tard, un deuxième ski-doo s’arrête (mais ce n’est toujours pas Lucassie). C’est Mike. Il nous offre du gaz, mais nous refusons… Lucassie vient de faire demi-tour au loin et il nous donnera l’essence qu’il nous faut. Ok! Mike repart. Un troisième ski-doo arrive… Même blabla… Lucassie est presque là pour nous secourir! Les deux ski-doos se croisent presque devant nous. Lorsqu’il est à notre portée, nous bombardons gentiment (pas trop, car on ne veut pas qu’il reparte sans nous donner du gaz) Lucassie pour lui souhaiter la bienvenue! Il s’immobilise à nos côtés, nous lui expliquons la situation et il débarque de son super bolide. Il se dirige vers son hamutik pour aller chercher le bidon d’essence. Mais? Mais pourquoi vient-il voir dans notre hamutik? Il veut nous voler des boules de neige peut-être? Hein? Il prend nos sacs et nos poissons? Un coup d’œil dans le hamutik de nos partenaires de voyage et nous comprenons une fois de plus ce qui se dessine… Il n’y a pas de bidon rouge!!!! Lucassie le SPR (Super Power Ranger) est parti sans réserve de gaz! Et c’est là qu’on commence à se trouver unpeupasmal con d’avoir refusé de l’essence quelques minutes plus tôt… Sacrés allunat! Lucassie se prépare donc à abandonner notre véhicule, trop orgueilleux pour arrêter les trois ski-doos qui nous dépassent. Sandra et moi, pas du tout orgueilleuses et trouvant l’abandon un peu trop plate, nous nous installons sur la piste avec la ferme intention de stopper la prochaine personne qui passe. Finalement, quelqu’un s’arrête un bidon rouge accroché au hamutik. Quelques échanges (que nous ne comprenons pas cette fois) plus tard, Lucassie « remplit » notre réservoir… (Bien qu’en Inuttitut, je crois que la conversation était du genre… nous n’avons pas vraiment de gaz, notre bidon est vide, ça ne sert à rien de regarder…) Finalement… Il restait bien quelques ml d’essence!!!

Et nous voilà repartis, laissant tous nos effets dans le hamutik de Lucassie… question d’être plus légers… question de peut-être nous rendre jusqu’au village avec nos quelques goutes de gaz! Non sans demander à notre SPR de jeter un coup d’œil dans ses rétroviseurs afin de s’assurer que nous sommes toujours là, Sandra, Martyn et moi reprenons la route. Mentalement je me fixe comme premier objectif l’atteinte de la terre ferme… De là, je sais qu’au bout de quelques heures de marche (peut-être trois), nous pourrons atteindre le village! Moi qui voulais étirer cette journée…

Juste avant de quitter la surface du lac, je prends une photo avec mes yeux question d’imprimer cette image dans ma tête. J’espère silencieusement revenir explorer ces lieux en canot dès que la glace sera fondue (et que j’aurai un canot… détail!!!). Nous nous rapprochons inévitablement de notre but. Le sol enneigé et inégal de la terre se fait sentir sous notre boîte. Nous perdons tranquillement SPR de vue… mais nous le retrouvons finalement en haut de la première côte. Quelques équipes de pêcheurs sont également en pause… ceux-là mêmes de qui nous avons refusé l’aide quelques dizaines de minutes plus tôt. Les Inuit sont toujours très souriants… mais là… il y a un petit quelque chose de différent… je dirais peut-être que leurs sourires sont… comment dire… moqueurs! Je les entends presque se dire : tien tien… voilà enfin ces sacrés allunat! Un des ski-doos ne fonctionne plus… Impossible de le réparer sur le champ, les passagers se séparent et embarquent dans différents hamutik. Tout le monde est prêt, tout le monde repart. Nous restons à l’arrière, car nous sommes les plus lents… question d’économiser notre liquide de survie. Martyn démarre le ski-doo. Sous le bruit du moteur, Sandra et moi décidons de ne pas embarquer immédiatement dans le hamutik pour donner une chance à notre engin de rejoindre la piste plus facilement… Notre conducteur avance tranquillement et nous poussons même la boîte pour aider (on se croirait aux Olympiques en pleine course de Bobsleigh) notre cause. Une fois sur la piste… Martyn enfonce l’accélérateur… Hey… Il ne sait pas que nous ne sommes pas embarquées!!!!!!! HEY!!!!! HEY!!!!! HEY!!!!! Puis nous courrons derrière le ski-doo qui s’éloigne définitivement!!!!
Encore à portée de vue, Martyn s’arrête et réalise notre absence. Difficile de courir en se tordant de rire et en enfonçant systématiquement dans la neige, mais nous le rejoignons enfin. OK… Nous sommes tous très fatigués. Martyn encore plus que nous. Un autre de ces curatifs fous rires qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. J’adore ces moments privilégiés où la complicité du silence réunit les gens dans le simple plaisir de rire.
Martyn, Sandra et moi raconterons sûrement cette journée plusieurs fois dans les prochaines années et nous nous retrouverons au détour de ces pensées. Merci la vie que je vous dis, car ce sont ces moments simples et inattendus qui la rendent si appréciable!

Cette incroyable journée remplie de rebondissements s’est finalement terminée par un excellent souper (Je vous laisse deviner ce que nous avons mangé!!!!). À 21h00, Martyn dormait sur le fauteuil et je retournais chez moi pour rejoindre mon lit.

… au Sud!

Et de mon passage au sud… Parce qu’il s’est agi d’un rapide passage (8 jours si on ne compte pas les jours de déplacement)… Dentiste, vaccins, optométriste, préparation pour l’Inde, Québec, cargo, rencontre avec la mère biologique d’un élève… et micro! Trop de trop pour moi, mais tout de même le plaisir d’avoir vu quelques-uns d’entre vous. Je ferai mieux la prochaine fois… c'est-à-dire en décembre!!!! En effet… mon été montréalais sera des plus court cette année… 3 jours en juin et 2 jours en août…

Un dernier clin d’œil nordique avant de vous dire à la prochaine…

Lundi 25 avril jour du départ pour le retour! 6h45, j’embarque dans le taxi pour l’aéroport. Fatiguée de cette semaine remplie, je regarde la route défiler sous mes yeux et je tombe presque endormie. C’est fou ce qu’on s’habitue vite à certaines choses. Il n’y a pas si longtemps, l’aéroport représentait un lieu mystique pour moi. Depuis le mois d’août, j’ai pris l’avion 7 fois!!!! L’aéroport prend maintenant une allure de gare d’autobus! Mais j’adore ces lieux de transition, suspendus dans le temps et l’espace. L’attente vers l’ailleurs, le départ pour certains et le retour pour d’autres (j’avoue que perso, je commence à être un peu perdu face à cet aspect… est-ce que je retourne chez moi ou est-ce que je pars pour le nord??? Mais j’avoue que ça aussi j’aime ça!!!! Est-ce que je vous l’ai déjà dit que je croyais être une nomade sédentaire???).

Toujours est-il qu’après les formalités d’usages (enregistrement des bagages et café), je retrouve une partie de ma bande de joyeux lurons nordiques à la porte de départ devenue habituelle. 8h00, l’avion est à l’heure!!! Wow! Nous embarquons ET nous décollons!!! Assise derrière Josée et Marie-Lisa, je leur dis à la blague que j’aimerais bien « overshooter » (en français : ne pas atterrir à Umiujaq et continuer la route vers le Nord pour finalement dormir dans un hôtel et revenir le lendemain!). Josée me regarde avec de gros yeux et Marie-Lisa (du haut de ses 6 ans) fait la même chose!


Eh bien… nous sommes partis de Mtl lundi à 8h00 du matin et nous sommes arrivés à Umiujaq… mardi à 13h00!!!! Une fois de plus… mon vœu a été exhaussé!!! Le plus drôle c’est que j’ai bien aimé l’expérience. Attente dans différents aéroports, vol vers le Nord, vol vers le Sud (nous avons failli revenir dormir à Mtl!!!) et dodo à Kuujjarapiq! Une longue journée à juste jaser, à faire des blagues avec l’hôtesse de l’air, à rêver tout haut avec Alain et José, à regarder des photos avec J et H, à prendre quelques bières secrètement dans ma chambre avec Anne-Nathalie et Denis, à boire un petit café avec un recenseur sympathique… Bref… je me suis reposée à souhait, car je n’avais rien d’autre à faire que de tuer le temps pour le regarder mourir lentement!

Avril 2011 Hou là là!


Hou là là! Saviez-vous que le hockey ça peut faire mal parfois? Surtout quand le coach est un petit surdoué de 13 ans qui se fait un malin plaisir à faire souffrir une vieille prof de son école! Cata! Il a bien failli me tuer celui-là! Heureusement que ce n’est pas un de mes élèves, car j’aurais bien pu imaginer une torture horrible en signe de vengeance!!!
Hahahaha! Au fond, il est parfait! Je suis juste trop vieille je crois! Commencer à jouer au hockey à 37 ans demande beaucoup d’humilité croyez-moi! Surtout quand on joue avec des élèves de l’école! C’est fou ce que les rôles s’inversent rapidement lorsque je mets les pieds dans la chambre des joueurs afin de mettre mon équipement!
Imaginez-vous donc que je me suis laissée embarquer dans ce fameux tournoi! C’est dans 14 jours et je suis déjà ultra nerveuse! 17 (Bonne fête Mauricio! J’espère que le BQ aura été bon cette année!) au 20 mars ! Vous penserez à moi j’espère!
D’ici la fin de la rédaction de cette chronique du Grand-Nord, vous aurez sûrement des détails sur cet événement qui, je l’espère, sera plus que mémorable!

Mais en attendant…  quelques histoires de hockey local…

Le hockey est devenu mon nouveau sport préféré! Trois fois par semaine, je parcours tout le village afin de me rendre à l’aréna (imaginez-vous donc que cette dernière est à l’autre bout du monde pour moi… ce qui veut dire qu’elle est peut-être à 9 minutes de marche… complètement à l’autre extrémité d’Umiujaq!). Trois fois semaines… ça s’était en préparation au tournoi (est-ce que je suis la seule, mais il me semble que je mettrais définitivement un s  à ce mot… tournoiS… ce n’est pas plus beau ainsi???)… Maintenant que celui-ci est passé ((le tournoi (… soyez patient je vous raconterai)), je m’y rend deux fois semaine seulement (et maintenant que j’ai mon propre équipement (merci merci merci Sophie)… croyez-moi c’est bien suffisant, car la seule randonnée dans le village avec mon gros sac de hockey constitue un entrainement en soi pour moi!).
Donc… En plus de l’incroyable satisfaction de bouger, de me fatiguer physiquement, de croire que je m’améliore à chaque fois et de m’amuser, le après hockey est souvent bien agréable (et là je vous entends presque tous penser… hahahaha la Vikie qui se boit des bières après l’effort!!! Eh bien NON… enfin… pas toujours!).
Il y a deux ou trois semaines, le soleil se couchait un peu plus tôt. Un soir, en sortant de l’aréna, Angela, Sandra et moi avons levé les yeux vers le ciel et nous nous sommes rendu compte qu’un spectacle magnifique s’offrait à nous. Les aurores boréales nous attendaient, je crois. L’aréna est situé à la bordure nord du village. Après celle-ci, il y a la rivière (vous vous souvenez… la rivière que j’ai traversée à pied par un 4 degrés automnal!!!), les collines et la plage de la Baie. Bâtons de hockey en main (parce qu’il ne faut jamais quitter SON bâton de hockey), nous sommes allées nous installer à la jonction de la rivière et la Baie. Après une heure et demie de purs efforts, assises dans la neige, regardants les lumières danser pour nous, les trois joueuses de hockey que nous sommes avons analysé nos performances (et en anglais s’il-vous plaît)!!! Je vous laisse imaginer!

Une semaine avant le tournoi d’Inukjuak… Bien que nous jouions au hockey trois fois semaines depuis trois semaines, Sandra et moi n’avons toujours pas joué de « réelle » partie (2 gardiens de but, 6 joueurs sur la glace, 2 équipes complètes…). Lorsque nous allons nous entrainer, la glace est réservée pour les filles et nous ne sommes jamais plus que 6 à nous présenter (et pas nécessairement les joueuses qui participeront à la Hudson Cup)…  Alors, l’avant-dernier vendredi précédent notre départ, nous nous présentons à l’aréna… comme d’habitude…. À l’instant où j’ouvre la porte, je sens qu’il y a quelque chose de différent. Trop de monde dans le lobby, Putulik est en train de faire la glace et la salle d’équipement est déjà ouverte. Les enfants me regardent et me demandent si je vais jouer contre les juniors… Heu… non… ben… je ne crois pas… Oui oui qu’ils me disent… Il y a un tournoi ce soir… Les filles contre les juniors (les juniors, ce sont ces garçons de 7e année, sec.1 et 2. Les élèves de la classe de Bobby, entre autres, qui refusent de venir travailler avec moi…) Voilà… je suis nerveuse… Je les ai vus quelques fois… s’amuser sur la patinoire… Ils sont beaucoup trop forts pour nous!!!! En fait, ils n’ont qu’à passer à côté de moi un peu rapidement (et s’ils ajoutent un Boo! c’est encore plus facile) pour me déstabiliser et me faire tomber!
Quand il faut y aller il faut y aller! OK, ça va être un dur moment… peut-être un peu humiliant… sans doute… (mais mieux vaut goûter à l’humiliation à Umiujaq d’abord avant de la goûter à Inukjuak… peut-être! ) Mais là… il y a tout de même quelques petites notions rapides à acquérir avant de me retrouver sur la glace… genre… quelles sont les positions… qu’est-ce qu’un off side… À part essayer de mettre la rondelle dans le but… qu’est-ce que je dois faire????????????????
Assise sur le banc des joueuses… ultra stressée, je suis toute crispée sur mon bâton. Je sens mon tour qui s’en vient de mettre le pied sur la patinoire (faites que je ne tombe pas).  Ça y est, je dois y aller, la joueuse arrive devant la porte. BORDEL, je n’arrive pas à ouvrir la porte!!!! Merde… la pognée est à l’envers… il faut pousser vers le bas plutôt que de tirer vers le haut! Je suis beaucoup trop nerveuse!!!! J’ai les yeux partout… J’embarque sur la patinoire (ouf, je ne tombe pas!) et là, je deviens encore plus nerveuse et … je finis par perdre conscience!!!! Teghelik (c’est une blague)!!! En vérité, lorsque j’ai mis les patins sur la glace, ma nervosité a baissé. Je suis restée crispée sur mon bâton (je ne vous raconte pas les courbatures que j’ai eues le lendemain…)… et j’ai fait du mieux que j’ai pu (il faut croire que ça n’a pas suffi, car nous avons perdu 0 à 14 je crois)! Mais quel apprentissage! Je suis sortie de cette expérience avec beaucoup moins de craintes pour mon futur tournoi!
Soirée particulière, remplie d’émotions. Sur le chemin du retour, ce soir là je n’ai pas croisé d’aurores boréales, mais plutôt M et J (deux de mes élèves de photo que finalement je n’ai pas vue depuis plusieurs semaines).  Installés dans l’escalier d’une maison, en train de fumer, ils me saluent et ça me prend un petit moment avant de les reconnaître. Je m’arrête pour retourner le bonsoir et M s’avance vers moi… Quelques secondes me suffisent pour comprendre qu’elle est complètement saoule (il est à peine 20h30) et lorsqu’elle arrive à côté de moi je croise son regard flou et j’entends la mollesse de sa voix. Petit choc (un sentiment d’inquiétude naît en moi), mais je maîtrise ma réaction pour ne pas ajouter à la situation. «Salut M. Je suis contente de te voir! Ça fait longtemps que je ne t’ai pas vue à l’école. Comment ça va? Ha tu étais malade! J’espère te revoir bientôt, tu me manques! » Le mercredi suivant, M et J se sont présentés au cours de photo. Le mercredi d’après… ils ne sont pas revenus… mercredi dernier, seulement J s’est présenté…  On verra la semaine prochaine.

Puis finalement hier (oui oui… le tournoi s’en vient… OK… petite primeur… je suis revenue d’Inukjuak avec ma première médaille de hockey!!!)... Vendredi, habituellement nous jouons au hockey… mais là, les filles sont parties faire un autre tournoi (à Kujuarapik cette fois).  C’est tout vous dire… j’aime vraiment jouer au hockey… alors, j’ai fait le tour de l’école et j’ai recruté deux équipes!!! Objectifs… faire jouer tous les profs! Et j’en ai eu au moins la moitié!!!! Comme il manquait encore de joueurs, j’ai lancé l’invitation à quelques étudiants. À 18h30, je me suis dirigée vers l’aréna, curieuse de voir qui j’y retrouverais. Darlene, Lucassie, Sua, Matthew, Trudy, Bobby, Angela, Sandra (évidemment). Carole (une infirmière) est aussi venue. P, Q et A, les trois étudiants auxquels j’avais parlé se sont également présentés! Puis le mot s’est passé et nous avons eu 4 ou 5 autres joueurs (des étudiants). Quatre des profs n’avaient jamais joué, certains avaient très peu patiné. J’espère qu’ils ont apprécié la soirée autant que moi!

La Hudson Cup à Inukjuak!
Jeudi 17 mars… Je suis tellement excitée à l’idée de partir pour mon premier tournoi de hockey que j’en ai oublié la fête des Irlandais… Moi qui habituellement attends cette journée avec la plus grande impatience!!!
Donc, jeudi 17 mars (première St-Patrick sans alcool pour moi!!!!), je me présente à l’école à 8h59, comme d’habitude (ou presque, car en cette journée particulière, je trimballe un gros sac de hockey, mon hockey et mon sac de voyage). Je ne sais pas trop à quelle heure nous partons… J’ai entendu 10h00…  mais l’avion n’est qu’à 12h40… et l’aéroport à 2 minutes… J’enseigne donc jusqu’à 11h15, habitée par cette fébrilité enivrante (finalement, même sans alcool, cette St-Patrick aura été des plus exaltante!).  11h20, arrivée à l’aéroport, check-in et attente (j’adore attendre à l’aéroport d’Umiujaq)! L’avion arrive je ne sais plus trop à quelle heure, nous embarquons et 40 minutes et un demi-sandwich plus tard, nous arrivons à Inukjuak! Incroyable, mais vrai… un autobus nous attend à la sortie de l’aéroport! C’est là que je commence à réaliser que ma vision du Nunavik est des plus limitée, c’est là que je commence à réaliser à quel point j’aime mon petit village d’Umiujaq! Inukjuak est vraiment une grosse communauté! Beaucoup de maisons, différents quartiers, un « centre-ville » et beaucoup de monde! 
L’autobus nous laisse devant la maison où nous dormirons pour les trois prochaines nuits… Une dame à l’aéroport nous a donné une clé en nous disant l’adresse et nous voilà au 400b. Les lieux ont l’air vaguement habités, mais il n’y a personne.  Sandra et moi nous installons tranquillement et nous essayons notre nouvel équipement! Nous nous préparons rapidement afin d’être prêtes pour notre première partie à 17h00. Heureusement, l’aréna est juste à côté de la maison!
Le silence entre Sandra et moi nous confirme qu’une certaine nervosité nous habite! Une fois à l’aréna, dans la chambre des joueuses c’est une nervosité certaine qui s’installe en nous! Prêtes à affronter l’adversaire, nous prenons le chemin de la patinoire. Nous avons à peine le pied en dehors de la chambre que des huées se font entendre venant des gradins… ma foi plutôt remplis!
… nous avons compté 4 buts… l’équipe adverse en a compté… plus de 10!!! Nous étions 7 joueuses… elles étaient au moins 11… Lorsque nous passions devant les gradins, une série de rires forcés se faisaient inévitablement entendre… ce qui m’a fait beaucoup sourire tout au long du tournoi!!! 4 parties plus tard, nous avons tout de même terminé avec la médaille de bronze! Wow, ma première récompense de hockey!


Mais ma visite à Inukjuaq n’a pas seulement tourné autour du tournoi. J’ai aussi pris le temps de faire le tour de la « ville »… à pied. Plus d’une heure pour se rendre à l’autre bout du village, à l’école professionnelle! Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi touriste! Appareil photo en main… je me suis mise à photographier les différents quartiers, les différentes maisons, les panneaux de circulation, le Northern et… les voitures garées devant les maisons!!!! Ben oui, à Inukjuak j’ai vu des mazda protegé, des Toyota, des Vibe…
Petite histoire sympathique, lorsque nous arrivons à l’école, une dame nous demande si nous avons besoin de quelque chose à la maison..? La dame aperçoit l’interrogation dans nos visages et nous apprend que c’est chez elle que nous logeons! Puis aussi simplement que ça, elle nous invite à dîner chez ses parents qui habitent à 5 minutes de marche de l’école. Mon premier repas en famille Inuit! Parents, frère, sœurs, enfants, neveux, nièces. Ils sont déjà 7 ou 8 lorsque nous arrivons. Il y a un sac plastique installé sur le plancher de la cuisine, à côté de la table. La nourriture (du caribou, des pommes de terre, des carottes et de la graisse de phoque) est déposée au centre de celui-ci et les gens sont assis par terre. Après un accueil chaleureux, on me tend un ulluk (lame en forme de demi-lune avec un manche de bois) et on m’invite à partager le repas! Je coupe la viande avec le couteau et je mange avec mes doigts! Je parle peu, j’écoute beaucoup (évidemment, mon inuktitut n’est pas encore assez bon pour que je suive les conversations…) et mémorise se moment privilégié.  

Et pour terminer avec autre chose qu’une histoire de hockey…

C’était un mercredi soir, pas très tard, car le mercredi c’est à l’église que tout se passe…
Un des élèves de la classe de français, A, nous ramène un lièvre qu’il a tué en allant à la chasse. Ce jeune garçon part souvent en solitaire avec sa carabine. Quelques fois, en blaguant plus qu’autre chose, Sandra et moi lui demandons de nous attraper un lièvre (les lièvres de l’arctique sont très gros). Chaque fois, il nous lance ce regard déconcerté avec l’air de dire : bordel qu’ils sont étranges ces alunat! Les Inuit ne mangent pas de lièvres à ce qu’il parait.
Mission accomplie, A a finalement ramené la viande tant convoitée! Vaïola, une dame qui travaille à l’école, s’est chargée de préparer l’animal (elle a fait disparaître poils, tête, entrailles…) et Sandra a cuit la pièce dans un ragoût plus que succulent. Nous avons invité les élèves de français ainsi que Vaïola afin de partager ce repas chez moi. A, B, B et notre nettoyeuse de lièvre sont donc venus à la maison. Ce fut une agréable soirée, un peu étrange, mais tellement différente! Les trois garçons sont restés vraiment longtemps. Installés dans le salon, nous avons regardé longuement les cartes géographiques qui traînaient par terre. Beaucoup de questions, beaucoup de curiosité, beaucoup de rires!

Et les histoires rocambolesques vous me demanderez??? Et les cascades??? C’est que je me tiens tranquille, je vous dirai! Difficile de se blesser avec tout l’équipement de hockey!

Ma dernière expédition? Une randonnée de ski de 5 heures et demie sur la Baie gelée! Nous aurions pu y croiser un loup à ce qu’il paraît… mais nous avons seulement croisé les restes du phoque qu’il avait mangé! Les paysages à perte de vue sont hypnotisant! Heureusement que nos partenaires skieuses se sont tannées car Sandra et moi n’étions plus capables d’arrêter. La pointe suivante semble toujours plus attirante que la précédente!

Ma prochaine activité? Un BBQ sur la plage neigeuse, car ici aussi le printemps est arrivé!
Voilà!

Les vacances arrivent à grands pas! Dans 2 semaines je pars vers la chaleur du Sud! La journée du 16 avril se terminera sûrement par quelques bières au Cheval Blanc!  En attendant, j’espère que vous allez tous bien. La fin de session arrivera rapidement pour certains d’entre vous! Vous êtes sûrement en train de vous dire que vous auriez besoin de quelques semaines de plus! Mais ne perdez pas confiance, tout finira par finir.

Je me prépare un petit rallye microbrasserie entre Québec et Montréal (avec peut-être une pointe jusqu’à Charlevoix). Avis aux intéressés, buveurs ou conducteurs désignés!

Je vous dis à très bientôt :O) La vie me traite toujours aussi bien dans mon Grand-Nord, même s’il m’est de plus en plus difficile de capter Radio-Canada sur internet et que je n’ai presque plus de café et de bière!!!

Ah oui… Ma médaille de bronze… est-ce que je vous avais dit qu’il n’y avait que 3 équipes? 

Février 2011 Déjà 7 semaines.

 Déjà sept semaines depuis mon retour…
Les vacances dans le Sud ne sont pas faites pour se reposer? Je peux vous dire que moi, je suis revenue pas mal fatiguée  en tout cas! Et que ce fut rapide n’est-ce pas? Mais que ce fut un réel plaisir de vous voir, de partager quelques repas avec vous et bien sûr quelques bières!
Déjà sept semaines depuis mon retour et il me semble que Noël est encore bien plus loin que ça…
Quelques clichés en vrac depuis ce fameux retour.

4 janvier au matin.
Départ de Montréal. Le retour au Nord s’amorce déjà concrètement avec la rencontre de presque tous mes collègues et amis à la porte d’embarquement d’Air Inuit. Beaucoup de blabla. Départ prévu pour 8h00 je crois. Le premier embarquement se fait dans les temps…  …  Saviez-vous qu’on peut booster un avion???? Rassurant d’entendre le pilote demander de quitter l’avion le temps de recharger la batterie… Une heure ou 45 minutes plus tard… Second embarquement… Cette fois, il y a un indicateur qui est défectueux  et qu’il faut changer avant le décollage… Mais heureusement, nous pouvons demeurer dans l’appareil :O) Moi qui me préoccupais de ne pouvoir décoller à cause de la température!!!
10h30 je crois…  L’avion commence à bouger sur la piste! Ça sans le départ et la fébrilité à plein nez. Mon partenaire de vol est plutôt discret et ça me convient totalement, car je me perds un peu dans mes pensées. (J’ai oublié de vous dire!!!! Pendant le changement de l’indicateur (après le deuxième embarquement) j’ai eu juste le temps d’acheter un billet d’avion pour l’Inde!!! Quoi de mieux que le tarmac d’un aéroport pour planifier son prochain voyage!!!!) Je suis donc installée à côté de mon hublot, essayant de m’imaginer rencontrant une vache sacrée dans les rues de Delhi et je suis impatiente à l’idée de retrouver mon petit chez moi et ma petite fenêtre d’Umiujaq.
Le meilleur moment de ce retour fut sans aucun doute notre arrivée à l’aéroport du village. 5 ou 6 personnes sont  là, serrant la main des uns et des autres, souhaitant un bon retour et une bonne année. Welcome home! Happy New Year! Et que dire de ce 2 km et demi, assis dans la boîte du pick-up de l’école avec quelques-uns de mes moins frileux collègues, conduits par la directrice jusqu’à la maison!
Tout est là, exactement comme je l’avais laissé… un peu dans la catastrophe du départ précipité pour je ne me rappelle plus trop quelle raison…

Retour de M et J.
Vous vous rappelez peut-être de mes élèves d’IPL. Les cours de photographie avec la classe de « raccrocheurs ». Bon, je l’avoue, cours est un bien grand mot… mais chaque semaine nous passons inévitablement 45 minutes tous ensemble, caméra en main, à explorer notre environnement :O) Nous parlons beaucoup, rions beaucoup et faisons beaucoup de photos.  Toujours est-il que juste avant Noël (le jour de notre départ pour le Sud je crois), j’apprends que M et J (deux de mes élèves) nous quittent pour une autre communauté… Je suis vraiment attristée d’apprendre cette nouvelle et en même temps très touchée, car en m’annonçant son départ, M me serre la main et me dit que je suis une bonne enseignante! Ouf! Bon je sais… je viens de dire que je n’enseigne pas beaucoup la photo… mais M elle ne le sait pas!!!!
Il y a 2 semaines, je suis installée dans le corridor, devant mon bureau, en train de parler avec A quand tout à coup je vois arriver devant moi le jeune couple tout souriant (c’est vrai… j’avais oublié de vous dire qu’il s’agissait d’un couple…)! Ils sont de retour! Je suis vraiment contente de les revoir! Nous nous serrons la main longtemps, longtemps, longtemps. Ils sourient, je souris, nous sourions et nous nous disons à demain, car le cours de photo nous réunira de nouveau.
M et J, avant leur départ, vivaient avec la famille de la jeune fille de 16 ans. Pour des raisons monétaires je crois, ils ont tous dû quitter la communauté en décembre dernier… Hummm… Les gens du village d’Inukjuak devaient être bien heureux d’accueillir cette famille…  Je ne connais pas toute l’histoire,  mais il me semble bien étrange de déplacer ainsi le problème d’argent de ces gens.
Toujours est-il que ces deux élèves, après quelques semaines d’éloignement, ont décidé de revenir vivre à Umiujaq… sans la famille de M. Le couple n’étant pas majeur, les services sociaux ne veulent pas les laisser vivre ensemble. Je ne sais pas trop comment ces deux adolescents s’organisent depuis leur retour, mais je les vois à l’école presque tous les jours et presque toujours souriants… Je crois bien que les choses finiront par s’arranger pour eux. En attendant, je me contenterai de prendre exemple sur eux et sur leur manière très zen d’aborder le quotidien qui est le leur.

Petit clin d’œil musical

D et D sont deux petites sœurs jumelles de 2e année. Pour moi, il est presque impossible de les distinguer. Il me semble qu’il y a des différences… mais lorsque je les vois séparément… je n’y arrive presque jamais! Il y a quelques semaines, après une longue journée de travail, DD est venue me rendre visite. Ma porte de bureau était ouverte, je préparais ma journée du lendemain et écoutant de la musique avec mon iPod en ne portant qu’un seul écouteur. DD s’est assise sur la chaise à côté de moi et a pris celui qui était libre. Elle s’est tournée vers moi et a commencé à me dévisager en souriant. La musique était en français et je me suis mise à fredonner les paroles. DD a alors pris un air sérieux, à penché la tête sur le côté, puis a fini par me lancer le plus beau des sourires! Nous sommes restées ainsi jusqu’à ce que Dora (l’exploratrice… ouioui… ) vienne récupérer la jeune fille à la demande de sa mère qui l’attendait pour rentrer à la maison.

St Valentin
Mon premier valentin est venu de M, une élève de 5e année. J’étais assise dans ma petite classe, écoutant une fois de plus de la musique avec mon iPod (je sais j’avais dit que je n’amènerais plus de iPod à l’école, mais là je n’ai pas le choix, car mon ordi de travail fait des free games et ne veut plus me laisser écouter ma musique…) et travaillant avec toute la concentration du monde. Ma musique était forte et j’avais la tête penchée sur les travaux de mes élèves de vendredi. Tout doucement, je sens une main se déposer sur mon épaule. Je relève la tête et mon regard croise les yeux moqueurs de M. Elle me sourit et me tend sa petite carte en forme de cœur qui dit : « Tu es mon petit cœur en chocolat »! Et j’ai droit à un câlin! Wow!  Je suis partie dîner à la maison avec le cœur dans les nuages et le sourire au visage c’est certain! M est une de ces élèves qui a une réputation qui la précède et qui ne s’entend pas bien avec la plupart des adultes. Elle a besoin de beaucoup d’attention et c’est sans doute pourquoi avec moi ça va plutôt bien. Je la vois une ou deux fois par semaine et nous travaillons ensemble, en tête à tête ou à trois. Elle vit avec la dame qui travaille pour les services sociaux, elle est en famille d’accueil. C’est une magnifique joueuse de hockey et je l’adore évidemment! Elle ne sait pas à quel point elle m’a fait plaisir avec cette petite carte! 

En parlant de hockey…
Hier avait lieu ma troisième pratique de hockey… à vie! La semaine dernière, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et je me suis rendue à l’aréna du village. Presque chaque jour de la semaine, à 19h00, c’est le temps de glace réservé aux filles pour le hockey. Saviez-vous que le plus grand défi de ma première pratique a été de trouver l’équipement qui m’allait… mais surtout de le mettre!  Ça m’a rappelé la première fois où j’ai changé une crevaison!!! J’avais tous les morceaux devant moi, mais n’avais aucune idée de l’ordre dans lequel assembler le tout! Alors maintenant, je peux vous dire qu’il ne faut pas mettre les épaulettes en premier ou encore les pantalons ou encore les patins… Ça a bien dû me prendre 40 minutes à assembler le tout… et heureusement, j’ai eu de l’aide de quelques élèves qui était venus assister à mes débuts :O) (C’était un vendredi et dans l’avant-midi, j’avais partagé à A mon intention d’aller jouer au hockey en soirée… ça réaction a été très drôle… il a spontanément éclaté de rire!!! )
Première pratique… je peux me tenir sur mes patins (merci Sophie)… en m’accotant sur mon bâton :O) Heureusement, mes nombreux km de roller blade m’aident à tenir debout et même à me déplacer sur la glace. Quelques tours de patinoire, j’essaye d’attraper une rondelle au passage (bordel c’est vivant ou quoi cette petite chose insolente) et je suis déjà essoufflée (au fait… je l’étais déjà avant d’embarquer sur la glace je crois, juste avec l’effort déployé pour mettre l’équipement…). Nous sommes 8 si je me rappelle bien, 5 enseignantes et 3 élèves (du projet de la France). Les filles sont bonnes! Sandra, Angela et moi (les allunat) en sommes à notre première expérience et les autres sont bien patientes avec nous, notre lenteur, notre maladresse et notre méconnaissance des règles de base!
Deux équipes sont rapidement formées et la partie commence! Je réalise alors que je ne suis pas trop efficace sur le freinage! Elle arrive vite la bande lorsqu’on est incapable de regarder devant soit en patinant avec la rondelle! Je croyais que c’était plus grand que ça une patinoire!!!! Essayer de m’imaginer, avançant à toute vitesse (bon d’accord… je n’allais peut-être pas si vite, mais quand le champ de vision est réduit tout défile plus vite devant les yeux!), partant de la ligne bleue de ma zone avec la rondelle, oubliant totalement de faire des passes, n’entendant plus rien que le bruit de mes patins sur la glace, me dirigeant telle une professionnelle de hockey vers le but adverse et sentant fièrement que j’allais mettre la rondelle dans le filet. Est-ce que vous voyez cette image? Et bien tous les élèves présents dans l’aréna l’on vu eux! Et ils m’ont aussi vu compter mon premier but en carrière!!! Bon d’accord…le filet était désert… et c’est juste après avoir envoyé cette minuscule pastille noire entre les poteaux que je me suis rendu compte de la petitesse de la patinoire et de la rapidité de la bande!
Trois pratiques plus tard, je suis enfin capable de patiner avec la rondelle et de regarder devant moi… bon, pas encore de manière continue, mais à une fréquence assez élevée pour ne plus être surprise lorsque je vois la bande arriver! Puis aussi, mon freinage s’est déjà amélioré!  Je me vois déjà comme la joueuse clé de notre équipe de filles qui participera à la Hudson Cup en Mars! Car évidemment, je veux déjà participer à un tournoi! Il n’y a que trois inscriptions sur l’équipe jusqu’à maintenant pour l’événement… alors je me dis… du moins je crois… que je pourrais peut-être être une joueuse plus utile que pas de joueuse du tout..??.?.?  Puis il me reste bien 4 ou 5 semaines de pratique!  


Et la température vous me direz?????
LA BAIE A ENFIN GELÉE!!!!! Ouf, il était temps!
Éric D, je peux te dire qu’ici, lorsqu’il fait -50 (ouioui ça arrive parfois) la neige craque joyeusement sous mes pas. L’autre soir, en revenant de mon cours de couture (hahahahahaha! Ben oui je suis des cours de couture!!! Mais vous cesserez de rire et serez peut-être même jaloux lorsque vous verrez mes super baluk (mitaines) en cuire) je marchais entre les conteneurs en regardant les nombreuses étoiles et je souriais au chant de la neige.
Hier, il ventait tellement (j’ai failli m’envoler plusieurs fois) que nous avons perdu tous les enfants sur le chemin de l’école… Je suis arrivée au travail et il n’y avait aucun élève sur les lieux! Tous emportés par le vent! Ils n’ont même pas eu le temps de se rendre à l’autobus jaune! 100km/h ça balaye un village en un clin d’œil! Mais plus sérieusement, les élèves du primaire ont eu congé à cause des vents trop violents (l’autobus jaune semble avoir disparu du village… mais pour aller où??? Peut-être au Canadien tire (le dépotoir))!!!
J’ai réellement eu de la difficulté à me rendre à l’école! En plus, j’ai maintenant une côte à monter (c’est vrai, je ne vous l’ai pas dit… je tente d’établir un record… le plus grand nombre de déménagement et de changement de numéro de téléphone dans une seule année! Mon appart devenait difficile à chauffer et celui de mon voisin aussi (mon chauffage contrôlait le sien et vice-versa, il y avait des trous dans nos fenêtres et nous étions trois sur la même réserve d’eau (ce qui fait que nous en manquions continuellement) alors, nous avons décidé Mark et moi, de colocationner dans un charmant 4 et demi. L’appart est vraiment bien, tout est plus récent, le chauffage est merveilleux avec un contrôle dans chaque pièce et ça coûte moins cher!) Tout ça pour dire que l’expédition vers l’école hier fut un réel plaisir pour moi. Je suis maintenant à trois bonnes minutes de marche, avec une petite pente à grimper! Avec des vents de face et une route un peu glacée, j’aurais eu besoin de mes crampons!

Et les aventures???
Côté aventure dans la toundra, c’est plutôt tranquille. Mais en y pensant bien, il y a bien quelques petites anecdotes à raconter ;o)

La première fin de semaine après notre retour fut bien occupée côté plein air pour moi! Le samedi, Sandra, Martyn et moi décidons de skier jusqu’au Richmond Gulf. La température est bonne, il ne fait pas trop froid (environ -20) et nous sommes très motivés. Notre plan : partir à 10h00, skier jusqu’à ce que nous ayons faim, dîner de succulent hot dog sur le bbq et revenir avant la noirceur. La réalité : départ à 11h00, première expérience de ski pour Martyn qui porte des skis à cire qui ne sont pas cirés et qui ne l’ont pas été depuis sûrement 20 ans, une de ses bottes refuse de clipper dans la fixation et il perd ce ski toutes les 20 minutes, nous avons faim rapidement mais essayons de continuer le plus longtemps possible, car nous sommes partis un peu en retard, nous atteignons Umiujaluq vers 13h30 (mi-chemin de notre objectif), finalement il fait très froid avec le vent, nous trouvons une grosse roche derrière laquelle nous abriter pour aller le BBQ portable que nous avons porté depuis le village (nos hotdogs serons trop bons), bombonne installée, nous tentons d’allumer le rond… nous tentons d’allumer le rond… nous tentons d’allumer le rond… puis nous mangeons nos hotdogs crus! Hummm…. Nous avons faim et c’est bon… et je ris, car je suis tellement habituée à ce genre de péripéties (hein Sophie), mais Martyn lui commence à trouver toute cette histoire moins amusante!!! Nous faisons donc demi-tour après cette pause gastronomique! Le retour est vraiment trop chouette, car il est en descente tout le long. Petite pente douce, facile à contrôler, avec un paysage splendide (la baie et le village). Le soleil décide de sortir pour nous accompagner jusqu’à la maison! Moi j’ai adoré l’expérience et Sandra et moi nous disons que nous retenterons le Richmond Gulf avant la fin de l’hiver.
Le dimanche, je me sens prête de nouveau pour un petit tour à ski et je soudoie mon voisin Mark (les pôles de tente oubliées amateur de Honda). Nous allons faire un tour vers la Baie. Il fait comme une mini tempête et nous convenons de rester à proximité du village. Nous commençons donc à longer la Baie vers le Sud. Chacun dans nos bulles, nous nous dirigeons vers le bord de la Baie. Le feeling sous les skis est agréable et doux… À un moment, je brise le silence avec une sorte d’affirmation question : humm… c’est bien mou sous les skis… peut-être sommes nous SUR la Baie…?  Humm…. Non, non, nous sommes sur le sable… Ha ok… mais je décide tout de même de me rapprocher de ce qui me semble être la terre ferme… Hummm… Peut-être que nous sommes sur la Baie finalement…. Je me retourne et je vois Mark qui s’enfonce DANS la Baie… La glace craque tout autour de lui, il continue à avancer, mais il commence à caler. Je me fige, j’essaie d’analyser la situation. Je ne crois pas que nous soyons en réel danger. Nous ne sommes pas loin du bord. La Baie ne doit pas être profonde à cet endroit. Nous sommes juste à côté du village.  La glace semble solide sous mes skis. Je cesse de bouger, prête à aller aider Mark. Je me vois allongée sur le ventre, lui tendant mes pôles de skis pour le tirer de là. Il finit par toucher le fond… et il a de l’eau jusqu’aux genoux. Les deux pieds bien mouillées, obligé de mettre une main dans l’eau pour enlever les skis. Tout se passe rapidement, il est hors de l’eau et hors de danger, il remet ses skis, je n’ai pas eu besoin de le sauver!
Puis il y a eu la carzy carpet la semaine suivante (car mes ampoules aux talons et mon déménagement m’ont empêchée d’aller skier). Un peu paresseuses, Sandra, Anne-Nathalie et moi avons décidé d’aller glisser à proximité du village, juste à la croisée de la route de l’aéroport. 7 minutes de marche et nous voilà déjà au pied d’une bute intéressante. La montée est à pic, mais la neige est dure. Nous n’enfonçons pas trop. Une descente, deux descentes, trois descentes… C’est bien… mais ce n’est pas tout à fait ça… Du sommet de notre bute, nous observons donc les environs afin de trouver une piste plus attrayante! Nous optons pour un déplacement vers la droite, où à quelques dizaines de mètres, il semble y avoir quelque chose d’intéressant. Le déplacement horizontal s’amorce et nous progressons rapidement vers notre objectif. À quelques mètres de celui-ci, nous réalisons cependant que nous avons été bernées par la neige. Le manque de contraste entre le blanc de la neige et le blanc de la neige nous a empêchées de voir l’obstacle auquel nous faisons face : un mur presque vertical de neige à escalader afin d’atteindre le sommet tant convoité! O.K.! Nous sommes tellement motivées à essayer la piste que nous débutons cette ascension. La neige est dure en surface, mais friable en profondeur. Ça nous prend quelques essais afin de comprendre la bonne stratégie à adopter : cogner sur la neige avec nos grosses bottes afin de faire des trous pour nos pieds en prenant soin de laisser un bon espace entre les deux pour ne pas affaiblir la couche durcie de neige, cogner avec nos poings afin de faire un trou pour nos mains, bien répartir le poids sur chacun de ces appuis, pousser et tirer de manière équilibrée afin de ne pas faire céder la croute de neige sous notre mouvement vertical, se coller le plus possible à la parois et surtout… surtout… avoir confiance que nous atteindrons le sommet à force de persévérance! (D’accord, là je dois vous dire que ce passage passionné sur l’ascension d’une bute d’une dizaine de mètres est tout à fait réel, mais la description de ce moment a grandement été influencée par ma lecture du livre de Jon Krakauer (auteur du roman Into the wild (que je lis présentement) qui a été mis en film et dont la bande sonore est excellente) « Into thin air» (récit de l’ascension  de l’Everest) (mon premier livre en anglais lu!!!) (HaHaHaHa tout ça c’est pour toi Éric B. (je veux dire les parenthèses dans les parenthèses))).  
Puis nous l’avons finalement atteint ce sommet, le haut de cette bute presque inatteignable à nos yeux! Fières et un peu à bout de force, nous avons étudié la pente qui s’offrait à nous avec un peu d’inquiétude… Vous savez, je suis un peu téméraire parfois ou peut-être juste un peu innocente… je ne sais pas… mais là, la lucidité à pris le dessus! Impossible de partir de notre sommet avec les crazy carpet. Aucun des chemins qui s’offrent à nous ne semble raisonnable à emprunter! Nous décidons donc de descendre de quelques mètres, afin d’atteindre un point de départ plus sécuritaire. Après analyse du terrain, nous élaborons un chemin à suivre et je me lance… … … Le manque de contraste de la neige blanche sur la neige blanche… … … Nous avions déjà oublié ce facteur déterminant! Eh bien, je peux vous dire qu’en plus du volleyball, du hockey, du ski, du jogging, du workout, de la glissade, de la randonnée et de la chute en rivière, je peux maintenant dire que j’ai expérimenté le vol plané à Umiujaq! Outch! Un freinage brusque (avec ma joue gauche (qui me fait encore vaguement mal aujourd’hui quand je la touche, mais je n’ai qu’à ne pas la toucher vous me direz)) m’a amenée à parcourir une dizaine de mètres dans les airs (horizontalement et verticalement confondus). Inutile de vous dire que Sandra a emprunté un autre chemin et m’a heureusement rejoint sans problème. Nous avons donc terminé notre descente ensemble, en prenant bien soin de ne pas aller trop vite afin de pouvoir réagir à toute éventualité! Ce coup-là, ça a cogné dur, je vous dis!!! Ce fut notre dernière glissade de la journée (et je n’y suis pas encore retournée jusqu’à maintenant…)! J’en ai eu mal à la tête pendant plus d’une semaine!!!! Parfois je me dis que je commence à être un peu vieille pour ce genre d’aventures! Mais au moins, ça me fait quelque chose à vous raconter!
À part ça, j’ai essayé le ski à la frontale, la nuit… et lorsque j’ai raconté ça à Nellie (mon amie Inuk), elle m’a demandé si j’étais folle! Il y a des renards qui se promènent la nuit! Cette fois cependant, je crois que j’aurais été bonne pour me sauver plus vite que mon collègue un peu trop pompette qui n’arrivait pas à parcourir plus de 2 m sans s’allonger de tout son long dans la neige!
Ça ressemble pas mal à ça pour les aventures dans la toundra! J’aurai peut-être d’autres histoires à vous raconter bientôt, si je ne me fais pas manger par un ours polaire (il y en a un qui a été vu sur la BAIE maintenant gelée). Face au village, il y a des Îles que j’aimerais bien aller explorer et je pense à une expédition à ski pour les atteindre. Je devrai cependant penser à amener quelqu’un de moins rapide que moi (sûrement Bobby, l’ami qui avait rassuré Mark en lui disant qu’il était en sécurité avec moi…) et peut-être une bombonne de répulsif pour les ours!

J’espère que vous allez tous bien et que vous ne souffrez pas trop de l’hiver. Ici les journées rallongent considérablement et comme vous pouvez le lire, je m’amuse toujours autant. Au travail, je commence à voir quelques progrès chez certains élèves et ça fait plaisir. Je suis presque en sevrage de bière… :O(  5 bières en 4 semaines! Cata! J’espère que l’épicerie arrivera aujourd’hui!  Éric D, c’est vrai que je n’ai pas besoin de bières pour apprécier la vie dans mon Grand-Nord, mais j’ai besoin de bières juste pour apprécier La Bière :O) Mon Cheval Blanc du dimanche fin de journée me manque. Pablo, prends une bière à ma santé s’il te plaît et réserve-moi la meilleure table pour le 16 avril prochain!!! Ian, es-tu toujours partant pour aller faire un tour à Air Cargo??? J’aimerais fêter la St-Patrick comme il se doit, mais mon cargo épicerie est presque épuisé et la bière de IGA me donne parfois envie de pleurer!

Je vous dis à bientôt… j’espère plus rapidement cette fois… Faites attention à vous (écoutez qui dit ça!!) et donnez-moi des nouvelles!

Mon nouveau-ancien numéro de téléphone : 819-331-7114