dimanche 21 août 2011

Mai 2011 Pot-Pourri avant d'arriver!


Du nord…

Mardi soir… mardi soir… coudonc… il me semble que d’habitude j’ai quelque chose à faire le mardi soir… Ha, voilà! Le mardi soir, depuis le mois de janvier, je vais jouer au hockey à l’aréna! Mais là… ce soir… la patinoire est fermée :O(  La saison de hockey est bel et bien terminée! Et là, je me sens plus que perdue! Tiens, je vais prendre une marche jusqu’à l’autre bout du village afin de m’assurer que ce n’est pas un des élèves qui m’a fait une mauvaise blague! Je marche pendant ces longues 9 minutes qui me séparent de mon but et le soleil me chauffe de ses rayons impertinents! Ciel qu’il fait chaud! C’est avec peu de conviction que je tente d’ouvrir la porte de l’aréna… qui est effectivement barrée! Voilà ça y est…la glace est en train de fondre à l’intérieur. Notre belle patinoire réfrigérée pas encore réfrigérée, car les gens qui ont rénové l’aréna ont oublié de vérifier la quantité de pouvoir nécessaire en électricité pour faire fonctionner le tout… Les installations d’Hydro-Québec ne pourraient pas supporter une telle demande… et là je me dis que je pourrais peut-être faire le tour du village pour demander à chaque habitant de passer quelques soirées sans électricité… Quoi, une soixantaine de maisons ça se fait bien!  Je commence donc ma tournée par Angela et Bobby, deux enseignants amateurs de hockey comme moi, qui pourraient m’aider avec la tournée du village. … … … Bon! Ils arrivent à me raisonner… Ils me promettent une partie de street hockey… Et Angela finit par m’inviter pour la soirée. 

Mardi soir… Ma soirée de hockey vient de se faire remplacer par une soirée de couture!!!

Une chance pour moi, il y a une partie à la télé! Je commence donc à coudre mes mitaines de cuir en bougonnant un peu et avec beaucoup de difficulté. Mon attention est inévitablement attirée par l’écran!!! C’est la première partie que j’écoute depuis que je joue moi-même au hockey! Au grand damne de Bobby et Martyn, je me transforme subitement en commentatrice! Et voilà! Quelle défense pourrie! Mais voyons donc, ils sont où les défenseurs? Comment ça qu’ils font des passes par le centre? Ça y’est, Price a abandonné! Il laisse tout passer! Mais qu’est-ce qu’ils attendent pour le remplacer le pauvre???

Outch!!!! Ouille!!!! Bordel! Ça fait mal une aiguille dans le doigt!  Ok. Je me concentre un peu! Non! Ce n’est pas vrai! Je dois défaire mes derniers points de couture. Trois points faits, deux points à défaire… Quatre points refaits, trois points à redéfaire! Finalement… ça va mal coudre en regardant la télé!!!!  Enfin, la deuxième période se termine. Je me calme un peu et finis par me concentrer sur mes doigts et mon aiguille. Bon! Voilà! Ça va mieux comme ça (heureusement que je n’ai plus de bière…). C’est parti, je suis sur la bonne voie! Mon rythme se fait plus régulier, j’arrête de défaire mes points et je ne me pique plus les doigts! Je commence même à aimer ça!!!!  Je délaisse un peu la télé, n’y porte que très peu d’intérêt lorsque la dernière période recommence et je termine finalement l’intérieur de ma mitaine gauche!  Le passage s’amorce. J’accepte tranquillement de troquer mes patins pour une aiguille…  Et tout en poursuivant ma couture… je m’imagine secrètement jouant au hockey sur la patinoire du centre Bell!!!!

Puis le printemps qui s’installe avec le soleil qui se couche de plus en plus tard, m’emportant dans la foulée!  À 20h00, il fait encore clair ici. Les lueurs restent accrochées dans le ciel jusqu’à au moins 21h00 (tu sais Sophie l’heure du ciel bleu). Les gens sortent des maisons, les rues sont pleines d’enfants, les vélos envahissent le village et les petits oiseaux annonciateurs du printemps sont arrivés.  Par un samedi après-midi, à défaut de bière (et aussi parce que même si on en avait on ne ferait pas ce genre de chose), nous nous installons sur un balcon, tasse de café légèrement aromatisé à la crème glacée et au Bailey’s en main et nous profitons du soleil. Quelques instants suffisent pour attirer 2 ou 3 enfants. Sans nous consulter, Sandra et moi nous mettons à chanter pour nous amuser… et aussi en espérant faire fuir D, D et A… qui insistent pour goûter à notre crème glacée!!! Quelques chansons plus tard, ce n’est plus quelques marmillons qui nous entourent, mais toute une marmaille qui s’accumule autour de nous! Notre répertoire terminé, Sandra et moi décidons d’aller magasiner du bois au Canadien Tire afin de faire un feu sur la plage pour griller quelques guimauves au soleil couchant!
… Belle journée de printemps!


Une journée de pêche sur le Richmond Gulf avec la communauté…
Samedi dernier, un concours de pêche est organisé à Umiujaq. Départ prévu à 7h00 AM et environ 1h30 de motoneige à faire avant d’arriver à destination. Très peu d’allunat (de blanc) participe à ces événements. Un coup de téléphone au bureau municipal et 5 permis de pêche d’une journée plus tard, Angela, Bobby, Sandra, Martyn et moi nous embarquons pour une folle virée en hamutik (boîte de bois pas faite pour le confort accrochée derrière les ski-doos servant essentiellement à transporter des choses et non des humains)!

Donc, rendez-vous à 7h00 chez Lucassie. Vêtements chauds (ultra chaud), cannes à pêche et nourriture. Nous nous retrouvons tous un peu endormis… mais nous sommes là! Nous tentons d’organiser nos boîtes de bois avec quelques peaux de caribous, des VFI et des couvertures question de rendre la promenade plus «confortable ».  Le village est animé pour un samedi matin! Des dizaines de ski-doos passent devant la maison.  Les gens se regroupent en face de la COOP. On dirait que le village va se vider pour la journée!
Fin prêt (presque une heure plus tard..), nous formons deux équipes de voyage : Martyn (notre conducteur qui a travaillé toute la nuit et qui est donc sans sommeil depuis 24 heures mais qui est le plus expérimenté) prend place sur notre bolide et Sandra et moi nous installons dans la boîte.  Lucassie et Darlene prennent place sur le deuxième ski-doo pendant qu’Angela et Bobby s’installent dans la boîte.  Nous sommes prêts!

Martyn, Sandra et moi échangeons quelques mots, Martyn démarre. 20 secondes… peut-être 45… Nous nous retournons et ne voyons plus Lucassie! Hein? Où est-il passé?? Heu… OK… Il a dû partir vers la Baie parce que trop compliqué de se retourner avec un long hamutik dans la rue. Martyn prend le chemin de la COOP… qui est à 50 mètres… Pas de Lucassie. Sandra et moi debout dans la boîte regardons de tous les côtés. Il ne reste plus personnes devant la COOP. Tout le village est parti (ok… presque tout le village)! Du coin de l’œil (parce que saviez-vous qu’il y avait un coin dans votre œil vous?), Martyn aperçoit la deuxième équipe au loin… bon bon bon… au loin me direz-vous? Dans un si petit village? Ici, le loin c’est l’autre bout du village (8 minutes de marche vous vous rappelez? Et peut-être 1 minute de ski-doo). Demi-tour et la chasse commence… Mais les forces sont inégales… Le temps d’aller rejoindre le loin… le loin a disparu! Aucune trace de Lucassie donc retour vers la COOP. 1 ou 2 ski-doos nous dépassent avec des passagers tous souriants. Je commence à franchement rire, car je m’imagine vous racontant que nous avons réussi ce tour de force… soit celui de perdre 4 personnes, un ski-doo et un hamutik… dans un village de… 5 rues!!!! Même à trois têtes… nous n’arrivons pas vraiment à aligner nos idées. Nous quittons donc le village, ayant une vague idée de la route à prendre. Rendu à la dump, croyant retrouver Lucassie nous attendant… nous ne trouvons rien si ce n’est qu’une horde de corbeaux mangeurs de vidanges.
Bon, il faut prendre une décision!!! Nous choisissons d’attendre sans bouger pendant 10 minutes… Peut-être que Lucassie nous chercher dans le village de 5 rues… Puis s’il a continué, d’ici 10 minutes… il devrait bien se rendre compte que nous ne sommes pas derrière… Donc, 10 minutes d’attente, voilà le temps fixé, sans montre ni sablier pour compter les minutes qui s’écoulent! S’ensuit toute une discussion autour de combien ça prend de temps pour dire cela et cela dit ça doit bien faire 3 minutes que nous attendons, mais le temps de répéter ce que nous avons dit et de calculer le nombre de minutes écoulées… nous sommes complètement perdus (c’est le cas de le dire). Je crois que nous avons attendu quelques minutes de plus… Puis finalement, comme une bande d’allunat pas débrouillard du tout, nous avons souri et surtout rougi à la vue de Lucassie qui revenait sur ses pas, après avoir décroché son hamutik pour aller plus vite. Sandra et moi nous aplatissons le plus possible dans la boîte, Martyn démarre en gardant un visuel sur notre escorte et c’est parti pour notre deuxième départ! (Une semaine plus tard, nous ne savons toujours pas ce qui s’est produit… comment nous avons pu réaliser cet exploit… nous avons choisi de faire comme si rien n’était arrivé parce que trop gêné!)

Faire une ride de ski-doo dans un hamutik… c’est drôle sur le coup… mais difficile sur le coup le lendemain! Rodeo ride je devrais dire. Parfois nous volons, parfois nous rebondissons, parfois nous nous cognons, mais inévitablement nous rions! La tempête de neige provoquée par notre bolide nous recouvre tranquillement : nous, nos sacs, nos lunettes de ski et mon appareil photo! Martyn fait un travail d’enfer, il s’excuse presque pour chaque bosse (ou il vérifie simplement que nous sommes toujours assises dans le ski-doo et que nous n’avons pas passé par dessus bord!).

Sur le chemin vers le Richmond, nous arrivons entre ces deux montagnes où les lagopèdes se tiennent… Pauvres petits oiseaux tout mignons, tout blancs, tout ronds… et aussi tout con!!! Lucassie s’arrête sur le côté, épaule sa carabine et prend son temps pour tuer notre dîner! 4 lagopèdes plus tard, nous reprenons la route. Maintenant je sais comment finir de tuer un oiseau qui vient d’être tiré, mais qui n’est pas tout à fait mort…

Vrrrrrmmmmmm…… Vrrrrrrrmmmmmm……. Vrrrrrmmmmm…… On roule on roule on roule… Nous arrivons enfin aux abords du Richmond Gulf et là je réalise… nous allons embarquer sur l’eau!!!!! Non!!!!!! Je me rappelle Mark qui est passé à travers la glace!!! Je commence donc à réviser mentalement les techniques de survie en eau glacée!!! … … … Mais non… J’exagère!!! Lucassie ne nous mettrait jamais dans une situation dangereuse, il est « Ranger » après tout (il s’occupe de secourir les gens  qui sont en difficulté). Puis je me laisse rapidement conquérir par toute la beauté de ce nouveau paysage. Je suis tout émue à la vue de ces montagnes qui se dressent autour de moi. Des arbres commencent à apparaître aussi! Je suis vraiment chanceuse d’être là et de voir tout ça!

Au détour d’une île, nous rejoignons un groupe qui prend une petite pause de mi-parcours. 5 ou 6 ski-doos, une quinzaine de personnes, tellement de sourires et des yeux moqueurs lorsque les gens nous reconnaissent (je rirais sûrement aussi de me voir débarquer d’un hamutik car je dois arborer un sourire trop niais et mes yeux doivent être trop brillants de bonheur!!! )! Ça devrait être ça la vraie vie!!!!!

Bon, retour aux choses sérieuses! Sandra et moi rembarquons avant tout le monde dans notre boîte… car nous ne voulons pas manquer le départ!!!! Le reste du voyage se passe doucement… entre les bosses et la neige qui nous enterre. Une fois de plus, Sandra et moi reconstruisons le monde (Sophie, tu te rappelles de ta philo McDo? Et bien Sandra et moi faisons de la philo hamutik!)… et qu’est-ce qu’il est beau et simple le monde que nous bâtissons!!!!

Nous atteignons enfin notre but, là où le Richmond se rétrécit un peu, à l’embouchure d’une rivière. Je croyais que la chose sérieuse était le tour en hamutik… mais je me trompais! C’est une fois débarqué de notre engin que les choses prennent forme pour nous… Pour pêcher sur la glace, vous ne serez pas surpris que je vous apprenne qu’il faut creuser un trou d’abord… He bien, imaginez-vous donc que je n’avais pas du tout pensé à ce détail moi… Bon, heureusement, Lucassie en vrai Inuk a pensé à amener une tige de métal dentée. Le travail commence donc! Lucassie donne quelques coups de tige et « pouf », on peut apercevoir l’eau arriver dans le trou. Il passe ensuite l’outil à Bobby, qui en quelques coups voit également l’eau remplir le trou qu’il commence à creuser. Vient finalement notre tour. Sandra, Martyn et moi sommes motivés à creuser trois trous, un pour chacun de nous! Comme nous sommes arrivés un peu en retard sur la rivière, nous sommes seuls. Tous les gens sont partis un peu à l’écart, sur la terre, pour avoir un gros déjeuner. On peut cependant voir ici et là qu’il y a quelques trous qui ont déjà été faits.

Donc, donc, donc. Martyn commence à creuser. Il creuse… Il creuse… Il creuse… et passe la tige à Sandra pour qu’elle continue… Puis… elle continue… Elle continue… Elle continue… et me passe la tige pour que je poursuive. Puis… je poursuis… Je poursuis… Je poursuis… Pour finalement repasser la tige à Martyn… Une heure plus tard… toujours pas d’eau dans notre trou!!! La tige doit bien faire 4 pieds… On est à la veille de la perdre au fond de l’immense crevasse que nous sommes en train de faire! Un peu découragés, nous sommes à deux doigts de laisser tomber pour aller rejoindre les gens du village au picnic. Mais finalement, le dernier coup du découragement fait monter l’eau dans notre… piscine! On est fou comme de la m…! On crie, on rit, puis on embarque  sur notre ski-doo.

Wow… il y a plein de monde rassemblé en petits groupes autour de feux. Nous sommes définitivement les derniers. L’image formée par ces gens est magnifique une fois de plus. Je les regarde de loin, gênée de m’immiscer dans ce tableau. Tranquillement, je reconnais quelques visages. Déjà, quelques équipes se redirigent vers la rivière. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un concours. J’entends au loin un Inuk lancer le coup d’envoi. Les motoneiges s’alignent pour quitter la scène.
Lorsque nous rejoignons à notre tour notre « camp » de base, nous avons déjà oublié tous les efforts qu’il nous a fallu pour creuser notre premier trou. Nous commençons donc le deuxième avec une sorte d’innocence! … Rapidement la mémoire nous revient… Nous avons vraiment choisi le mauvais endroit pour creuser je crois!!! 10 minutes… 20 minutes… 40 minutes… 1 heure… Pendant que nous nous passons la tige de métal… les gens autour de nous creusent DES trous avec une sorte de drill. Bizzzzttt et 15 secondes plus tard on voit les gens installer leur ligne à pêche! Je crois que nous avons donné un bon spectacle… Nous sommes effectivement dans les rares à travailler à la main!  Moi qui étais un peu inquiète de rester sur la glace toute la journée, je suis plus que rassurée avec les 4 pieds de trous que nous sommes en train de creuser! Deux trous, voilà ce que nous avons finalement creusé… pendant que tout le monde attrapait des poissons autour de nous… Maintenant, je peux dire avec beaucoup de conviction que la pêche est un sport!

De l’eau dans nos deux trous, les cannes à pêche installées, de la peau de poulet appâtée… Quelques minutes… quelques dizaines de minutes… Je commence à être sceptique… Je prends notre fameuse tige de métal et j’explore la paroi de glace de notre trou jusqu’au fond… Glace, glace, glace, glace, glace, sable!!!!! Heu… Voyons??? Il est où l’espace pour le poisson??? Bordel, je crois qu’on a creusé notre trou… nos deux trous… sur un haut fond!!!! Ceci expliquerait donc cela… Malgré les deux heures d’efforts partagés avec Sandra et Martyn, je décide de déserter notre « spot »! Bobby et Angela sont installés un peu plus loin et Bobby… « n’aime » pas le poisson (entendre qu’il ne veut pas pêcher car il a peur de toucher à la bête) donc il m’offre d’utiliser son espace. Vous vous rappelez peut-être de Bobby, l’ami qui avait dit à mon body marche qu’il n’avait pas besoin de courir vite s’il rencontrait un ours étant donné que l’ours m’attraperait en premier! J’accepte donc son offre et je m’assure de bien taquiner Bobby en même temps que le poisson!

Whoua! Hahaha! Whoua! Ça mord!!!!! Hihihi! Whoua! (Ajoutez à l’image sonore quelques pas de danse et le tableau sera presque complet!) Il est trop gros ce poisson! Ok Ok OK Qu’est-ce que je dois faire maintenant????? Ha oui! Retirer l’hameçon. Mais qu’est-ce qu’elle est grande la gueule de cette truite!!!! Hey, je n’ai même pas perdu la peau de poulet! Hein? Je crois que mon poisson a des dents!!!! Bon! Angela vient superviser mon déshameçonnage. Ha! C’est donc bien gluant… et glissant. Surtout, ne pas laisser ma truite retourner dans le trou! Voilà! Premier gigantesque poisson attrapé! Je ris, je ris, je ris… et là quelqu’un me dit qu’il faut la tuer maintenant ma belle grosse prise! Hein? Comment? Quoi? Un coup de bâton sur la tête? Ok Ok Ok Je peux le faire… Mais mon poisson me regarde droit dans les yeux… Je commence à balbutier des excuses… Une Inuk installée pas très loin me rassure en me disant que les poissons n’ont pas d’âme. Elle me convainc donc et j’assène un coup sur le crâne de l’énorme bestiole. J’entends une sorte de bruit de bois qui cogne contre le… bois. Toq! Bordel… Elle me regarde encore,  elle est bien vivante et elle se tortille! On me confirme qu’il faut frapper plus fort… Ok Ok Ok… je prends mon courage (et mon bâton) à deux mains, je ferme les yeux et je frappe avec plus de conviction… mais pas assez… Je cogne encore tout en m’excusant. Les yeux toujours fermés, j’entends les gens rire autour de moi… Bien décidée à faire cesser la souffrance de ma truite, je me lance dans une série de coups et je perds un peu le contact avec la réalité. Je veux être certaine de bien la tuer! Après quelques coups, Martyn me confirme que le travail est terminé! Ouf! Que je me sens mal… mais qu’est-ce que je ne sens fier de moi!!!! Et le repas du soir qui est attrapé! Wow, Ordralphabétix peut aller se rhabiller! Ça ce sera du poisson frais! Et là, les têtes se lèvent, les félicitations commencent, les exclamations se font entendre! 20 pouces de truite je crois que c’est gros!!!!
Puis la journée se continue doucement. Angela attrape trois poissons, Sandra un, Martyn zéro… Et moi… juste à 5 minutes du départ… Un autre mastodonte s’accroche à ma ligne! 19 pouces et demi!!! Et cette fois, la mise à mort se fait beaucoup plus rapidement.

Tranquillement, je vois les gens qui se préparent à partir. On remplit les hamutik, on emballe les poissons, on remet les vêtements chauds, les lunettes de ski. Nous sommes tous prêts, moins inquiets de suivre Lucassie car nous connaissons maintenant le chemin, mais tout de même soucieux de le garder à portée de vue. La route du retour est toujours aussi magnifique. La journée nous a tous remplis de fatigue, mais nous sommes heureux! La neige a fondu un peu partout. On peut commencer à apercevoir le lichen et la roche. Quelques flaques d’eau se sont formées à la surface de l’épaisse glace qui commence à fondre. Après mon deux heures de creusage, je ne m’inquiète plus pour la solidité de la glace!

Le retour est plus silencieux. Sandra et moi avons terminé de refaire le monde. Tout est maintenant parfait à nos yeux (et nous sommes un peu fatiguées!!!) ! J’aimerais que le retour s’étire. J’aimerais profiter davantage de la grandeur de ce paysage. Même si mon corps se meurtrit un peu plus à chaque mètre que nous parcourons, je voudrais figer le temps sur cet instant. Vrrrmmmm….. Vrrrmmmmm…. Vrrrmmmm….  Nous nous rapprochons des abords du Richmond Gulf. Juste au moment où je me remplis les yeux et l’âme de cet endroit que je vois rarement, notre ski-doo ralentit. Martyn est vraiment un excellent conducteur! Il a senti mon désir de m’accrocher à ce paysage! De ralenti, nous passons à complètement arrêtés… Martyn débarque du ski-doo et se met à faire des signes et à appeler Lucassie… Sandra et moi on se regarde, on débarque rapidement de notre boîte et on fait les mêmes signes que Martyn! Sans plus de mots, nous comprenons que nous n’avons plus de gaz… et nous voyons Lucassie partir au loin… Rires timides… C’est drôle, mais nous sommes tout de même arrêtés au milieu de nulle part! La glace semble solide sous nos pieds, nous avons du poisson cru à manger, il fait encore jour et surtout pas trop froid! On ne s’inquiète pas trop, car on se dit que Lucassie se rendra bien compte de notre absence à un moment ou à un autre.

En attendant son retour, nous préparons des balles de neige, car nous avons la ferme intention de bombarder notre guide pour avoir oublié de remplir le réservoir à essence. Après 5 minutes, nous avons un bon nombre de boules prêtes!!! Devant nous, Lucassie file toujours vers le village. Derrière nous, nous apercevons un ski-doo qui s’en vient… Les gens nous rejoignent rapidement et ils arrêtent. Après nos explications, nous leur demandons d’avertir Lucassie de venir nous retrouver. Pas  de problèmes! Ils repartent et nous sommes confiants. Quelques minutes plus tard, un deuxième ski-doo s’arrête (mais ce n’est toujours pas Lucassie). C’est Mike. Il nous offre du gaz, mais nous refusons… Lucassie vient de faire demi-tour au loin et il nous donnera l’essence qu’il nous faut. Ok! Mike repart. Un troisième ski-doo arrive… Même blabla… Lucassie est presque là pour nous secourir! Les deux ski-doos se croisent presque devant nous. Lorsqu’il est à notre portée, nous bombardons gentiment (pas trop, car on ne veut pas qu’il reparte sans nous donner du gaz) Lucassie pour lui souhaiter la bienvenue! Il s’immobilise à nos côtés, nous lui expliquons la situation et il débarque de son super bolide. Il se dirige vers son hamutik pour aller chercher le bidon d’essence. Mais? Mais pourquoi vient-il voir dans notre hamutik? Il veut nous voler des boules de neige peut-être? Hein? Il prend nos sacs et nos poissons? Un coup d’œil dans le hamutik de nos partenaires de voyage et nous comprenons une fois de plus ce qui se dessine… Il n’y a pas de bidon rouge!!!! Lucassie le SPR (Super Power Ranger) est parti sans réserve de gaz! Et c’est là qu’on commence à se trouver unpeupasmal con d’avoir refusé de l’essence quelques minutes plus tôt… Sacrés allunat! Lucassie se prépare donc à abandonner notre véhicule, trop orgueilleux pour arrêter les trois ski-doos qui nous dépassent. Sandra et moi, pas du tout orgueilleuses et trouvant l’abandon un peu trop plate, nous nous installons sur la piste avec la ferme intention de stopper la prochaine personne qui passe. Finalement, quelqu’un s’arrête un bidon rouge accroché au hamutik. Quelques échanges (que nous ne comprenons pas cette fois) plus tard, Lucassie « remplit » notre réservoir… (Bien qu’en Inuttitut, je crois que la conversation était du genre… nous n’avons pas vraiment de gaz, notre bidon est vide, ça ne sert à rien de regarder…) Finalement… Il restait bien quelques ml d’essence!!!

Et nous voilà repartis, laissant tous nos effets dans le hamutik de Lucassie… question d’être plus légers… question de peut-être nous rendre jusqu’au village avec nos quelques goutes de gaz! Non sans demander à notre SPR de jeter un coup d’œil dans ses rétroviseurs afin de s’assurer que nous sommes toujours là, Sandra, Martyn et moi reprenons la route. Mentalement je me fixe comme premier objectif l’atteinte de la terre ferme… De là, je sais qu’au bout de quelques heures de marche (peut-être trois), nous pourrons atteindre le village! Moi qui voulais étirer cette journée…

Juste avant de quitter la surface du lac, je prends une photo avec mes yeux question d’imprimer cette image dans ma tête. J’espère silencieusement revenir explorer ces lieux en canot dès que la glace sera fondue (et que j’aurai un canot… détail!!!). Nous nous rapprochons inévitablement de notre but. Le sol enneigé et inégal de la terre se fait sentir sous notre boîte. Nous perdons tranquillement SPR de vue… mais nous le retrouvons finalement en haut de la première côte. Quelques équipes de pêcheurs sont également en pause… ceux-là mêmes de qui nous avons refusé l’aide quelques dizaines de minutes plus tôt. Les Inuit sont toujours très souriants… mais là… il y a un petit quelque chose de différent… je dirais peut-être que leurs sourires sont… comment dire… moqueurs! Je les entends presque se dire : tien tien… voilà enfin ces sacrés allunat! Un des ski-doos ne fonctionne plus… Impossible de le réparer sur le champ, les passagers se séparent et embarquent dans différents hamutik. Tout le monde est prêt, tout le monde repart. Nous restons à l’arrière, car nous sommes les plus lents… question d’économiser notre liquide de survie. Martyn démarre le ski-doo. Sous le bruit du moteur, Sandra et moi décidons de ne pas embarquer immédiatement dans le hamutik pour donner une chance à notre engin de rejoindre la piste plus facilement… Notre conducteur avance tranquillement et nous poussons même la boîte pour aider (on se croirait aux Olympiques en pleine course de Bobsleigh) notre cause. Une fois sur la piste… Martyn enfonce l’accélérateur… Hey… Il ne sait pas que nous ne sommes pas embarquées!!!!!!! HEY!!!!! HEY!!!!! HEY!!!!! Puis nous courrons derrière le ski-doo qui s’éloigne définitivement!!!!
Encore à portée de vue, Martyn s’arrête et réalise notre absence. Difficile de courir en se tordant de rire et en enfonçant systématiquement dans la neige, mais nous le rejoignons enfin. OK… Nous sommes tous très fatigués. Martyn encore plus que nous. Un autre de ces curatifs fous rires qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. J’adore ces moments privilégiés où la complicité du silence réunit les gens dans le simple plaisir de rire.
Martyn, Sandra et moi raconterons sûrement cette journée plusieurs fois dans les prochaines années et nous nous retrouverons au détour de ces pensées. Merci la vie que je vous dis, car ce sont ces moments simples et inattendus qui la rendent si appréciable!

Cette incroyable journée remplie de rebondissements s’est finalement terminée par un excellent souper (Je vous laisse deviner ce que nous avons mangé!!!!). À 21h00, Martyn dormait sur le fauteuil et je retournais chez moi pour rejoindre mon lit.

… au Sud!

Et de mon passage au sud… Parce qu’il s’est agi d’un rapide passage (8 jours si on ne compte pas les jours de déplacement)… Dentiste, vaccins, optométriste, préparation pour l’Inde, Québec, cargo, rencontre avec la mère biologique d’un élève… et micro! Trop de trop pour moi, mais tout de même le plaisir d’avoir vu quelques-uns d’entre vous. Je ferai mieux la prochaine fois… c'est-à-dire en décembre!!!! En effet… mon été montréalais sera des plus court cette année… 3 jours en juin et 2 jours en août…

Un dernier clin d’œil nordique avant de vous dire à la prochaine…

Lundi 25 avril jour du départ pour le retour! 6h45, j’embarque dans le taxi pour l’aéroport. Fatiguée de cette semaine remplie, je regarde la route défiler sous mes yeux et je tombe presque endormie. C’est fou ce qu’on s’habitue vite à certaines choses. Il n’y a pas si longtemps, l’aéroport représentait un lieu mystique pour moi. Depuis le mois d’août, j’ai pris l’avion 7 fois!!!! L’aéroport prend maintenant une allure de gare d’autobus! Mais j’adore ces lieux de transition, suspendus dans le temps et l’espace. L’attente vers l’ailleurs, le départ pour certains et le retour pour d’autres (j’avoue que perso, je commence à être un peu perdu face à cet aspect… est-ce que je retourne chez moi ou est-ce que je pars pour le nord??? Mais j’avoue que ça aussi j’aime ça!!!! Est-ce que je vous l’ai déjà dit que je croyais être une nomade sédentaire???).

Toujours est-il qu’après les formalités d’usages (enregistrement des bagages et café), je retrouve une partie de ma bande de joyeux lurons nordiques à la porte de départ devenue habituelle. 8h00, l’avion est à l’heure!!! Wow! Nous embarquons ET nous décollons!!! Assise derrière Josée et Marie-Lisa, je leur dis à la blague que j’aimerais bien « overshooter » (en français : ne pas atterrir à Umiujaq et continuer la route vers le Nord pour finalement dormir dans un hôtel et revenir le lendemain!). Josée me regarde avec de gros yeux et Marie-Lisa (du haut de ses 6 ans) fait la même chose!


Eh bien… nous sommes partis de Mtl lundi à 8h00 du matin et nous sommes arrivés à Umiujaq… mardi à 13h00!!!! Une fois de plus… mon vœu a été exhaussé!!! Le plus drôle c’est que j’ai bien aimé l’expérience. Attente dans différents aéroports, vol vers le Nord, vol vers le Sud (nous avons failli revenir dormir à Mtl!!!) et dodo à Kuujjarapiq! Une longue journée à juste jaser, à faire des blagues avec l’hôtesse de l’air, à rêver tout haut avec Alain et José, à regarder des photos avec J et H, à prendre quelques bières secrètement dans ma chambre avec Anne-Nathalie et Denis, à boire un petit café avec un recenseur sympathique… Bref… je me suis reposée à souhait, car je n’avais rien d’autre à faire que de tuer le temps pour le regarder mourir lentement!

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