dimanche 21 août 2011

Fin Novembre 2010 What the phoque?


Un dimanche espéré avec impatience parce que le dimanche c’est ma journée préférée de la semaine… Je vous ai déjà suffisamment parlé de ne rien faire avec un café, mais ce rien faire à inévitablement une fin… Il vient un moment où j’ai plus qu’envie de bouger et c’est là que je mets mes combines, mes manteaux, mes bottes et mes chapeaux.

C’est le nord aujourd’hui qui m’a attirée, en cet après-midi ensoleillé. Mon objectif : me rendre à la plage en longeant la Baie… Plan simple en temps normal, mais un peu hasardeux pour une personne comme moi… surtout qu’il y a un couvert de neige et une mince couche de glace sur les roches qui longent la Baie…

(Une personne comme moi… mais qu’est-ce que c’est??? D’accord, un petit exemple… Il y a 3 semaines, mon body marche et moi décidons de rejoindre les montagnes rondes et enneigées que l’on aperçoit au loin à l’ouest. Départ vers midi sous un ciel incertain avec comme plan de match de longer la rivière en restant sur la crête des « montagnes ». Vue magnifique de la rivière et du village. Pas mal de vent et un peu de soleil. Nous marchons, nous marchons, nous marchons… Après deux heures… les montagnes rondes et enneigées sont encore loin devant nous… Conciliabule… De la où nous sommes, le niveau de la rivière à l’air bien bas et nous décidons courageusement de descendre la rejoindre pour éventuellement la traverser pour rebrousser chemin et revenir au village (Le chemin est nettement plus court et plus facile de l’autre côté de la rivière et il y a aussi le canadien tire que je veux prendre en photo).  La descente est plutôt abrupte, mais vraiment chouette, car on peut se laisser glisser sur nos fesses en faisant bien attention de ne pas se crever un œil sur une de ces branches d’arbustes robustes qui recouvrent la pente. Le bord de la rivière arrive donc très rapidement… et le son qui l’accompagne aussi… Finalement, le débit est assez impressionnant… et le niveau un peu plus haut que ce que l’on croyait…

Heureusement, il y a de grosses roches qui traversent d’un bord à l’autre! Mark, super prof de gym et gars full plein air (qui a oublié les pôles de la tente vous vous souvenez) propose une route pour traverser et moi… un peu orgueilleuse, j’appuie l’idée tout en me disant à moi même que le 12 pouces de différence entre cet athlète et moi me donneront peut-être un peu de fil à retordre afin de rejoindre chacun des monticules de roches…

Il part et je le suis…. De loin… J’adore le bruit de la rivière qui court tout autour de moi et je ris en regardant le chemin à emprunter… Quand il faut y aller… il faut y aller! Vous connaissez l’expression « ne pas avoir peur de se mouiller »? C’est un peu à ça que je pense en soulevant ma jambe droite vers la roche la plus proche qui est peut-être à un km de moi… Un pas, deux pas et là, je ne sais plus trop ce qui se passe exactement… mais il me semble que je vois la rivière de beaucoup beaucoup trop près… Et il me semble aussi qu’en plus de mes pieds qui sont totalement mouillés, je sens l’eau qui passe sur mes genoux, sur mes cuisses et sur mes avant-bras (heureusement, j’avais eu la bonne idée d’enlever mes gants)… Il y a une roche accotée sur mon genou gauche, une grosse roche pointue et glissante… Je regarde la berge opposée, je me relève, l’orgueil est sauvé, car Mark ne m’a pas vu tomber. Une préoccupation de moins maintenant… je n’ai plus à essayer de marcher sur les roches pour ne pas me mouiller… Je continue donc mon chemin, non sans peine… Soucieuse de préserver mon genou gauche qui est « un peu meurtri », je mets tous mes espoirs sur ma jambe droite… Et là, pour faire une histoire plus courte de cette parenthèse qui s’étire, je tombe encore une fois, mais là c’est le tibia droit qui prend le coup… Une ecchymose de plus et un peu de sang… Mais l’honneur toujours sauvé, car Mark, de l’autre côté, est occupé à défaire les turn up de ses pantalons. Au moment où je mets le pied sur la terre ferme, il relève la tête et me sourit en me félicitant pour cette traversée!
L’innocence même se peint sur mon visage et je le félicite à mon tour et je m’active rapide pour poursuivre la route.

Je pars donc devant lui d'un pas décidé, car il fait tout de même environ 4 degrés dehors… L’adrénaline me fait grimper la colline à une vitesse grand V. Mark marchant derrière moi m’interpelle après quelques secondes : « Vikie… es-tu tombé dans la rivière? ». Le contraste entre la petite partie sèche de mes pantalons et la partie mouillée est beaucoup trop apparent pour que je camoufle la vérité… Je réponds un timide oui, je crois qu’il rit et je poursuis mon ascension en me disant que le sommet de la pente me rapprochera du soleil qui a décidé de sortir juste au bon moment pour me réchauffer. )

Une personne comme moi… c’est donc une personne passablement maladroite, mais de plus en plus adroite pour tomber sans se faire remarquer… Sur ces grosses roches plates, c’est un peu difficile de se camoufler, surtout qu’avant même de commencer, Mark me demande expressément de ne pas tomber sur une roche pointue…

Un peu après midi… La température est bonne, le soleil se pointe déjà dans la Baie. La lumière de fin de journée arrive rapidement à ce temps de l’année. Par paresse, je n’ai pas amené mon appareil photo et je le regrette après seulement quelques minutes de marche. Les reflets sur les roches, les plaques de glace, les congères de neige et les moutons sur l’eau… Avec la lumière qui descend et qui teinte le tout d’une chaleur enveloppante…
Mais en même temps, je suis assez occupée à gérer mon équilibre, mes chevilles et mes genoux… Ne pas tomber, ne pas tomber, nepastomber, nepastomber… Au loin, mais pas trop, je vois la plage avec son sable doré contrastant avec les traces blanches de la neige. Les roches grises sur lesquelles je marche prennent quant à elles l’aspect d’une immense patinoire… inclinée, se dirigeant inévitablement vers l’eau froide de la Baie… (Je crois que mon prochain investissement nordique sera une paire de crampons à mettre sous mes bottes!)

Quelle randonnée technique! Marcher lentement, poser les pieds bien à plat sur la roche, baisser mon point de gravité… Ouf! J’y suis arrivée! Voilà enfin la douceur du sable sous mes bottes. La plage est longue et je suis heureuse d’y être arrivée en un seul morceau et sans bleus! En mettant le pied sur la terre ferme, je peux maintenant lever mon regard et apprécier davantage le paysage. Je commence alors à chercher la piste des Hondas, en me disant que ce sera sans doute plus rapide de la suivre pour le retour et surtout moins dangereux pour moi!

J’apprécie le paysage en maugréant intérieurement après moi de ne pas avoir apporté ma caméra… Je m’assure donc de bien graver ces images dans mes pensées et je porte une attention particulière à tout ce qui m’entoure. En avant plan, à la pointe de mes pieds,  il y a la Baie et la plage qui se séparent en une courbe régulière vers le point supérieur gauche de mon image. Un peu sur la droite, je peux suivre du regard la piste des Hondas qui longe la même courbe. Derrière ces deux lignes, il y en a une troisième constituée d’herbes longues et jaunes. Finalement, en dernier plan, il y a la ligne d’horizon formée par les montagnes et le ciel ennuagé.

Mes yeux se baladent de gauche à droite, de haut en bas. Mon regard accroche la bande de sable doré et remonte jusqu’en haut de ce cadre imaginaire. Et c’est là que mon regard s’arrête. Au loin, il y a quelque chose… qui bouge… Une tache noire, grosse, mais pas trop…
Remplis de curiosité, Mark et moi marchons droit vers ce point intriguant… Nous émettons quelques hypothèses en cours de route et accélérons le pas de peur de rater la scène et l’animal. Même après presque 4 mois dans cette contrée sauvage, je n’ai encore vu aucun animal sauvage (mis à part un lièvre et un petit renard). Un ours, un caribou??

À proximité de la chose, nous ralentissons un peu le rythme et commençons à voir la forme d’oiseaux se découper sur quelque chose qui ressemble à une grosse roche… ou peut-être un phoque… mais non, une grosse roche. Ouf, ce n’est pas un ours! Mais je suis déçue que ce ne soit que de gros (immenses) oiseaux noirs. Nous avançons encore un peu et nos deux grosses bestioles s’envolent pour nous laisser le champ libre. Nous nous rapprochons alors de la grosse roche grise, sur laquelle il doit sans doute y avoir des poissons de dégustation. Le danger écarté, j’accélère le pas parce que je suis tout de même curieuse et que j’espère tomber sur quelque chose d’excitant!

Et… c’est bien ce qui m’arrive lorsque je rejoins LA CHOSE… Cette grosse roche grise, qui devient tachetée lorsque je me rapproche et qui commence à avoir une forme un peu allongée se transforme alors tranquillement sous mes yeux (qui s’agrandissent sûrement à mesure qu’ils comprennent se qui se dessine devant eux!).

Ça me prend tout de même quelques secondes avant de tout mettre en place dans ma tête. De grosse roche grise je repasse à gros phoque gris et je deviens vraiment excitée de me retrouver devant mon premier phoque! Mes yeux longent la forme allongée sur le sable et quelques secondes me suffisent pour revenir à la réalité… La bête ne bouge pas… Des oiseaux trônaient sur son ventre quelques minutes avant mon arrivée… Mon regard se ralentit, je touche son corps avec mon pied, il est encore mou. Je me mets à chercher la tête du pauvre animal mort… Je repère le petit museau cousiné brun, les moustaches… mais bordel! Il n’y a plus de tête… seulement un crâne accroché au bout du nez de cette petite bête!

Merde! Ma première vraie rencontre avec la vie sauvage d’Umiujaq et il s’agit d’un phoque mort sur la plage dévoré à moitié par de gros oiseaux noirs! La sensation est tout de même étrange… Je me demande comment le phoque est mort… Il est assez loin de la Baie, juste à côté des traces de Hondas… Peut-être a-t-il été frappé par un véhicule… Je ne crois pas qu’il était mort en arrivant sur la plage, rejeté par la Baie, car son corps était encore mou… Mark et moi nous perdons en suppositions et celles-ci alimentent notre chemin du retour (qui est beaucoup plus rapide et sécuritaire par la route des Hondas effectivement).
Cette histoire en a amené une autre évidemment… De retour au village, Mark raconte notre découverte à Bobby (un autre enseignant). Et là, ils se mettent à parler des différents animaux que nous aurions pu rencontrer… j’imagine. Bobby… que je croyais mon ami… donne alors un bon conseil à Mark… Surtout, faites attention aux ours quand vous partez marcher loin du village. Puis il a ajouté… « mais en fait Mark, l’important pour toi ce n’est pas de courir vite… l’important c’est seulement de courir plus vite que Vikie… » Cher Bobby que je croyais mon ami!!!! La vérité c’est que j’aurais aimé que cette réplique soit de moi…
J’ai ri et je me suis alors demandé qui je pourrais amener pour la prochaine marche…

Tu vois Françoise… Il y a bien des occasions de me casser la margoulette ici!!! Même si tout semble plat… Et il ne faut pas oublier qu’il y a la saison de la crazy carpet qui commence ;o) Alexandra… je suis revenue en un seul morceau… mais j’ai très bien imagé l’expression « se planter »… Tête première dans la neige… Tête et épaules… Je ne me suis jamais enfoncé comme ça!!!!  Je crois que seulement mes pieds étaient visibles après ma cascade!!! Donc, un seul morceau… mais plié en deux et le visage un peu grafigné… Je crois que je vais amener un casque en Gaspésie et aussi des lunettes de ski!!!

Moins de trois semaines avant Le Cheval Blanc et la Barberie et vous mes amis et ma famille aussi!!!

20 décembre vers 22h00 petite bière au Cheval Blanc…
22 décembre vers je ne sais trop quelle heure… petite bière à La Barberie…

Sans formalités voilà une invitation pour vous tous!

Taima et Nakurmik!





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire